08.06.2007

L'homophobie a encore de beaux jours devant elle

Comme le révèle le quotidien 20 minutes, les Etats Unis n’ont pas hésité à nommer le docteur James W. Holsinger Jr, bien connu pour son homophobie… ministre de la Santé ! Les gays n’ont qu’à bien se tenir, ils seront bientôt accusés de tous les maux de la terre. Sodome et Gomorrhe, on peut difficilement faire plus rétro et plus con.

Mais attention, ne croyez pas que l’Europe soit préservée du phénomène anti-homos. Il y a quelques jours, le gouvernement polonais se demandaient si les Télétubbies n’étaient pas gay… Moi j’aurais bien vu Albator, tant qu’on y est… Ou le prince dans Candy.

Et la France n’est pas en reste. Nicolas Sarkozy, président de la République, était il y a encore quelques temps président de l’UMP. Il se la joue amis des homos –encore qu’il les a bien en**** sur le mariage gay-, mais le parti de droite qu’il dirigeait alors n’a pas hésité une seconde à investir aux législatives Christian Vanneste, pourtant condamné pour propos homophobes.

Et l’UMP, qui prêtant représenter la droite décomplexé, a le culot de prétendre qu’il est investi par le CNI… Faux : Le CNI est un parti associé à l’UMP, et il était tout à fait possible d’exclure le député des investitures ! Même pas capable d’assumer, c’est beau la droite décomplexée !

30.05.2007

L’affaire Quitterie crucifie le Modem

Le Modem, nouveau parti de François Bayrou, avait promis de faire de la politique autrement, de faire de la place aux jeunes, d’être un exemple de liberté, blablabla…

Eh oui, c’était un gros gloubiboulga plein de n’importe quoi, de la poudre aux yeux jetés à ceux qui rêvaient d’un autre monde. Et il n’aura pas fallu longtemps pour en trouver l’illustration.

C’est arrivé ces jours ci, lorsque la jeune blogueuse Quitterie Delmas, figure emblématique de la campagne jeune de l’UDF, a été écartée des investitures… Il se murmure que d’autres nanas –Marielle de Sarnez en tête- n’avaient pas envie que la nouvelle icône leur fasse de l’ombre. Et pour cause...

Exit  donc la pourtant légitime Quitterie, mais exit avec la crédibilité du Modem. Quand je vous disais que c’était du bluff…

Eric Woerth : un simple sarkofusible

Le 17 mai dernier, Eric Woerth a connu un grand moment. Il a retrouvé son poste de Ministre de la Fonction publique (et des Comptes) dont il rêvait depuis le début juin 2005, date à laquelle il avait eu le choc de sa vie : ne pas être renouvelé ministre dans le Gouvernement Villepin.

Oui mais voilà, après cet instant de jouissance, les nuages se sont amoncelés. Le chef du Gouvernement n’est plus Raffarin, et n’est même pas Fillon, Premier ministre potiche tout juste présent parce que la Constitution en impose un. Non, le patron, c’est Nicolas Sarkozy.

Et un ministre, selon Sarkozy, c’est un testeur. C’est un politique qui fait des propositions, qui lancent des idées. Et ensuite, en fonction des réactions, le patron réajuste. Quitte à contredire le ministre.

C’est la mésaventure qui est arrivée hie à Eric Woerth. Ministre des Comptes, en charge de tenir les finances, il a annoncé que la déduction des intérêts des emprunts immobiliers serait valable uniquement pour les prêts concernant l’achat d’une résidence principale contractés après le 6 mai.

Hier, au cours de son meeting au Havre, Nicolas Sarkozy a recadré son ministre : tous les emprunts immobiliers en cours seront concernés. Et tant pis pour les états d’âme éventuels d’Eric Woerth, ils n’ont pas leur place : que ce soit bien clair, le ministre n’est qu’un sous-fifre et la star, c’est Sarkozy. Et il doit tirer le maximum de bénéfices de tout ce qui se passe en politique, quitte à griller ses troupes.

Qu’Eric Woerth soit prévenu : c’est le prix à payer pour être ministre… Ceci dit, je ne pleurerai pas sur le sort de cet homme, qui a tourné sa veste à l’instant même où il a appris qu’il n’était pas du gouvernement Villepin.

Quand on manque à ce point de convictions, et que l’on dirige sa vie politique par la seule ambition d’être ministre, on peut bien avaler quelques chapeaux… Faute d’avoir le courage d’être soi, on n'a que le rôle que l’on mérite : simple fusible…

28.05.2007

Opportunisme exacerbé

Patrick Devedjian est insupportable. Après avoir été recalé de la composition du gouvernement, ce fidèle balladuro-sarkozyste a fait son petit caprice, en déclarant  lors du conseil national du 14 mai qu’on pouvait « pousser l’ouverture plus loin, même jusqu’aux sarkozystes ».

Un bon mot, certes, car le maire d’Antony entendait bien avoir un lot de consolation. Non content d’être désigné Secrétaire Général Délégué de l’UMP –un poste qui aurait du échoir à Jean-Pierre Raffarin- il vise maintenant la présidence du Conseil Général des Hauts de Seine… qui aurait du échoir à Isabelle Balkany.

Espérons pour la France que les élus des Hauts de Seine en ait ras le bol de ces jérémiades insupportables, et accordent leur suffrage à un élu de terrain moins capricieux que celui qui ne sait que pleurer dans la salle des Quatre Colonnes.

Déjà qu’il est assez scandaleux que Nicolas Sarkozy fasse durer le suspense pour démissionner du conseil général –eh oui, il est toujours conseiller général, il attend le délai maximal pour démissionner pour parachuter un ami à recaser- alors si la République pouvait garder le peu d’ors qu’il lui reste et ne pas promouvoir un politique politicien de plus (ce que ne sont ni Jean-Jacques Guillet, ni Isabelle Balkany, les deux autres prétendants), ce serait plus acceptable.

Fin du suspense : vendredi prochain.

27.05.2007

Union pour Ma Pomme

L’UMP, après avoir été fondée en 2002 pour donner une large majorité au Président de la République Jacques Chirac, se renie désormais. Après s’être constituée à partir des sensibilités de la droite gaulliste, centriste et libérale, l’UMP n’est plus qu’un amas de cendres destinée à ne surtout pas gêner le nouveau président, Nicolas Sarkozy.

Ce même Nicolas Sarkozy avait pourtant, dans son discours d’investiture comme président de l’UMP, le 28 novembre 2004, avait déclaré aux adhérents de l’UMP :

« Vous, adhérents, je veux que vous soyez maîtres de votre destin. Les grandes décisions politiques du mouvement nous les prendrons ensemble. Pour cela, je ne connais qu'une seule formule : celle du vote démocratique, ouvert à tous.

Une fois le vote acquis celui-ci s’imposera à tous et chacun aura à cœur de respecter la ligne commune.

Il n'y aura pas de conciliabule secret. Il y aura la transparence, la liberté des délibérations, la légitimité des décisions. Notre union sera la grande formation politique populaire, puissante et moderne dont nous avons besoin. Je serai le garant de votre unité et tout autant de votre liberté.

Je veux que chaque adhérent ait un rôle à jouer, que son avis soit sollicité, que par-dessous tout il se sente respecté. »

Aujourd’hui, l’UMP prépare une réforme des statuts qui supprimera l’élection du président du parti au suffrage universel. Le vote ouvert à tous, c’est déjà du passé. Et le nouveau président de la République a menti à sa propre famille politique, mais personne ne bronche chez les godillots.

Palme du foutage de gueule à Luc Chatel, porte-parole du parti, qui prétend que les statuts n’avaient pas prévu que le président de l’UMP puisse être un jour président de la République. Nan, ça fait juste 5 ans qu'il fait campagne, mais Chatel n'avait pas remarqué... Et la marmotte elle met le chocolat dans le papier d'alu ?

Après avoir opéré fin 2004 un hold-up sur ce parti, et l’avoir institué comme socle de sa campagne personnelle pour se faire élire président, le nouveau président de la République est conscient d’avoir utilisé le parti à des fins personnelles, et  ne veut pas être la victime de la même stratégie. Il a donc décidé de tuer le parti pour éviter toute menace.

Menace qu’il a lui même instauré en s’opposant constamment à son prédécesseur, Jacques Chirac, pendant toute la durée du précédent quinquennat. Menace qui a trouvé son apogée lorsque pour éliminer son rival, Dominique de Villepin, alors Premier Ministre, il a retourné la majorité en la poussant à s’opposer au CPE.

Une réforme dont notre pays avait pourtant besoin, mais son intérêt personnel –être élu président et donc éliminer un rival- passait par l’abandon de sa propre famille politique, de ses valeurs et de sa politique. Une trahison de plus dans le parcours du nouveau président, que personne n’avait alors commentée.

Juste un rappel. Dans son discours aux permanents de l’UMP, puis dans ses vœux 2005, il avait promis de faire de l’UMP son laboratoire pour la France qu’il comptait alors diriger un jour. Puisse-t-il ne jamais mener la France comme il a mené l’UMP, cela va sans dire.

15.05.2007

Libéralisme et interventionnisme

Les libéraux ont toutes les raisons de craindre Nicolas Sarkozy. Le nouveau président, élu par les Français, a souvent été qualifié d’ultra libéral par la gauche, qui sur ce plan fait preuve soit d’une vilaine mauvaise foi, soit d’un manque de culture politique évident. Car Nicolas Sarkozy n’est pas libéral, mais totalement interventionniste.

Pendant le dernier quinquennat, il était numéro deux du gouvernement, et ministre d’Etat. Ou plus tôt, il était des tas de ministres. Rappelez vous : ministre d’intérieur, mais en même temps, il est intervenu dans la réforme des retraites (le rapport avec l’intérieur ?) ou encore la réforme de l’éducation nationale (le rapport avec l’intérieur ?).

Puis il est passé à Bercy, le ministère des Finances. Et là, c’est au sens économique qu’il a démontré son interventionnisme… en augmentant le rôle de l’Etat dans l’économie. Parmi ses faits de guerre, il a obligé la grande distribution à limiter ses marges pour ne pas augmenter les prix. En dépit de la loi du marché. Comme libéral, on fait mieux.

Interventionniste également dans l’UMP, qu’il ne préside plus, mais à laquelle il impose une énième réforme des statuts, destinée à lui assurer la mainmise totale sur cet appareil… fusse au prix de la suppression de la démocratie au sein de cette instance. Soit disant pour ne pas avoir d’opposition interne.

Pourtant, l’UMP a été totalement solidaire du gouvernement dès sa création, en 2002, et elle a très fidèlement soutenu les réformes de Raffarin en 2003, notamment celle des retraites. Comme quoi, c'est possible. Bizarrement, elle ne l’a plus été à compter de fin 2004… et de son élection. Qui n’a pas été solidaire du président de la République ? Nicolas Sarkozy. Il marque là son manque de confiance vis à vis de son propre camp. Intéressant comme conception du pouvoir... Intéressant.

Enfin, et c’est encore plus embêtant, il est interventionniste dans le domaine des médias. Président de l’UMP ou président de la République, il n’hésite pas à appeler ses amis patrons des grands groupes de presse écrite et audiovisuelle, ou à faire appeler les rédactions, pour ne pas faire paraître les infos qui dérangent. Comme le fait que sa femme se balade publiquement avec un autre homme, ou qu’elle n’ait pas voté (et donc pas voté pour lui).

Eh oui, Nicolas Sarkozy, après avoir usé et abusé de l’utilisation de la presse pour faire parler de lui, en mettant en avant sa famille, il ose se plaindre que son statut de personne publique le rende vulnérable à la diffusion d’informations relatives à celle-ci.

Pire, il se retranche derrière la notion toute relative de vie privée… cela même alors que cela reste de l’information : il reste normal que les français sachent que sa femme, à priori le personnage le plus proche de lui, n’ait pas voté pour lui. Cette atteinte à la liberté de la presse, liberté fondamentale, est inacceptable.

Cet homme, demain, sera officiellement président de la République. Ne le qualifiez plus de libéral. Vous insulteriez la liberté.

Z’avez signé votre papier ?

Si vous êtes député et centriste, vous avez intérêt quasiment tous pris le « contrat Sarkozy », une assurance-vie spéciale pour députés centristes, qui vous assurera l'entrée au Palais Bourbon pour les cinq années à venir.

Ce contrat vous promet

  • d’être élu : vous n’aurez pas de député UMP en face de vous, et ce même si Sarkozy avait promis de tuer l’UDF et de mettre systématiquement un candidat UMP face à un candidat UDF ; c’était il y a longtemps, et tant pis si c’est parce que Juppé ne l’a pas fait en son temps que Sarkozy l’a autant méprisé, maintenant qu’il est confronté aux réalités tout change…

  • d’avoir un groupe à l’assemblée nationale : enfin si vous êtes au moins 20, ce qui est le cas, et ce même si l’objectif premier de Sarkozy quand il a pris l’UMP était de justement ne jamais avoir de groupe centriste face au groupe UMP

Bon, comme toutes les assurances, il faut lire les petites lignes tout en bas du contrat. Je les ai étudiée précisément pour vous

  • contrôle de vos votes personnels : le papier que vous signez vous oblige à voter comme le groupe « majorité présidentielle » sur toutes les lois et bien évidemment le budget 

  • groupe verrouillé et donc inutile : puisque vous devez voter comme le groupe majoritaire, vous ne faites qu’accorder du temps de parole supplémentaire au groupe UMP

Juste une question : pourquoi ne pas prendre votre carte directement à l’UMP ? Ces engagements ne sont pas demandés à leurs membres, qui conserveront une plus grande autonomie que vous. Pour 25 euros par an et une quote part d'élu, vous gagnerez en autonomie.

En d’autres termes, l’identité de centriste vaut-elle mieux que votre mandat personnel et impératif, et donc que votre vote en conscience ? Ou en voulez vous à ce point à François Bayrou pour ainsi jouer le vrai-faux centriste godillot à qui l’on dit ce qu’il doit voter ?

Est-ce vraiment à cela que vous pensiez quand vous avez entendu Nicolas Sarkozy promettre qu’il ferait de la politique « autrement » ? Etes vous fier d’être un (futur) élu de la Nation ou assouvissez-vous simplement votre fantasme de potiche ? Puis-je vous demander, tant qu'à faire, de me verser 10% de votre indemnité de parlementaire puisque manifestement vous êtes prêts à tout ?

 

Avez vous réfléchi une seconde au fait que vous pouviez refuser ce pacte démentiel, ne serait-ce que pour respecter votre mandat et vos électeurs, au lieu de baisser votre culotte de la manière la plus honteuse qui soit ? Vous me faites mal à la France !

14.05.2007

Sarkozy a peur de son ombre

Nicolas Sarkozy est un petit malin. Après avoir dirigé l’opposition dans son propre camp pendant 5 ans, histoire de rafler la présidence de la République, l’ancien président de l’UMP est sur ses gardes… et verrouille toutes les instances de son parti afin que personne n’agisse comme lui l’a fait.

Ainsi, le président de l’UMP ne sera plus élu. "Nicolas Sarkozy va proposer ce lundi une modification des statuts de l'UMP. Il n'est pas utile de conserver l'ancienne structure en élisant un nouveau président qui, un jour, pourrait s'opposer à lui", explique M. Gaudin, vice président de l’UMP élu en 2004 sur le même ticket que Nicolas Sarkozy.

Evidemment cette réforme, qui sera finalement votée par le congrès à l'automne, a un objectif très clair : Nicolas ne veut pas prendre le risque qu’on lui fasse ce qu’il a fait à Chirac… Comprendre : l'ancienne structure ne servait qu'à prendre le parti... et pas question pour un autre d'imaginer faire pareil !

D'où ces changements de statuts, devenus subitement nécessaires. En effet, le mandat de président de l’UMP devait être remis en jeu dès ces jours ci lors d’un congrès, vu que nous sommes à plus de six mois (six mois et quelques jours, comme c’est ballot) du renouvellement officiel des instances, prévus originellement fin novembre 2007.

Vu que Nicolas Sarkozy n’a pas été élu tout seul, mais grâce à l’union de la majorité, cette élection aurait pu aiguiser les appétits. Donc soyons démocratiques : pas d’élection à l’UMP ! C’est décidément plus que jamais l’Union des Moutons de Panurge.

Et nous avons à la tête de l'Etat un président de la République qui ne respecte même pas les statuts de son propre parti, qu’il a lui-même modifié en janvier 2006. Tout est censé être normal. Et après on se demande pourquoi même Cécilia n’aurait pas voté pour son mari ?

09.05.2007

Quel avenir pour le MD ?

François Bayrou lancera le Mouvement Démocrate demain, jeudi 10 mai, à l’issue du conseil national de l’UDF. Et tentera de transformer l’essai de son score à la présidentielle. Alors , y aller ou pas ?

A titre personnel, je n’y crois pas. Les députés UDF sont déjà plus d’une vingtaine à avoir rejoint la majorité parlementaire : si tous sont réélus, ils pourront donc former un groupe à l’Assemblée nationale. Gilles de Robien, soutien historique de la majorité présidentielle, aurait toute légitimité à devenir leader de ce courant.

Ou de ce parti. En effet, on entend de plus en plus de voix s’exprimer pour la création d’un parti regroupant ces députés, voire reprendre l’UDF actuelle. Or, si cette hypothèse était avérée, ce serait alors la scission du centre entre UDF et MD.

Resterait-il un espace à François Bayrou ? Pas sûr… Les centristes de gauche qui n’ont pas cru en Ségolène ont tout intérêt à aller donner de la voix dans la énième tentative de reconstruction du PS, après sa troisième présidentielle perdue. Et les centristes de droite ont tout intérêt à travailler avec l’UMP pour espérer peser sur le programme du gouvernement.

Or François Bayrou est en mal de députés, et aura donc du mal à convertir le soutien obtenu à la présidentielle en un poids politique tangible. Aussi, si l’idée de rassemblement et de refondation de la vie politique prônée par François Bayrou était belle, elle n’en reste pas moins utopique, et risque d'être éphémère.

Fillon, girouette dénuée de courage politique

Comme chaque matin, je me suis plongée dans la lecture de 20 minutes, et je me suis particulièrement attachée à l’interview de François Fillon, présenté comme le futur Premier Ministre.

Je n’apprécie guère le bonhomme, un peu trop adepte à mon goût du changement de veste, ce qui pour moi marque un manque de convictions. Balladurien en 1993, Seguiniste de 1999 (avant les européennes) à la débâcle parisienne de 2001, il est devenu chiraquien en intégrant l’UEM en 2001, par pur carriérisme. Après avoir mené la réforme des retraites en 2003, il s’estimait premier-ministrable…

Las ! En juin 2005, non seulement il n’a pas obtenu Matignon, mais en plus il a été éjecté du Gouvernement. En deux secondes, il est devenu sarkozyste. Comme il le dit lui-même : « j'ai rejoint Nicolas Sarkozy quand j'ai compris qu'il était incontournable dans le parti. »

Je dirai plutôt qu’il ne l’a jamais quitté, puisqu’ils ont connu les mêmes combats politiques auprès de Balladur et de Seguin… La passe chiraquienne n’aura été qu’une parenthèse dans la vie de cette girouette inconstante à l’ambition débordante.

Si j’avais monsieur Fillon en face de moi, l’échange serait extrêmement tendu. Et pour une simple raison : monsieur Fillon n’assume pas ses choix politiques. Dans cette interview, il dit n’avoir pas supporté de voir « Chirac et Villepin se déballonner dès que la rue est dehors ».

Pour commencer, pendant sa réforme des retraites, l’UMP a lancé des contre manifs, et clairement aidé à faire passer la pilule. Il ne me semble pas qu’à ce moment là, qui que ce soit ce soit déballonné. Au contraire, la solidarité gouvernementale a joué à plein. Monsieur Fillon aurait-il la mémoire courte ?

Et puisqu’on est dans la déballonnade, parlons franchement : qui s’est a baissé son pantalon en 2005 pendant la crise du CPE ? Certainement pas Chirac et Villepin, mais bel et bien Nicolas Sarkozy. Celui qui était alors patron de l’UMP s’est prononcé contre le CPE, par pur tactique politique : il a monté les parlementaires contre le chef du gouvernement et le chef de l’Etat, pour les affaiblir, les isoler, et les obliger à abandonner le CPE… en se déclarant lui-même contre. Les parlementaires de l'UMP, moutons désireux d'être investis et de retrouver leur siège, ont suivi. Quitte à oublier d'être solidaires avec leur gouvernement, et de jouer l'opposition à plein tube.

C’est bien Nicolas Sarkozy qui a cédé à la rue, de peur que cela n’entache la présidentielle à venir. C’est lui qui n’a pas eu le service trois pièces nécessaire pour aller au bout de cette réforme. Et monsieur Fillon n’a pas le courage de l’assumer. Voilà pourquoi j’ai une très piètre image de ce politique intriguant et ambitieux, qui n’est qu’un Rastignac de plus.

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