19.03.2008

Les militants UMP sont plein d’idées !

Les résultats aux municipales n’auront pas anesthésié tout le monde, et c’est une bonne chose. Maud, militante et cadre UMP, a créé sur Facebook un groupe appelant à réfléchir sur les améliorations à apporter au parti de la droite et du centre.

L’initiative est forte intéressante, car le dialogue s’est engagé, et un premier constat s’impose : non, les militants UMP ne sont pas des godillots sans cervelle et oui, ils sont intéressés par l’avenir de leur parti.

Il est encore trop tôt pour savoir si les propositions émises par les adhérents attireront l’attention de la direction, mais il est très agréable de voir les adhérents s’investir dans le débat, ne pas se chamailler, et faire preuve d’autant de maturité, dans un esprit positif de construction, et loin des querelles de clans.

Et si chacun en prenait de la graine ?

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12.02.2008

Neuilly : l'UMP jette de l’huile sur le feu

On nous l’avait dit, la crise de Neuilly se résoudrait lors de la commission d’investiture de l’UMP… Las ! L’instance vient de perdre tout son crédit en désignant M. Fromentin comme tête de la liste de soit disant rassemblement qui se présentera à Neuilly.

C’est une très mauvaise idée, et pour plusieurs raisons. Ce choix démontre que :

  • seuls les sondages sont l’opium de l’UMP
  • la méritocratie, c'est-à-dire la récompense du travail bien fait, n’existe que dans la théorie sarkozyste mais surtout pas dans la pratique
  • tuer son rival est bien plus important que proposer un projet

Arnaud Teullé, né à Neuilly, engagé depuis 20 ans sur le terrain, maire adjoint depuis 13 ans,  aura ainsi été assez bon pour qu’on lui confie le soin de reconstituer les troupes à Neuilly et de chauffer la place pour d’autres, mais pas assez pour qu’on lui accorde la tête de liste.

Arnaud Teullé qui, rappelons le, a toujours été un bon petit soldat, discret, fidèle à Nicolas Sarkozy dans les bons comme dans les mauvais moments, se voit aujourd’hui bien mal remercié de son réel engagement.

Quant à Arnaud, qui n’a plus rien à perdre, il ose et se rebelle, en montant sa propre liste. Franchement, on ferait tous pareil à sa place, non ?

L’UMP, à sacrifier ses militants et cadres engagés sur l’autel de la gauche d’abord, puis du centre, puis des dissidents, vient de perdre encore un peu plus en crédibilité en investissant n’importe qui. Finalement, ne vaut-il pas mieux ne pas avoir été investi par le parti pour l’emporter ?

11.02.2008

Un Martinon pour le lunch

Panique en Sarkozie : le fief de Neuilly pourrait être en ballotage à droite. La faute à qui ? La faute à David, parachuté par l’Elysée en tête de liste en octobre dernier, au nez et à la barbe d’Arnaud Teullé.

Accueilli dès le départ aux cris de Martinon, non, non, le pauvre David n’a jamais réussi à se faire un nom. Mal engoncé dans ses costumes cintrés Prada, il n’a pas su serrer les mains et se faire apprécier des bourgeois Neuilléens.

Car si ceux-ci votent à droite, il ne faut pas les prendre pour des veaux qui n’auraient pas leur mot à dire. Et ils veulent un local, un homme du cru, quelqu’un né au village. Pour eux, le candidat légitime, c’était le "petit" Arnaud Teullé.

Malgré le renfort de Jean Sarkozy, fils de, venu prêter main forte à la liste, rien n’aura fait remonter la côte du roi David. Alors il aura été crucifié par un simple mail adressé aux militants, annonçant la création d’une autre liste… avec ses colistiers, mais sans lui.

Désormais roi sans couronne, Martinon a perdu l’estime de la cour élyséenne. Exit, le voyage en Guyane. Restera-t-il porte parole de l’Elysée après l’affront ?

Quoi qu’il advienne, il a perdu cette bataille, et le clan des anti-Cécilia entend bien gagner la guerre qui sévit dans les coulisses du Château. Depuis le 6 mai, pro et anti Cécilia s’affrontent. Si dans un premier temps les pros ont gagné, en évinçant Frédéric Lefebvre, Laurent Solly , Pierre Charron et consorts, les anti tiennent leur revanche, en obtenant la tête de Martinon.

Et la France dans tout ça ?

08.01.2008

Conférence de presse bling bling et surtout toc toc...

Sarko nous l’avait promis, avec lui ça allait changer. Plus de mensonge, plus de langue de bois, il allait assumer. Ah bon ?

Alors pourquoi nier avoir dit que Fillon était un simple collaborateur lors de sa conférence de presse aujourd’hui ? Pourquoi être allé jusqu’à défier les journalistes d’en retrouver toute trace orale ou écrite ?

Comme le redit Libé dans son édition on line, il l’a bien dit. C’était –pour la mémoire défaillante ( ?) du président- dans le cadre d’un entretien accordé fin août au quotidien régional Sud Ouest.

Dans cet article, intitulé « Je suis payé pour décider », il déclarait : «Le Premier ministre est un collaborateur. Le patron, c’est moi». Aucune inteprétation ou remise en question possible.

 

Alors, le président aurait-il du mal à assumer ?

Les mauvaises langues ou ardents défenseurs de Sarko me demanderont pourquoi y consacrer un article. Parce que justement, Sarko avait promis un changement de style, et s’est fait élire sur son image, à grand coups de grandes déclarations sur ce thème.

Force est de constater que ça n’est absolument pas le cas… Ca n'est plus une présidence bling-bling, c'est tout juste du toc.

25.10.2007

Spleen en Sarkozie

Cinq mois après l’élection de Sarko à la Présidence de la République, certains déchantent, comme je l’ai déjà rapporté ici. La nouveauté, c’est que la presse n’hésite plus à s’en faire l’écho. Que ce soit Libération ou Le Monde, tout le monde ne parle que de ça : la majorité parlementaire grince des dents.

Au menu des discordes, la loi sur l’immigration –que 40 députés UMP n’ont pas votée- ou encore l’examen du projet de loi sur le Nouveau Centre-ajourné faute de majorité, et renvoyé aux calendes grecques. Les parlementaires ne veulent plus du fait du prince, et entendent bien faire entendre leur voix.

Dans les fédérations, les militants sont bien loin du divorce présidentiel, et se positionnent comme encore plus terre à terre que leurs élus, en réclamant des résultats probants, et rapidement. En effet, la hausse du prix de l’essence et la baisse du pouvoir d’achat pèsent sur le moral des ménages, et la promesse de l’instauration du service minimum a été entachée par son délai de mise en place et son manque de lisibilité.

Du coup, Sarko s’effondre dans les sondages, et s’enferme dans une communication déjà dépassée, en évoquant « quelques grincheux ». Grincheux les français ? Non, réalistes. Ils ont voté pour que les réformes soient faites, de toute urgence, afin de pouvoir boucler leurs fins de mois.

Chacun savait que la tâche ne serait pas facile pour le président sorti des urnes, et Nicolas Sarkozy lui-même semblait en avoir bien conscience. La France lui rappelle désormais qu’elle a voté pour lui à 53%, mais sans lui donner pour autant un chèque en blanc.

02.10.2007

A gauche toute !

Pris dans l’élan de la gauchisation de son équipe, Sarkozy envisage-t-il réellement de faire entrer Manuel Valls, Jack Lang ou Julien Dray dans son équipe, comme le suggère 20 minutes dans son édition de ce soir ?

Que ce soit de l’info ou de l’intox –et je n’ai pas la réponse- cela confirme en tout cas que le Président de la République met la barre à babord. Le chantre de la communication qu’il est, doublé de ses petites habitudes de contrôler ce qui se dit dans les médias à son sujet, ne laisserait pas filtrer des rumeurs sans qu’il n’y ait un fond de vérité. Le fameux « off », information divulguée sans être divulguée, manière de donner un nonos à ronger aux journalistes fiévreux, qui ne peuvent de toutes façons rien vérifier en la matière, et ce qui laisse la possibilité de dire « mais c’était une rumeur » en cas de réaction hostile des Français.

Sarko, de ce point de vue, est un maître du buzz. La question est : que cela lui rapporte-t-il ? Si certains militants de droite croient encore que ça lui permet d’atomiser le PS, qu’ils se réveillent : Sarkozy ne s’ouvre pas à la gauche, il EST de gauche. Tendance nationaliste, mais de gauche. Et profondément étatiste : jetez un œil au budget, ça fait mal à la France…

Reste à savoir jusqu’où il poussera le curseur : n’oublions pas que Julien Dray vient de la LCR. Alors , Sarko, trotsko ? Difficile à imaginer : ce serait prendre le risque d’un vrai débordement sur la droite.

Si Le Pen paraît vieilli, usé, fatigué, laminé par son score à la présidentielle, et que Sarko parie sur l’essoufflement du FN, il faudrait peut être ne pas trop tenter l’UMP, fortement marrie de cette gauchisation constante…

Pour l’heure, ce simple buzz reste destiné à occuper les médias, en permettant qu’on parle encore et toujours de Sarko. Cependant, la rumeur est dangereuse : de plus en plus de voix s’élèvent à droite pour s’opposer à ces choix critiquables du Président.

Après avoir avalé le chapeau de la réforme des statuts de l’UMP, qui affaiblit le parti tant il a perdu en crédibilité populaire en perdant le vote des adhérents, celui-ci pourrait bien finir par s’auto-dissoudre, lorsque les militants en auront marre de ce simulacre de démocratie.

D’ailleurs, outre l’opposition interne, même les parlementaires, si prudes pendant le CPE, commencent à donner de la voix… premier signe tangible d’un réel ras-le-bol de la droite. A suivre !

01.10.2007

A droite ou à gauche ?

Samedi et dimanche, se sont tenues les journées parlementaires de l’UMP. Ce qui s’y est dit, vous pouvez le dire dans la presse. Mais quel est vraiment l’état de la majorité ?

Eh bien ça coince. François Fillon, longtemps gaulliste social, passe pour la population pour un vilain libéral réformiste. Bon, ça, c’est la démagogie de gauche appliquée dans les médias. Mais comment la majorité voit elle son gouvernement et son président ?

C’est bien là que le bât blesse. A l’UMP, la fronde grogne. La composition du gouvernement, et notamment l’ouverture aux socialistes, a fortement déplu. Nombreux sont ceux à faire la comparaison avec un casting : ce n’est pas PopStars mais UMPStars…

Mais au fait qui fait le président du jury rappeur qui parle comme « ass » ? Le président évidemment, c’est bien lui qui mène la danse, et nous gratifie de petites phrases parfois assimilables à celles du manager de Joey Starr… sauf qu’avant qu’il mette les pieds en banlieue, on peut attendre…

Résultat UMPStars, c’est un casting, avec des gens qui ressemblent à la France. C ’est le critère car rappelez-vous, on vend un produit (comme d’autres « font un disque »), donc on gère une image. Dehors Juppé, il est certes compétent mais impopulaire, en clair il manque de parts de marchés (moins de 50% sur la ménagère…). C’est comme si vous intégriez dans un boys band un gars chantant hyper bien mais pesant 250 kilos. L’image on vous dit, l’image, et dans tous les types de médias, de la TV à la presse en passant pas Elysée TV sur le web !

Seulement voilà, les plus courtes sont les meilleures, et à l’UMP, beaucoup en ont marre des postures médiatiques. Dans les couloirs, il se murmure que sous son costume d’atlantiste libéral, se cache en réalité un centriste de gauche. Et ne parlez pas du paquet fiscal, c’est justement l’exception qui fait la règle. Car sur le reste… eh bien sur le reste, regardez bien : un étatisme forcené qui tranche complètement avec les thèses libérales.

Mais oui, c’est un hold-up politique. On comprend mieux pourquoi il tenait à trucider Bayrou dans les urnes… Bayrou qui serait finalement plus à droite que Sarko, c’est à y perdre son latin.

 

Reste que comme toujours, nous autres libéraux, on ne sait plus à quel saint se vouer… La France, pays fortement ancré à droite, aura réussi à élire un président de droite sous une étiquette socialiste (Mittérand) puis un président de gauche sous une étiquette de droite (Sarkozy)… le tout en à peine plus de 30 ans.

So Frenchy !

10.09.2007

Vous reprendrez bien un peu de café…in ?

Trois mois d’absence sur le blog. Parfois, il faut savoir arrêter d’écrire, si l’on a rien à dire. Trois mois d’été, trois mois sans grande actualité.

Et puis hier, la reprise de Dimanche Plus, l’émission de Laurence Ferrari. En tête d’affiche, François Fillon, le Premier Ministre qui n’apprécie pas de se faire appeler « collaborateur » par son président de patron.

Engoncé dans son costume, visiblement peu à l’aise, le Premier Ministre ne convainc pas. Il a beau dire qu’il n’est pas un exécutant, tout le monde perçoit qu’il souffre de n’être qu’un sous-fifre, alors que le Président Sarko se la joue star.

Fillon, celui qui a viré sarkozyste parce que Villepin ne l’avait pas pris au gouvernement, se retrouve dans le rôle de directeur de cabinet. Même le Secrétaire Général de l’Elysée est plus présent médiatiquement… et dans l’action.

C’est bien là que le bât blesse. Car Fillon lui-même en vient à dire n’importe quoi sur les institutions. Ainsi hier, il déclarait qu’il était dans son rôle, et qu’il était logique que le Président soit en avant, puisqu’il a été élu par les français.

Certes, mais Fillon oublie-t-il que le Premier Ministre est issu de la majorité parlementaire, elle-même élue par le peuple, tout comme le Président de la République ?

François, par pitié, retourne réviser tes cours de droit constitutionnel, c’est du niveau 1ère année de droit…

08.06.2007

L'homophobie a encore de beaux jours devant elle

Comme le révèle le quotidien 20 minutes, les Etats Unis n’ont pas hésité à nommer le docteur James W. Holsinger Jr, bien connu pour son homophobie… ministre de la Santé ! Les gays n’ont qu’à bien se tenir, ils seront bientôt accusés de tous les maux de la terre. Sodome et Gomorrhe, on peut difficilement faire plus rétro et plus con.

Mais attention, ne croyez pas que l’Europe soit préservée du phénomène anti-homos. Il y a quelques jours, le gouvernement polonais se demandaient si les Télétubbies n’étaient pas gay… Moi j’aurais bien vu Albator, tant qu’on y est… Ou le prince dans Candy.

Et la France n’est pas en reste. Nicolas Sarkozy, président de la République, était il y a encore quelques temps président de l’UMP. Il se la joue amis des homos –encore qu’il les a bien en**** sur le mariage gay-, mais le parti de droite qu’il dirigeait alors n’a pas hésité une seconde à investir aux législatives Christian Vanneste, pourtant condamné pour propos homophobes.

Et l’UMP, qui prêtant représenter la droite décomplexé, a le culot de prétendre qu’il est investi par le CNI… Faux : Le CNI est un parti associé à l’UMP, et il était tout à fait possible d’exclure le député des investitures ! Même pas capable d’assumer, c’est beau la droite décomplexée !

30.05.2007

Eric Woerth : un simple sarkofusible

Le 17 mai dernier, Eric Woerth a connu un grand moment. Il a retrouvé son poste de Ministre de la Fonction publique (et des Comptes) dont il rêvait depuis le début juin 2005, date à laquelle il avait eu le choc de sa vie : ne pas être renouvelé ministre dans le Gouvernement Villepin.

Oui mais voilà, après cet instant de jouissance, les nuages se sont amoncelés. Le chef du Gouvernement n’est plus Raffarin, et n’est même pas Fillon, Premier ministre potiche tout juste présent parce que la Constitution en impose un. Non, le patron, c’est Nicolas Sarkozy.

Et un ministre, selon Sarkozy, c’est un testeur. C’est un politique qui fait des propositions, qui lancent des idées. Et ensuite, en fonction des réactions, le patron réajuste. Quitte à contredire le ministre.

C’est la mésaventure qui est arrivée hie à Eric Woerth. Ministre des Comptes, en charge de tenir les finances, il a annoncé que la déduction des intérêts des emprunts immobiliers serait valable uniquement pour les prêts concernant l’achat d’une résidence principale contractés après le 6 mai.

Hier, au cours de son meeting au Havre, Nicolas Sarkozy a recadré son ministre : tous les emprunts immobiliers en cours seront concernés. Et tant pis pour les états d’âme éventuels d’Eric Woerth, ils n’ont pas leur place : que ce soit bien clair, le ministre n’est qu’un sous-fifre et la star, c’est Sarkozy. Et il doit tirer le maximum de bénéfices de tout ce qui se passe en politique, quitte à griller ses troupes.

Qu’Eric Woerth soit prévenu : c’est le prix à payer pour être ministre… Ceci dit, je ne pleurerai pas sur le sort de cet homme, qui a tourné sa veste à l’instant même où il a appris qu’il n’était pas du gouvernement Villepin.

Quand on manque à ce point de convictions, et que l’on dirige sa vie politique par la seule ambition d’être ministre, on peut bien avaler quelques chapeaux… Faute d’avoir le courage d’être soi, on n'a que le rôle que l’on mérite : simple fusible…