16.05.2008

De la Saint-Barthélémy à l’exil forcé ou le courage en politique.

Après la présidentielle, l’actuel secrétaire général de l’UMP, Patrick Devedjian, frustré de n’avoir point obtenu de strapontin dans le  gouvernement, avait lâché cette petite phrase « ce serait bien que l’ouverture aille jusqu’aux sarkozystes ». Ce qui lui avait permis d’obtenir pour lot de consolation le conseil général des Hauts de Seine, et la présidence de l’UMP. Pas sûr que ça dure encore bien longtemps pour le second cadeau, mais ça n'est pas le sujet.

Pour ma part, je suis classé dans la Chiraquie, après avoir été permanente à l’UMP sous Juppé, puis sous Sarko, mais dans un service alors taxé d’anti-sarkozysme, le patron d’alors de l’UMP aimant bien se targuer d’être victime d’un clanisme qu’il a pourtant lui-même pratiqué à l’extrême.

Collaboratrice d’élus au sein d’une collectivité locale, j’ai, après les élections, testé le marché de l’emploi, privé comme politique, tant il est nécessaire de prendre de temps en temps la température. Un cabinet, qui travaille avec mon ex-employeur (l’UMP), a trouvé mon parcours très intéressant. Justement, un poste était à pourvoir à l’UMP. Accepterais-je d’y retourner ?

J’ai répondu le plus simplement du monde que moi, oui, étant toujours fidèle aux valeurs inscrites dans la charte de l’union, mais que je doutais tout de même fortement de leur souhait de retravailler avec moi. Le cabinet, à qui j’avais expliqué l’étendue de notre relation et particulièrement de notre rupture, m’a proposé de tenter, car en politique, les lignes bougent, les choses s’oublient parfois.

Certes, mais pas entre la Sarkozie et la Chiraquie. Le président de la République l’a démontré lui-même lors de son discours aux députés, passant plus de temps à critiquer son prédécesseur qu’à expliquer sa politique.

Nouvel épisode de ce pathétique feuilleton. Moi, la petite assistante virée pour avoir tenu bon face à la direction et au cabinet du président de l’UMP alors que l’on réclamait que je trahisse ma supérieure –ce qui, au passage, aurait constitué une faute professionnelle qu’on aurait pu ensuite me reprocher, je suis toujours blacklistée.

En effet, la réponse de la Direction des Ressources Humaines a été claire : je suis une personne formidable, très compétente, très dévouée, mais lorsque ma chef a été virée, « j’ai pris parti ». Sous entendu, contre l’UMP.

Je récuse ce point, n’ayant, dans le cadre de mes fonctions, jamais pris parti, et surtout pas contre l’UMP. J’ai simplement, à l’époque, refusé que le futur président des Jeunes Populaires, qui n’avait pas encore été élu, occupe la fonction avant d’avoir été désigné pour cela par les électeurs. Concrètement, j’ai tout simplement veillé au respect des statuts de notre association.

Ensuite, j’ai continué de militer, auprès de mon ex-chef, ce qui semble constituer un crime contre l’UMP. Pourquoi ? Parce qu’alors, en montant l’opération Halte au blocage, nous avons soutenu le Premier Ministre de l’époque, et que c’était l’ennemi Dominique de Villepin ?

Voilà, l’UMP se prétend ouverte, mais ne l’est pas jusqu’au chiraquiens Hier, comme aujourd’hui, et comme je le crains, demain. L’UMP préfère se perdre dans des guerres intestines, correspondre à l’adage de "la droite la plus bête du monde", et surtout, ne pas privilégier l’ouverture d’esprit, le dialogue, le débat…

Chiraquiens, d’ailleurs, ou prétendus tels, ayant été affublée de cette étiquette sans autre justificatif que parce que l’on me pensait anti-sarkozyste pour avoir refusé par deux fois de trahir ma patronne. Alors que je n’étais que professionnelle, une qualité que cette même direction a très honnêtement louée.

Le plus amusant dans cette histoire, c’est au regard du travail, je suis un peu victime de discrimination sur mes opinions -ce qui au passage est anticonstitutionnel car contraire à la déclaration des Droits de l'Homme, mais bon, l’objet de l’UMP étant d’être politique, je ne vais pas leur faire l’affront de saisir la Halde, ni de parler des Droits de l'Homme, le sujet qui fâche. Et pourtant. Le cabinet qui m’a proposé le poste ne vérifie absolument pas la sensibilité politique des autres candidats. Quelque part… je subis un peu une double peine.

Ceci dit, je tiens à être parfaitement transparente : j’ai candidaté uniquement pour voir où le siège en était avec moi. Tout ceci m’a permis d’avoir la confirmation de ce que les bruits de couloirs de la Boétie m’avaient fait savoir : si mon professionnalisme est loué de tous, je suis grillée à jamais (jamais étant une donnée relative mais de toutes façons forcément longue) pour avoir, dixit des cadres supérieurs du parti, « eu des couilles ».

Merci donc à la direction des ressources humaines de l’UMP d’avoir confirmé mon statut de paria pour raison politique, ainsi que la teneur de l’article de Bakchich qui a évoqué mon cas même si ce fut totalement indépendant de ma volonté, n’en étant pas la source (qui n’a d’ailleurs pas eu la politesse de me prévenir qu’elle racontait mon histoire de manière à ce que je sois identifiable, ce qui m’a valu au passage quelques coups de fil).

Qu'il est bon de nager dans les arcanes du pouvoir et de conserver sa droiture ! Oups, on va me qualifier de juppéiste… Ce qui est d’ailleurs pour moi un honneur, l’homme étant « droit dans ses bottes », intelligent, ouvert d’esprit, et doté de qualités dont je ne pourrais dresser une liste exhaustive.

D’aucuns penseront que ce billet au vitriol est haineux vis-à-vis de l’UMP. Non, il témoigne simplement de la tristesse et des désillusions d’une jeune femme qui s’était engagée après le 21 avril 2002, pleine d’illusions, pensant qu’elle pouvait contribuer à la chose publique, et qui s’est rendu compte avec l’expérience que les partis sont des mammouths incapables du moindre changement.

Ex-permanente depuis décembre 2005, et ayant eu la confirmation que je suis « cramée », comme ils disent, ma parole est désormais totalement libre. Ce qui est formidable, car je peux donc m’exprimer politiquement sur le fond, sans plus craindre de représailles : je ne peux pas être plus blacklistée que je ne le suis déjà. J’use donc de ma liberté, et il serait dommage de confondre la liberté de parole et franchise avec de la haine.

Politiquement, je reste fidèle à l’esprit de la fondation de l’UMP, et à sa charte des valeurs, mais je suis toujours très opposée à ses statuts actuels, modifiés à la demande de Sarkozy et critiqués aujourd’hui de tous, et à son verrouillage, qui constitue à mon sens, un summum d’archaïsme dans lequel se trouve en partie l’explication du rejet de la politique par une large partie de la population.

Ce passage au siège national, comme permanente et militante, et dont je garde un excellent souvenir, m’aura permis de grandir, et de comprendre qu’on peut avoir la meilleure volonté, on ne changera pas le système. Il est construit de telle sorte que les personnes droites renoncent, et à terme, les plus méritants et les meilleurs espoirs de la vie politique ont quitté le système pour 99% d’entre eux.

Ne reste alors que l’écrasante majorité des arrivistes, et de personnes neutres. Tout ce petit monde n’ayant aucun intérêt à ce que la vie politique change, les premiers pour obtenir un poste, les seconds par peur de perdre le leur. Les quelques vaillants, alors, sont chassés comme des sorcières et chez les jeunes, nous avons eu notre Saint-Barthélémy, et sommes désormais en exil, dans de lointaines contrées où le travail prime l’étiquette, loin du tumulte de la Cour.

Je suis bien d’ailleurs, dans cet exil, et ce en dépit des sollicitations à la veille « d’élections chez les jeunes » (comprendre la nomination de leur chef qui sera ratifiée par les jeunes par vote électronique, autant dire peu fiable) pour donner des conseils en tout genre, que je décline. D'ailleurs je ne connais pas, parmi mes compagnons d’infortune, de personne qui souhaite revenir aux affaires. Chacun suit son bonhomme de chemin, un hypothétique retour restant entre nous du domaine de la private joke.

Je ne nourris donc aucune rancœur vis-à-vis de l’UMP, qui ne fait que suivre ce système féodal. Je m’interroge, en revanche, sur le parti et son rôle, ainsi que sur ce qui se passera, si les politiques se coupent définitivement du peuple.

D’autres enfin penseront que je suis haineuse vis-à-vis de Nicolas Sarkozy, et que sur lui je déverse mon fiel. Eh bien non… Je n’ai rien contre lui, j’ai simplement un avis de citoyenne et de militante sur un homme politique et la politique qu’il mène, en toute liberté.

Et je ne vois pas en quoi ne pas être une godillote ou une sarkofan ferait de moi quelqu’un de haineux : de tels éléments de langage ne peuvent qu'être issus du petit guide de la manipulation des masses militantes rédigé par des apparatchiks de la pensée unique, de gauche comme de droite, tous les partis subissant ces dérives.

Sur le fond, je ne partage pas sa vision de la gestion d’un parti, et je ne partage pas certaines de ses idées, que je trouve beaucoup trop à gauche. Pour moi, l’ouverture n’a rien d’un gadget, elle lui permet de céder à ses pulsions anti-libérales. Pour ceux qui me trouvent excessive, je vous invite à lire le projet de loi de modernisation de la vie économique.

Sur la forme, je suis révoltée par son égo démesuré, qui s’est une fois de plus vérifié lorsque devant les députés, il a tancé ses prédécesseurs, Chirac bien sûr, mais également De Gaulle. Non seulement ça n’est pas du niveau d’un président, mais en plus, c’est totalement déplacé, pour un élu à la magistrature suprême qui n’obtient pas de meilleurs résultats auprès de la population.

Enfin, politiquement, et c’est bien là ce qui m’inquiète le plus pour la France : le président actuel a représenté un espoir pour beaucoup, et j’espère qu’il a pris la mesure de sa responsabilité.

19.03.2008

Les militants UMP sont plein d’idées !

Les résultats aux municipales n’auront pas anesthésié tout le monde, et c’est une bonne chose. Maud, militante et cadre UMP, a créé sur Facebook un groupe appelant à réfléchir sur les améliorations à apporter au parti de la droite et du centre.

L’initiative est forte intéressante, car le dialogue s’est engagé, et un premier constat s’impose : non, les militants UMP ne sont pas des godillots sans cervelle et oui, ils sont intéressés par l’avenir de leur parti.

Il est encore trop tôt pour savoir si les propositions émises par les adhérents attireront l’attention de la direction, mais il est très agréable de voir les adhérents s’investir dans le débat, ne pas se chamailler, et faire preuve d’autant de maturité, dans un esprit positif de construction, et loin des querelles de clans.

Et si chacun en prenait de la graine ?

11:36 Publié dans UMP | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : ump

01.10.2007

A droite ou à gauche ?

Samedi et dimanche, se sont tenues les journées parlementaires de l’UMP. Ce qui s’y est dit, vous pouvez le dire dans la presse. Mais quel est vraiment l’état de la majorité ?

Eh bien ça coince. François Fillon, longtemps gaulliste social, passe pour la population pour un vilain libéral réformiste. Bon, ça, c’est la démagogie de gauche appliquée dans les médias. Mais comment la majorité voit elle son gouvernement et son président ?

C’est bien là que le bât blesse. A l’UMP, la fronde grogne. La composition du gouvernement, et notamment l’ouverture aux socialistes, a fortement déplu. Nombreux sont ceux à faire la comparaison avec un casting : ce n’est pas PopStars mais UMPStars…

Mais au fait qui fait le président du jury rappeur qui parle comme « ass » ? Le président évidemment, c’est bien lui qui mène la danse, et nous gratifie de petites phrases parfois assimilables à celles du manager de Joey Starr… sauf qu’avant qu’il mette les pieds en banlieue, on peut attendre…

Résultat UMPStars, c’est un casting, avec des gens qui ressemblent à la France. C ’est le critère car rappelez-vous, on vend un produit (comme d’autres « font un disque »), donc on gère une image. Dehors Juppé, il est certes compétent mais impopulaire, en clair il manque de parts de marchés (moins de 50% sur la ménagère…). C’est comme si vous intégriez dans un boys band un gars chantant hyper bien mais pesant 250 kilos. L’image on vous dit, l’image, et dans tous les types de médias, de la TV à la presse en passant pas Elysée TV sur le web !

Seulement voilà, les plus courtes sont les meilleures, et à l’UMP, beaucoup en ont marre des postures médiatiques. Dans les couloirs, il se murmure que sous son costume d’atlantiste libéral, se cache en réalité un centriste de gauche. Et ne parlez pas du paquet fiscal, c’est justement l’exception qui fait la règle. Car sur le reste… eh bien sur le reste, regardez bien : un étatisme forcené qui tranche complètement avec les thèses libérales.

Mais oui, c’est un hold-up politique. On comprend mieux pourquoi il tenait à trucider Bayrou dans les urnes… Bayrou qui serait finalement plus à droite que Sarko, c’est à y perdre son latin.

 

Reste que comme toujours, nous autres libéraux, on ne sait plus à quel saint se vouer… La France, pays fortement ancré à droite, aura réussi à élire un président de droite sous une étiquette socialiste (Mittérand) puis un président de gauche sous une étiquette de droite (Sarkozy)… le tout en à peine plus de 30 ans.

So Frenchy !

30.05.2007

Eric Woerth : un simple sarkofusible

Le 17 mai dernier, Eric Woerth a connu un grand moment. Il a retrouvé son poste de Ministre de la Fonction publique (et des Comptes) dont il rêvait depuis le début juin 2005, date à laquelle il avait eu le choc de sa vie : ne pas être renouvelé ministre dans le Gouvernement Villepin.

Oui mais voilà, après cet instant de jouissance, les nuages se sont amoncelés. Le chef du Gouvernement n’est plus Raffarin, et n’est même pas Fillon, Premier ministre potiche tout juste présent parce que la Constitution en impose un. Non, le patron, c’est Nicolas Sarkozy.

Et un ministre, selon Sarkozy, c’est un testeur. C’est un politique qui fait des propositions, qui lancent des idées. Et ensuite, en fonction des réactions, le patron réajuste. Quitte à contredire le ministre.

C’est la mésaventure qui est arrivée hie à Eric Woerth. Ministre des Comptes, en charge de tenir les finances, il a annoncé que la déduction des intérêts des emprunts immobiliers serait valable uniquement pour les prêts concernant l’achat d’une résidence principale contractés après le 6 mai.

Hier, au cours de son meeting au Havre, Nicolas Sarkozy a recadré son ministre : tous les emprunts immobiliers en cours seront concernés. Et tant pis pour les états d’âme éventuels d’Eric Woerth, ils n’ont pas leur place : que ce soit bien clair, le ministre n’est qu’un sous-fifre et la star, c’est Sarkozy. Et il doit tirer le maximum de bénéfices de tout ce qui se passe en politique, quitte à griller ses troupes.

Qu’Eric Woerth soit prévenu : c’est le prix à payer pour être ministre… Ceci dit, je ne pleurerai pas sur le sort de cet homme, qui a tourné sa veste à l’instant même où il a appris qu’il n’était pas du gouvernement Villepin.

Quand on manque à ce point de convictions, et que l’on dirige sa vie politique par la seule ambition d’être ministre, on peut bien avaler quelques chapeaux… Faute d’avoir le courage d’être soi, on n'a que le rôle que l’on mérite : simple fusible…

28.05.2007

Opportunisme exacerbé

Patrick Devedjian est insupportable. Après avoir été recalé de la composition du gouvernement, ce fidèle balladuro-sarkozyste a fait son petit caprice, en déclarant  lors du conseil national du 14 mai qu’on pouvait « pousser l’ouverture plus loin, même jusqu’aux sarkozystes ».

Un bon mot, certes, car le maire d’Antony entendait bien avoir un lot de consolation. Non content d’être désigné Secrétaire Général Délégué de l’UMP –un poste qui aurait du échoir à Jean-Pierre Raffarin- il vise maintenant la présidence du Conseil Général des Hauts de Seine… qui aurait du échoir à Isabelle Balkany.

Espérons pour la France que les élus des Hauts de Seine en ait ras le bol de ces jérémiades insupportables, et accordent leur suffrage à un élu de terrain moins capricieux que celui qui ne sait que pleurer dans la salle des Quatre Colonnes.

Déjà qu’il est assez scandaleux que Nicolas Sarkozy fasse durer le suspense pour démissionner du conseil général –eh oui, il est toujours conseiller général, il attend le délai maximal pour démissionner pour parachuter un ami à recaser- alors si la République pouvait garder le peu d’ors qu’il lui reste et ne pas promouvoir un politique politicien de plus (ce que ne sont ni Jean-Jacques Guillet, ni Isabelle Balkany, les deux autres prétendants), ce serait plus acceptable.

Fin du suspense : vendredi prochain.

27.05.2007

Union pour Ma Pomme

L’UMP, après avoir été fondée en 2002 pour donner une large majorité au Président de la République Jacques Chirac, se renie désormais. Après s’être constituée à partir des sensibilités de la droite gaulliste, centriste et libérale, l’UMP n’est plus qu’un amas de cendres destinée à ne surtout pas gêner le nouveau président, Nicolas Sarkozy.

Ce même Nicolas Sarkozy avait pourtant, dans son discours d’investiture comme président de l’UMP, le 28 novembre 2004, avait déclaré aux adhérents de l’UMP :

« Vous, adhérents, je veux que vous soyez maîtres de votre destin. Les grandes décisions politiques du mouvement nous les prendrons ensemble. Pour cela, je ne connais qu'une seule formule : celle du vote démocratique, ouvert à tous.

Une fois le vote acquis celui-ci s’imposera à tous et chacun aura à cœur de respecter la ligne commune.

Il n'y aura pas de conciliabule secret. Il y aura la transparence, la liberté des délibérations, la légitimité des décisions. Notre union sera la grande formation politique populaire, puissante et moderne dont nous avons besoin. Je serai le garant de votre unité et tout autant de votre liberté.

Je veux que chaque adhérent ait un rôle à jouer, que son avis soit sollicité, que par-dessous tout il se sente respecté. »

Aujourd’hui, l’UMP prépare une réforme des statuts qui supprimera l’élection du président du parti au suffrage universel. Le vote ouvert à tous, c’est déjà du passé. Et le nouveau président de la République a menti à sa propre famille politique, mais personne ne bronche chez les godillots.

Palme du foutage de gueule à Luc Chatel, porte-parole du parti, qui prétend que les statuts n’avaient pas prévu que le président de l’UMP puisse être un jour président de la République. Nan, ça fait juste 5 ans qu'il fait campagne, mais Chatel n'avait pas remarqué... Et la marmotte elle met le chocolat dans le papier d'alu ?

Après avoir opéré fin 2004 un hold-up sur ce parti, et l’avoir institué comme socle de sa campagne personnelle pour se faire élire président, le nouveau président de la République est conscient d’avoir utilisé le parti à des fins personnelles, et  ne veut pas être la victime de la même stratégie. Il a donc décidé de tuer le parti pour éviter toute menace.

Menace qu’il a lui même instauré en s’opposant constamment à son prédécesseur, Jacques Chirac, pendant toute la durée du précédent quinquennat. Menace qui a trouvé son apogée lorsque pour éliminer son rival, Dominique de Villepin, alors Premier Ministre, il a retourné la majorité en la poussant à s’opposer au CPE.

Une réforme dont notre pays avait pourtant besoin, mais son intérêt personnel –être élu président et donc éliminer un rival- passait par l’abandon de sa propre famille politique, de ses valeurs et de sa politique. Une trahison de plus dans le parcours du nouveau président, que personne n’avait alors commentée.

Juste un rappel. Dans son discours aux permanents de l’UMP, puis dans ses vœux 2005, il avait promis de faire de l’UMP son laboratoire pour la France qu’il comptait alors diriger un jour. Puisse-t-il ne jamais mener la France comme il a mené l’UMP, cela va sans dire.

14.05.2007

Sarkozy a peur de son ombre

Nicolas Sarkozy est un petit malin. Après avoir dirigé l’opposition dans son propre camp pendant 5 ans, histoire de rafler la présidence de la République, l’ancien président de l’UMP est sur ses gardes… et verrouille toutes les instances de son parti afin que personne n’agisse comme lui l’a fait.

Ainsi, le président de l’UMP ne sera plus élu. "Nicolas Sarkozy va proposer ce lundi une modification des statuts de l'UMP. Il n'est pas utile de conserver l'ancienne structure en élisant un nouveau président qui, un jour, pourrait s'opposer à lui", explique M. Gaudin, vice président de l’UMP élu en 2004 sur le même ticket que Nicolas Sarkozy.

Evidemment cette réforme, qui sera finalement votée par le congrès à l'automne, a un objectif très clair : Nicolas ne veut pas prendre le risque qu’on lui fasse ce qu’il a fait à Chirac… Comprendre : l'ancienne structure ne servait qu'à prendre le parti... et pas question pour un autre d'imaginer faire pareil !

D'où ces changements de statuts, devenus subitement nécessaires. En effet, le mandat de président de l’UMP devait être remis en jeu dès ces jours ci lors d’un congrès, vu que nous sommes à plus de six mois (six mois et quelques jours, comme c’est ballot) du renouvellement officiel des instances, prévus originellement fin novembre 2007.

Vu que Nicolas Sarkozy n’a pas été élu tout seul, mais grâce à l’union de la majorité, cette élection aurait pu aiguiser les appétits. Donc soyons démocratiques : pas d’élection à l’UMP ! C’est décidément plus que jamais l’Union des Moutons de Panurge.

Et nous avons à la tête de l'Etat un président de la République qui ne respecte même pas les statuts de son propre parti, qu’il a lui-même modifié en janvier 2006. Tout est censé être normal. Et après on se demande pourquoi même Cécilia n’aurait pas voté pour son mari ?

25.04.2007

Parti unique à la droite et au centre, ou partis multiples ?

Ce midi, Xavier Bertrand et François Fillon ont démenti la création d’un nouveau parti centriste… ce qui rend caduque une partie de la précédente note.

Dans le même temps, Nicolas Sarkozy a déclaré « ne jamais avoir cru à un parti de la droite et du centre ». Une manière toute personnelle de transformer le Tout sauf Sarkozy en Tout Pour Sarkozy, en donnant un fort signe d’ouverture aux électeurs de gauche « Tout sauf Ségo » et aux électeurs du centre…

Ceci dit, je maintiens mes propos de la précédente note : Nicolas Sarkozy, depuis son élection à la tête de l’UMP, n’a eu cesse de s’acharner à réduire le centre à sa portion congrue, pour les raisons évoquées dans le billet précédent.

Et aujourd’hui, en tant que candidat à l’élection présidentielle, on le voit mal ne s’adresser qu’à son parti : ce qui l’intéresse tout de même prioritairement, c’est d’attirer un maximum d’électeurs. Il est donc logique qu’il multiplie les gestes d’ouverture en leur direction, tout en respectant leur parti d’origine.

La vraie question que pose Nicolas Sarkozy par ces propos, c’est de savoir si l’union doit se faire avant ou après les élections, et donc au sein d’un parti qui proposerait un programme exprimant l’influence de ses composantes, ou pas.

Rappelons qu’en 2002, l’union de la droite et du centre derrière Jacques Chirac avait permis de donner une forte majorité au président de la République, avec 365 députés élus. Les investitures avaient alors été gérées en interne.

En 2007, c’est aussi l’UMP qui a porté Nicolas Sarkozy, en faisant l’union grâce à une candidature unique et soutenu par l’ensemble des ténors du parti.

Sur le fond, et en l’état actuel de l’UMP , je tends à penser que Nicolas Sarkozy a raison : le parti majoritaire, qu’il dirige, a avalé ses sensibilités sans leur donner la parole, et mué en RPR-bis…

De fait, l’UMP ne remplit plus son objectif d’union des sensibilités. Il paraît donc logique que ces sensibilités aient des velléités de réorganisation, comme Debout la République qui a quitté le giron du parti unique.

Toutefois, l’UMP est encore jeune, et arrivera à maturité lorsqu’elle se sera testée dans l’expression de sa pluralité. Le parti n’a pas échoué, bien au contraire : il semble bien remis des échecs électoraux de 2004 et 2005.

Aussi, il est trop tôt, à mon sens, pour trancher cette question. Seule certitude : si un temps les tiraillements internes ont pu faire craindre une explosion du parti, aujourd’hui l’UMP semble à l’abri, et devrait entamer la campagne des législatives toute aussi unie que pour la présidentielle.

Avant la troisième mi-temps, prévu en novembre 2007, lorsqu’il faudra renouveler l’équipe dirigeante du parti majoritaire.

19.04.2007

La démocratie sauce Sarko

En novembre 2004, lorsque Nicolas Sarkozy a pris la tête de l’UMP –dans tous les sens du terme- il avait promis de « faire de l’UMP le laboratoire de ce qu[il] voulait pour la France ». Jolie promesse, les foules se sont enthousiasmées…

Deux ans et demi plus tard, nombreux sont les cadres de l’UMP à avoir déchanté, même si peu le disent. La gestion Sarko s’est résumée à une
purge chez les cadres et permanents du parti, au trucage d’élections internes –notamment chez les Jeunes et dans le 15ème arrondissement de Paris, enfin ce sont les deux bastions qui ne se sont pas écrasés-, au verrouillage, au non-respect des statuts au mépris total du vote des adhérents, à l’absence de conseils nationaux et donc à l'absence de vote du budget, etc… le tout dans la religion des sondages –la drogue de Sarko- et dans une ferveur militante forcée à coup de revolver sur la tempe.

Personne n’en parle ? Non… Enfin si. Un certain Slimane, conseiller national de l’UMP (le parlement de l’UMP) de Seine Saint Denis, l‘ouvre, en prenant la parole chez Jean-Jacques Bourdin, sur RMC. En direct, il rappelle ses promesses, et notamment celle de la méritocratie, jamais mise en place à l’UMP... qui selon lui (et je confirme) fonctionne selon une
logique de cooptation clanique.

Vous noterez, en regardant la vidéo, que Petit Sarko se contente de faire passer
cet homme élu par les militants du parti –comme lui- pour un pauvre frustré sur une investiture -ce que Slimane n’évoque pas- et dévie sur la discrimination positive (il aurait fallu que ce soit un Robert qui appelle…), sans bien évidemment répondre sur la méritocratie.

Ou plutôt si, puisqu’il vante la promotion de sa chère Rachida, trouvée dans son cabinet à l’intérieur, et non parmi les nouveaux talents du parti… autrement dit :
pas de méritocratie mais bel et bien la cooptation clanique décrite par son interlocuteur !

Slimane, tu t’es fait avoir par Sarko.

Chers lecteurs, n'oubliez pas sa promesse :
« Je ferai de l’UMP le laboratoire de ce que je veux pour la France ». Le 22 avril, c’est vous qui décidez…