30.05.2007
L’affaire Quitterie crucifie le Modem
Le Modem, nouveau parti de François Bayrou, avait promis de faire de la politique autrement, de faire de la place aux jeunes, d’être un exemple de liberté, blablabla…
Eh oui, c’était un gros gloubiboulga plein de n’importe quoi, de la poudre aux yeux jetés à ceux qui rêvaient d’un autre monde. Et il n’aura pas fallu longtemps pour en trouver l’illustration.
C’est arrivé ces jours ci, lorsque la jeune blogueuse Quitterie Delmas, figure emblématique de la campagne jeune de l’UDF, a été écartée des investitures… Il se murmure que d’autres nanas –Marielle de Sarnez en tête- n’avaient pas envie que la nouvelle icône leur fasse de l’ombre. Et pour cause...
Exit donc la pourtant légitime Quitterie, mais exit avec la crédibilité du Modem. Quand je vous disais que c’était du bluff…
17:10 Publié dans Législatives 2007 | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note | Tags : Politique, Législatives 2007, UDF, Modem, Delmas
15.05.2007
Z’avez signé votre papier ?
Si vous êtes député et centriste, vous avez intérêt quasiment tous pris le « contrat Sarkozy », une assurance-vie spéciale pour députés centristes, qui vous assurera l'entrée au Palais Bourbon pour les cinq années à venir.
Ce contrat vous promet
- d’être élu : vous n’aurez pas de député UMP en face de vous, et ce même si Sarkozy avait promis de tuer l’UDF et de mettre systématiquement un candidat UMP face à un candidat UDF ; c’était il y a longtemps, et tant pis si c’est parce que Juppé ne l’a pas fait en son temps que Sarkozy l’a autant méprisé, maintenant qu’il est confronté aux réalités tout change…
- d’avoir un groupe à l’assemblée nationale : enfin si vous êtes au moins 20, ce qui est le cas, et ce même si l’objectif premier de Sarkozy quand il a pris l’UMP était de justement ne jamais avoir de groupe centriste face au groupe UMP
Bon, comme toutes les assurances, il faut lire les petites lignes tout en bas du contrat. Je les ai étudiée précisément pour vous
- contrôle de vos votes personnels : le papier que vous signez vous oblige à voter comme le groupe « majorité présidentielle » sur toutes les lois et bien évidemment le budget
- groupe verrouillé et donc inutile : puisque vous devez voter comme le groupe majoritaire, vous ne faites qu’accorder du temps de parole supplémentaire au groupe UMP
Juste une question : pourquoi ne pas prendre votre carte directement à l’UMP ? Ces engagements ne sont pas demandés à leurs membres, qui conserveront une plus grande autonomie que vous. Pour 25 euros par an et une quote part d'élu, vous gagnerez en autonomie.
En d’autres termes, l’identité de centriste vaut-elle mieux que votre mandat personnel et impératif, et donc que votre vote en conscience ? Ou en voulez vous à ce point à François Bayrou pour ainsi jouer le vrai-faux centriste godillot à qui l’on dit ce qu’il doit voter ?
Est-ce vraiment à cela que vous pensiez quand vous avez entendu Nicolas Sarkozy promettre qu’il ferait de la politique « autrement » ? Etes vous fier d’être un (futur) élu de la Nation ou assouvissez-vous simplement votre fantasme de potiche ? Puis-je vous demander, tant qu'à faire, de me verser 10% de votre indemnité de parlementaire puisque manifestement vous êtes prêts à tout ?
Avez vous réfléchi une seconde au fait que vous pouviez refuser ce pacte démentiel, ne serait-ce que pour respecter votre mandat et vos électeurs, au lieu de baisser votre culotte de la manière la plus honteuse qui soit ? Vous me faites mal à la France !
16:35 Publié dans Législatives 2007 | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Politique, Législatives 2007, UMP, UDF, Sarkozy, Bayrou
09.05.2007
Quel avenir pour le MD ?
François Bayrou lancera le Mouvement Démocrate demain, jeudi 10 mai, à l’issue du conseil national de l’UDF. Et tentera de transformer l’essai de son score à la présidentielle. Alors , y aller ou pas ?
A titre personnel, je n’y crois pas. Les députés UDF sont déjà plus d’une vingtaine à avoir rejoint la majorité parlementaire : si tous sont réélus, ils pourront donc former un groupe à l’Assemblée nationale. Gilles de Robien, soutien historique de la majorité présidentielle, aurait toute légitimité à devenir leader de ce courant.
Ou de ce parti. En effet, on entend de plus en plus de voix s’exprimer pour la création d’un parti regroupant ces députés, voire reprendre l’UDF actuelle. Or, si cette hypothèse était avérée, ce serait alors la scission du centre entre UDF et MD.
Resterait-il un espace à François Bayrou ? Pas sûr… Les centristes de gauche qui n’ont pas cru en Ségolène ont tout intérêt à aller donner de la voix dans la énième tentative de reconstruction du PS, après sa troisième présidentielle perdue. Et les centristes de droite ont tout intérêt à travailler avec l’UMP pour espérer peser sur le programme du gouvernement.
Or François Bayrou est en mal de députés, et aura donc du mal à convertir le soutien obtenu à la présidentielle en un poids politique tangible. Aussi, si l’idée de rassemblement et de refondation de la vie politique prônée par François Bayrou était belle, elle n’en reste pas moins utopique, et risque d'être éphémère.
11:10 Publié dans Législatives 2007 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Politique, Présidentielles 2007, Législatives 2007, Bayrou, MD, UDF
30.04.2007
Erreur marketing de l’UMP
En cette fin de week-end l’UMP et le PS tentent comme ils peuvent de séduire les centristes. C’est le jeu du second tour, et en ce sens, chacun des deux partis rivalisent d’originalité. Si sur le fond Nicolas Sarkozy a une grosse avance, en raison des très nombreux points de convergence programmatiques qu’il a avec le centre, sur la forme, c’est tout l’inverse.
En acceptant de débattre avec François Bayrou, Ségolène Royal a marqué des points : elle est apparu ouverte et capable de prendre des risques même si sur le fond, elle a raté complètement l’exercice, en donnant l’impression de supplier le candidat centriste. Elle gagne néanmoins en capital sympathie.
De son côté, l’UMP a fait un pas de travers ce week-end dans un mail adressé aux cadres du parti : ils ont été appelés à se vêtir de bleu… ou d’orange. C’est pas du vol de couleurs ça ?
Il serait tellement plus logique de convaincre sur les idées -d'autant que l'UMP a vraiment ses chances en usant de ce créneau- et non de s’approprier ainsi les voix du centre. Le hold-up n’a jamais séduit personne… et ne peut qu’irriter la Génération Orange , peut encline à se faire ainsi récupérer.
10:00 Publié dans Présidentielles 2007 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Politique, Présidentielles 2007, UMP, UDF, PS, Sarkozy, Royal
Pour un véritable statut de l'élu
Dans le débat qui a opposé François Bayrou à Ségolène Royal ce samedi 28 avril, une question importante a été abordée, sur laquelle je suis en désaccord avec les deux protagonistes de cette discussion : Bayrou et Royal se sont exprimés contre l’indemnité chômage de 5 ans pour les députés battus, au motif que la durée d’indemnisation est bien plus longue que celle des français.
Tout d’abord, cette indemnité n’est perçue que tant que les députés battus n’ont pas retrouvé d’emploi. Ensuite, elle est bien évidemment dégressive, comme toutes les autres indemnités chômage. Enfin, elle n’est pas accordée systématiquement : si elle avait existé en 2002, elle n’aurait concerné qu’une trentaine de députés sur 577 députés.
En effet, cette indemnité n’est accordée qu’aux élus qui n’ont pas d’autres revenus, et qui subissent une perte conséquente. N’oublions pas que certains cas sont dramatiques : sur la précédente législature, certains battus se sont retrouvés du jour au lendemain au RMI. Et ont ainsi divisé leur revenu mensuel par 10. L’accepterait-on pour n’importe quel autre catégorie de travailleur ? Non.
Il faut rester honnête : un député qui travaillait dans une entreprise ne retrouve pas forcément facilement du travail, justement parce qu’il a été élu. Il subit alors un préjudice pour avoir accepter de s’investir dans la vie politique, contrairement aux élus issus de la Fonction publique qui eux, retournent automatiquement dans leur précédent emploi lorsqu’ils sont battus.
Si l’on veut moderniser la vie politique, il est indispensable de s’intéresser à cette question : en supprimant cette indemnité, il sera à nouveau difficile de trouver des candidats venant de toutes les origines professionnelles.
Supprimer cette indemnité, c’est prendre le risque de se retrouver à nouveau avec une assemblée dotée d’une surreprésentation de fonctionnaires et de professions libérales, c’est à dire en total décalage avec les préoccupations des français.
09:50 Publié dans Présidentielles 2007 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Politique, Statut de l'élu, Présidentielles 2007, UMP, Sarkozy, UDF, Bayrou
27.04.2007
Bleue comme une orange
Du haut de mes 33 ans, je me sens à fond dans la vague orange qui a déferlé sur la France. Militante UMP depuis 2002 et le choc avec Le Pen, je me suis pas retrouvé dans une grande partie du programme de Nicolas Sarkozy -étant résolument de droite- mais absolument pas dans les valeurs qu’il a défendues.
Je n’ai que trop vu sa manière de gouverner le parti, à base de chantage et de pressions, je ne peux pas accepter les atteintes à la liberté de la presse et d’opinion. Selon mon intime conviction, l’UMP est devenue un RPR-bis, un parti de godillots dans lequel aucun avis ne peut différer de la tête pensante car « il faut gagner ». Fut-ce à tout prix ?
Lorsque j’ai senti que Chirac ne se représenterait pas –bien avant son annonce officielle - je me suis retrouvée orpheline, allant jusqu’à penser que peut être j’allais arrêter la politique. Avec mes amis, nous avons alors longuement discuté : le choix de François Bayrou s’est imposé à beaucoup d'entre nous.
Petit à petit, je suis entrée dans la campagne. Auprès de mon entourage d’abord, cherchant à les convaincre, souvent avec succès. Puis dans les bistrots, prenant toute ma place dans les conversations de comptoirs. Et enfin sur le terrain, en allant en meeting, en emmenant avec moi des amis à convaincre.
C’est donc le cœur léger et le sourire aux lèvres que j’ai voté ce 23 avril. Pour moi c’était une belle journée que celle où j’allais dire « non à Sarko » tout en votant pour mes valeurs de droite, à savoir la liberté et la responsabilité : pour le respect des libertés fondamentales, et pour la responsabilité de ne pas mettre un homme dont je doute au pouvoir.
Le 23 avril à 20 heures, je n’ai pas été déçue. Bien qu’ayant longuement espéré l’élimination de Ségolène Royal, je me doutais que la diabolisation de François Bayrou en fin de campagne du premier tour lui serait fatale, convainquant une partie de ceux qui envisageaient de lui accorder leur suffrage à finalement voter utile.
Ce 23 avril, à 20 heures, j’étais fière. Fière que 18,57% de la population ait voté pour une autre vision de la politique. Fière de cette prise de conscience massive, et de ce refus du système tel qu’il est et que je connais si bien. Fière de cette osmose humaniste entre ces 6 millions d'électeurs. A ce moment, j’ai pris conscience que j’avais définitivement rejoint la Génération Orange.
Voilà pourquoi François Bayrou joue une carte intéressante en proposant la création du Parti Démocrate. Il me semble en effet que la « Génération Orange » a une place de choix à y prendre, pour incarner ce grand mouvement de rénovation de la vie politique française. Tout dépendra de ce qu'il en fera.
16:10 Publié dans Centre | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Politique, Présidentielles 2007, Génération Orange, UDF, Parti Démocrate, Centre, UMP
Sarkozy brouille son image
Dans la partie de poker menteur qui se joue ces jours ci sur l’éventuel débat entre Ségolène Royal et François Bayrou, Nicolas Sarkozy est en train de perdre la main, à force de victimiser en criant au scandale.
Débattre avec François Bayrou n’est pas interdit. Techniquement, et au regard des règles du CSA, l’exercice reste périlleux car cela implique de laisser à Nicolas Sarkozy un temps d’antenne équivalent. Mais cela n’est pas impossible.
De même, rien n’interdit à un candidat qui ne s’est pas qualifié pour le second tour de prendre la parole dans la campagne du second tour. A l’extrême limite, François Bayrou n’y peut rien si les états-majors des deux candidats s’arrachent ses voix.
Il est même d’ailleurs plutôt sain que la démocratie soit plénière, et que les autres candidats veuillent débattre avec d’autres personnalités. C’est bien la preuve, au vu de son score, que ses électeurs ont été entendus, et il n’y a rien d’anormal à vouloir s’adresser à eux. Et il semble normal que leur leader les représente. mieux encore, tout cela respire enfin la transparence, loin des négociations habituelles cachées de l’entre-deux tours.
Ensuite, que cela ne conviennent pas à un candidat, c’est possible. Mais cela reste légal. Et d’ailleurs, peut être vaudrait-il mieux, pour être entendu de ces électeurs, éviter de crier au respect de la démocratie. Surtout quand le doute existe sur sa propre personne.
Les électeurs peuvent comprendre que le candidat de l’UMP souhaite occuper un maximum d’espace médiatique, afin de remporter la mise. Pour autant, il est totalement inaudible d’évoquer une éventuelle restriction des possibilités de débat aux seuls qualifiés pour le second tour. C’est évidemment faux, d’ailleurs les qualifiés aiment à entendre les perdants du premier tour s’exprimer en leur faveur, preuve si il en est qu’ils ont le droit de s’exprimer !
Caricaturer ainsi la démocratie sonne terriblement faux. Pire, ces mots peuvent être interprétés comme un rejet des électeurs ayant voté pour l’un des douze autres candidats… ceux là précisément qu’il faut convaincre.
Nicolas Sarkozy a donc tout faux dans cette démarche. Déjà handicapé par son refus de participer au débat sur internet proposé en amont du premier tour, et au lieu de poursuivre sa stratégie première, qui consistait à envoyer au feu les vétérans de l’UMP, réputés « sages », tel qu’Alain Juppé, il retombe à nouveau dans la caricature du candidat psychorigide, en laissant parler les Copé, Bertrand et autres Fillon, tous plus agressifs les uns que les autres.
Résultat, les socialistes n’ont plus qu’à jouer la partition du « Tout Sauf Sarkozy », un message très porteur au sein de l’électorat de François Bayrou. L’ex-candidat centriste rejoint d’ailleurs le concert, en enfonçant lui-même le clou sur la dangerosité de Sarkozy à chacun de ses passages médias.
Bilan, Nicolas Sarkozy, en deux jours, a perdu l’image d’un homme apaisé et changé qu’il avait tenté de se constituer. Et apparaît à nouveau comme un petit dictateur, nerveux, omnipotent, et sans la moindre envie de débattre avec qui que ce soit. Un tableau peu réjouissant… et donc qui le dessert.
16:05 Publié dans Présidentielles 2007 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Politique, Présidentielles 2007, Sarkozy, Bayrou, UMP, UDF
26.04.2007
Bayrou superstar
Depuis dimanche, les médias et les politiques s’arrachent François Bayrou. Fort de ses 18,57%, le candidat centriste, en réussissant à fédérer les électeurs non convaincus par les deux grands partis, a multiplié son score de 2002 par 2,5.
Longtemps boudé par les médias, il en est devenu la star, en mettant savamment en scène sa stratégie de second tour. Si chacun savait qu’il annoncerait la création d’un grand parti démocrate, et se doutait qu’il ne donnerait aucune consigne à ses électeurs -ceux-ci étant trop disparates- toute la presse était aux aguets pour guetter les éventuels signes de ralliement à l’un ou à l’autre.
En bon client, Bayrou a consciencieusement tâclé Nicolas Sarkozy, et mis une petite pichenette à Ségolène Royal. Mais personne ne connaitra son choix personnel pour le second tour… qu’il pourrait toutefois éventuellement révéler. Restez branchés, François a un espace médiatique, autant faire durer le plaisir !
Enfin plaisir, pas pour tout le monde. Si Ségolène y croit –a-t-elle vraiment le choix ?- Nicolas, lui, s’agace de la situation. Le candidat de l’UMP, friand de médias, bout de devoir partager son espace médiatique avec un candidat non qualifié. Et n’a pas manqué de le rappeler hier sur TF1.
Il est vrai que la situation n’est pas rose pour Sarkozy. Son score du premier tour le place comme favori pour le second tour. Néanmoins, le pire ennemi de Sarkozy reste lui-même, et il continue de se jouer des tours.
Ses relations passées avec François Bayrou explique que celui-ci ne perde pas une occasion de le tâcler, de la tentative de tuer l’UDF dès son accession à la présidence de l’UMP, ou encore, comme le révèle le quotidien Sud-Ouest, au deal qu’il a proposé à Bayrou pour faire de l’anti-Chirac.
Heureusement pour lui, Sarkozy conserve une crédibilité supérieure à celle de Ségolène Royal pour être Chef de l’Etat. La candidate socialiste ne convainc pas sur son programme… et d’ailleurs plus personne n’évoque le projet socialiste.
Sa campagne de second tour se résume à proposer un catalogue des personnes qui pourraient figurer à ses côtés pour faire oublier qu’elle serait présidente. Après la proposition de ministres UDF -du jamais vu sous la Vème République- il se murmure dans les couloirs qu’elle prendrait pour Premier ministre… DSK !
A ce stade, Sarkozy n’a pas perdu le leadership sur cette élection, et reste en passe de gagner le 6 mai. Son état-major n'affiche aucun triomphalisme et préfère miser sur la prudence. Quoi qu'il en soit, le calcul du report des voix est de toutes façons extrêmement complexe, eu égard à l’exceptionnelle participation à ce scrutin.
Si d’ordinaire la participation augmente au second tour, il devrait y avoir cette année une mobilisation plus importante de la gauche y compris extrême, qui joue son va-tout, que de la droite et du centre, qui n’ont plus de candidat et, pour une partie d’entre eux, ont exprimé un vote protestataire : ceux là s’abstiendront. Dans cette perspective, la parution de sondages trop favorables à Nicolas Sarkozy pourrait affaiblir la mobilisation de ceux qui votent pour lui de raison.
C'est pourquoi, quoi qu'en dise la presse, ce n’est pas Bayrou qui arbitrera le scrutin, mais bel et bien l’abstention.
10:25 Publié dans Présidentielles 2007 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Politique, Présidentielles 2007, UMP, Sarkozy, UDF, Bayrou, PS
25.04.2007
Quel avenir pour le centre ?
On le sait, depuis dimanche, François Bayrou envisage de capitaliser son score à l’élection présidentielle par la création d’un grand parti. C’est ce qu’il devrait annoncer cet après-midi lors de sa conférence de presse.
Dans le même temps, pris par sa stratégie anti-Bayrou depuis qu’il est à la tête du parti, Nicolas Sarkozy ne peut conclure un accord de personnes, et doit se contenter de draguer ses électeurs tout en envoyant discuter les Bayrou-compatibles.
Sa dernière idée en date : créer lui aussi, par sous-marin centriste rallié à l’UMP, un pôle centriste, qui regrouperait alors les UDF ralliés à Nicolas Sarkozy.
Sur la forme, l’idée reste très vague, mais sera de toutes façons suivie de très près par les adhérents de l’UMP, dans toutes leurs composantes. En effet, faute d’avoir instauré les courants pourtant statutairement prévus, le parti majoritaire apparaît très verrouillé, et les différentes sensibilités se plaignent de manière récurrente de ne pas pouvoir s’exprimer. Si l’UMP valide la création sous marine d’un parti centriste pour rallier les électeurs de l’UDF, il est à peu près certains que cela donnera des idées à d’autres tendances, et notamment aux libéraux.
Il est fort intéressant de voir aujourd’hui ces deux projets à destination des électeurs centristes co-exister dans cet entre-deux tours. Car qui sont les 18,57% de Bayrou ? A coup sûr, pas uniquement des centristes. Ne serait-ce que parce que côté droite, on retrouve une partie du corps électoral des libéraux et des écologistes de droite, qui avaient appelés à voter Bayrou.
L’UMP, lors de sa création, avait toute les cartes en main pour faire disparaître cette force politique. En choisissant de ne pas présenter de candidat UMP dans les circonscriptions gagnables par l’UDF, l’UMP avait permis au parti de François Bayrou de survivre, et même suffisamment pour constituer un groupe à l’Assemblée nationale. Cette attitude noble d’Alain Juppé avait été largement décriée au sein de l’UMP naissante, essentiellement par ceux qui avaient une vision hégémonique de la droite.
Sur la législature 2002-2007, François Bayrou, revigoré par le fait d’avoir un groupe parlementaire, s’était alors démarqué de la majorité, en marquant son opposition constante à la politique menée par les gouvernements Raffarin et Villepin, notamment en ne votant pas le budget et certains textes de loi. Cette attitude avait été interprété comme le franchissement ligne le séparant de la majorité. Nicolas Sarkozy , devenu président de l’UMP, avait adopté une attitude plus radicale vis-à-vis du leader centriste.
Aujourd’hui, fort de ses 31%, et bien positionné pour le second tour, Nicolas Sarkozy entend bien faire payer à François Bayrou ses cinq années passées dans l’opposition. Suffisamment sûr de lui, le président de l’UMP sait que la plupart des électeurs historiques de François Bayrou lui apporteront naturellement leur suffrage.
De son côté, François Bayrou sait qu’il ne peut conclure d’accord avec le candidat de l’UMP, et qu’il doit impérativement aller vite pour capitaliser son score. En effet, Nicolas Sarkozy ne lui fera aucun cadeau et surtout pas dans la législative qui s’annonce.
Si François Bayrou peut espérer jouer de la menace des triangulaires, ayant fait un score supérieur à 12,5% dans plus de 400 circonscriptions, il sait également que cette partie recèle beaucoup de bluff : les électeurs centristes sont plus enclins à voter utile au second tour, ne serait-ce que par habitude, que les électeurs du FN. Aussi il est peu probable que François Bayrou parvienne à refaire le coup de 1997, où le FN avait fait perdre au RPR environ 70 circonscriptions.
En effet, le score du centre UDF lors des législatives sera très certainement inférieur à celui réalisé par François Bayrou lors de la présidentielle. Sur cette élection locale, les électeurs reviendront naturellement à leur électorat. D’autant plus qu’ils savent qu’avoir quelques députés ne permet pas d’infléchir sur la politique gouvernementale, sauf en cas de majorité plurielle.
Si François Bayrou n’a pas d’autre choix que de tenter la pérennisation du mouvement engagé en sa faveur par la création d’une structure qui rassemblerait plus largement que l’UDF actuelle, Nicolas Sarkozy, lui, joue une autre partition. Disposant déjà d’un large parti, son intérêt est essentiellement de diviser, pour affaiblir le « centre Bayrou », et récupérer un maximum de voix au compte de l’UMP.
Finalement, ce sont les centristes politiques qui ont le plus de pression : Bayrou pour transformer l’essai, et les députés UDF élu en 2002 pour espérer conserver son siège. Nicolas Sarkozy, en position de force, a bien mis les choses au point : il soutiendra les députés UDF qui se seront ralliés à lui. Autrement dit, les récalcitrants auront un candidat UMP face à eux.
Dans cette partie de poker, qui de François ou de Nicolas aura le dernier mot ? Le combat ne fait que commencer…
10:35 Publié dans Centre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Politique, Présidentielles 2007, Législatives 2007, UMP, Sarkozy, UDF, Bayrou
24.04.2007
Pour ou contre Sarkozy ?
Le Figaro nous explique gentiment ce matin que 2/3 des électeurs de Nicolas Sarkozy ont voté pour lui par adhésion, contre une courte majorité des électeurs de François Bayrou, et un tiers seulement des électeurs de Ségolène Royal.
A priori on pourrait se dire, à la lecture de ce commentaire, « tiens, Nicolas Sarkozy convainc ». Sauf que justement, c'est une lecture hasardeuse, car ça ne fait jamais que 20% des votants. Il reste donc à réunir un minimum de 30% d'électeurs non convaincus. Pas si simple !
Si Ségolène Royal, en dépit de son piètre programme, parvient à réunir 2/3 d'électeurs contre Sarkozy, il y a fort à parier que dimanche, ceux-ci feront de même. Quand à Bayrou, la moitié de ses électeurs, selon ces mêmes sondages, proviendrait également d'un vote « Tout sauf Sarkozy ». Si tel est la réalité, cela donnerait une réserve de voix supplémentaire à Ségolène Royal, qui disposerai ainsi des 36% de voix de gauche, ainsi que des 9% de Bayrou, soit 45%.
En théorie –et c'est bien le calcul du Figaro- Nicolas Sarkozy devrait l'emporter, avec 53 à 55% des voix. Si le combat paraît, sur le papier, bien engagé pour Sarkozy, n'oublions pas que la gauche et Bayrou ont parfaitement su mobiliser les anti-Sarko –et le vote des banlieues en faveur de Royal le démontre- ce que logiquement la gauche devrait reproduire au second tour.
Inversement, à droite, les électeurs qui n'ont pas voté « utile » dès le premier tour devraient, pour une partie, s'abstenir. En effet, il y a fort à parier qu'une partie des électeurs du FN, déçus du score de Le Pen, qui lui-même s'est estimé spolié de ses voix, ainsi que des électeurs de De Villiers, ne se déplacent même pas aux urnes… ce qui ferait alors artificiellement monter la gauche.
La gauche, y compris chez les extrêmes, ayant appelé à voter Royal pour faire barrage à Sarkozy, la clef du scrutin réside désormais chez les centristes et électeurs des autres candidats de droite. Sarko y dispose d'une bonne réserve de voix. Le seul risque, pour lui, réside finalement dans l'abstention, qui pourrait artificiellement faire monter la gauche.
23:10 Publié dans Présidentielles 2007 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Politique, Présidentielles 2007, UMP, Sarkozy, UDF, Bayrou, PS


