15.05.2007

Libéralisme et interventionnisme

Les libéraux ont toutes les raisons de craindre Nicolas Sarkozy. Le nouveau président, élu par les Français, a souvent été qualifié d’ultra libéral par la gauche, qui sur ce plan fait preuve soit d’une vilaine mauvaise foi, soit d’un manque de culture politique évident. Car Nicolas Sarkozy n’est pas libéral, mais totalement interventionniste.

Pendant le dernier quinquennat, il était numéro deux du gouvernement, et ministre d’Etat. Ou plus tôt, il était des tas de ministres. Rappelez vous : ministre d’intérieur, mais en même temps, il est intervenu dans la réforme des retraites (le rapport avec l’intérieur ?) ou encore la réforme de l’éducation nationale (le rapport avec l’intérieur ?).

Puis il est passé à Bercy, le ministère des Finances. Et là, c’est au sens économique qu’il a démontré son interventionnisme… en augmentant le rôle de l’Etat dans l’économie. Parmi ses faits de guerre, il a obligé la grande distribution à limiter ses marges pour ne pas augmenter les prix. En dépit de la loi du marché. Comme libéral, on fait mieux.

Interventionniste également dans l’UMP, qu’il ne préside plus, mais à laquelle il impose une énième réforme des statuts, destinée à lui assurer la mainmise totale sur cet appareil… fusse au prix de la suppression de la démocratie au sein de cette instance. Soit disant pour ne pas avoir d’opposition interne.

Pourtant, l’UMP a été totalement solidaire du gouvernement dès sa création, en 2002, et elle a très fidèlement soutenu les réformes de Raffarin en 2003, notamment celle des retraites. Comme quoi, c'est possible. Bizarrement, elle ne l’a plus été à compter de fin 2004… et de son élection. Qui n’a pas été solidaire du président de la République ? Nicolas Sarkozy. Il marque là son manque de confiance vis à vis de son propre camp. Intéressant comme conception du pouvoir... Intéressant.

Enfin, et c’est encore plus embêtant, il est interventionniste dans le domaine des médias. Président de l’UMP ou président de la République, il n’hésite pas à appeler ses amis patrons des grands groupes de presse écrite et audiovisuelle, ou à faire appeler les rédactions, pour ne pas faire paraître les infos qui dérangent. Comme le fait que sa femme se balade publiquement avec un autre homme, ou qu’elle n’ait pas voté (et donc pas voté pour lui).

Eh oui, Nicolas Sarkozy, après avoir usé et abusé de l’utilisation de la presse pour faire parler de lui, en mettant en avant sa famille, il ose se plaindre que son statut de personne publique le rende vulnérable à la diffusion d’informations relatives à celle-ci.

Pire, il se retranche derrière la notion toute relative de vie privée… cela même alors que cela reste de l’information : il reste normal que les français sachent que sa femme, à priori le personnage le plus proche de lui, n’ait pas voté pour lui. Cette atteinte à la liberté de la presse, liberté fondamentale, est inacceptable.

Cet homme, demain, sera officiellement président de la République. Ne le qualifiez plus de libéral. Vous insulteriez la liberté.

14.05.2007

Sarkozy a peur de son ombre

Nicolas Sarkozy est un petit malin. Après avoir dirigé l’opposition dans son propre camp pendant 5 ans, histoire de rafler la présidence de la République, l’ancien président de l’UMP est sur ses gardes… et verrouille toutes les instances de son parti afin que personne n’agisse comme lui l’a fait.

Ainsi, le président de l’UMP ne sera plus élu. "Nicolas Sarkozy va proposer ce lundi une modification des statuts de l'UMP. Il n'est pas utile de conserver l'ancienne structure en élisant un nouveau président qui, un jour, pourrait s'opposer à lui", explique M. Gaudin, vice président de l’UMP élu en 2004 sur le même ticket que Nicolas Sarkozy.

Evidemment cette réforme, qui sera finalement votée par le congrès à l'automne, a un objectif très clair : Nicolas ne veut pas prendre le risque qu’on lui fasse ce qu’il a fait à Chirac… Comprendre : l'ancienne structure ne servait qu'à prendre le parti... et pas question pour un autre d'imaginer faire pareil !

D'où ces changements de statuts, devenus subitement nécessaires. En effet, le mandat de président de l’UMP devait être remis en jeu dès ces jours ci lors d’un congrès, vu que nous sommes à plus de six mois (six mois et quelques jours, comme c’est ballot) du renouvellement officiel des instances, prévus originellement fin novembre 2007.

Vu que Nicolas Sarkozy n’a pas été élu tout seul, mais grâce à l’union de la majorité, cette élection aurait pu aiguiser les appétits. Donc soyons démocratiques : pas d’élection à l’UMP ! C’est décidément plus que jamais l’Union des Moutons de Panurge.

Et nous avons à la tête de l'Etat un président de la République qui ne respecte même pas les statuts de son propre parti, qu’il a lui-même modifié en janvier 2006. Tout est censé être normal. Et après on se demande pourquoi même Cécilia n’aurait pas voté pour son mari ?

09.05.2007

Quel avenir pour le MD ?

François Bayrou lancera le Mouvement Démocrate demain, jeudi 10 mai, à l’issue du conseil national de l’UDF. Et tentera de transformer l’essai de son score à la présidentielle. Alors , y aller ou pas ?

A titre personnel, je n’y crois pas. Les députés UDF sont déjà plus d’une vingtaine à avoir rejoint la majorité parlementaire : si tous sont réélus, ils pourront donc former un groupe à l’Assemblée nationale. Gilles de Robien, soutien historique de la majorité présidentielle, aurait toute légitimité à devenir leader de ce courant.

Ou de ce parti. En effet, on entend de plus en plus de voix s’exprimer pour la création d’un parti regroupant ces députés, voire reprendre l’UDF actuelle. Or, si cette hypothèse était avérée, ce serait alors la scission du centre entre UDF et MD.

Resterait-il un espace à François Bayrou ? Pas sûr… Les centristes de gauche qui n’ont pas cru en Ségolène ont tout intérêt à aller donner de la voix dans la énième tentative de reconstruction du PS, après sa troisième présidentielle perdue. Et les centristes de droite ont tout intérêt à travailler avec l’UMP pour espérer peser sur le programme du gouvernement.

Or François Bayrou est en mal de députés, et aura donc du mal à convertir le soutien obtenu à la présidentielle en un poids politique tangible. Aussi, si l’idée de rassemblement et de refondation de la vie politique prônée par François Bayrou était belle, elle n’en reste pas moins utopique, et risque d'être éphémère.

Fillon, girouette dénuée de courage politique

Comme chaque matin, je me suis plongée dans la lecture de 20 minutes, et je me suis particulièrement attachée à l’interview de François Fillon, présenté comme le futur Premier Ministre.

Je n’apprécie guère le bonhomme, un peu trop adepte à mon goût du changement de veste, ce qui pour moi marque un manque de convictions. Balladurien en 1993, Seguiniste de 1999 (avant les européennes) à la débâcle parisienne de 2001, il est devenu chiraquien en intégrant l’UEM en 2001, par pur carriérisme. Après avoir mené la réforme des retraites en 2003, il s’estimait premier-ministrable…

Las ! En juin 2005, non seulement il n’a pas obtenu Matignon, mais en plus il a été éjecté du Gouvernement. En deux secondes, il est devenu sarkozyste. Comme il le dit lui-même : « j'ai rejoint Nicolas Sarkozy quand j'ai compris qu'il était incontournable dans le parti. »

Je dirai plutôt qu’il ne l’a jamais quitté, puisqu’ils ont connu les mêmes combats politiques auprès de Balladur et de Seguin… La passe chiraquienne n’aura été qu’une parenthèse dans la vie de cette girouette inconstante à l’ambition débordante.

Si j’avais monsieur Fillon en face de moi, l’échange serait extrêmement tendu. Et pour une simple raison : monsieur Fillon n’assume pas ses choix politiques. Dans cette interview, il dit n’avoir pas supporté de voir « Chirac et Villepin se déballonner dès que la rue est dehors ».

Pour commencer, pendant sa réforme des retraites, l’UMP a lancé des contre manifs, et clairement aidé à faire passer la pilule. Il ne me semble pas qu’à ce moment là, qui que ce soit ce soit déballonné. Au contraire, la solidarité gouvernementale a joué à plein. Monsieur Fillon aurait-il la mémoire courte ?

Et puisqu’on est dans la déballonnade, parlons franchement : qui s’est a baissé son pantalon en 2005 pendant la crise du CPE ? Certainement pas Chirac et Villepin, mais bel et bien Nicolas Sarkozy. Celui qui était alors patron de l’UMP s’est prononcé contre le CPE, par pur tactique politique : il a monté les parlementaires contre le chef du gouvernement et le chef de l’Etat, pour les affaiblir, les isoler, et les obliger à abandonner le CPE… en se déclarant lui-même contre. Les parlementaires de l'UMP, moutons désireux d'être investis et de retrouver leur siège, ont suivi. Quitte à oublier d'être solidaires avec leur gouvernement, et de jouer l'opposition à plein tube.

C’est bien Nicolas Sarkozy qui a cédé à la rue, de peur que cela n’entache la présidentielle à venir. C’est lui qui n’a pas eu le service trois pièces nécessaire pour aller au bout de cette réforme. Et monsieur Fillon n’a pas le courage de l’assumer. Voilà pourquoi j’ai une très piètre image de ce politique intriguant et ambitieux, qui n’est qu’un Rastignac de plus.

03.05.2007

Débat du second tour : ambiance match de foot !

Après la petite finale, entre Ségolène Royal et François Bayrou, qui a explosé l’audimat, se jouait hier la grande finale entre Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal, en direct live sur tout plein de chaines de TV et même de radio, 35 au total ayant demandé la possibilité de diffuser. Le tout devant 20 millions de téléspectateurs. Amazing !

Comme me l’ont conseillé les états-majors de campagne de Ségolène et de Nicolas dans leurs mails, j’ai passé cette soirée de la manière suivante : devant ma télé, avec des amis. Ou plutôt, devant la télé d’un ami, avec trois de ses amis. Oui nous n’étions que cinq, c’est plus pratique pour s’entendre commenter.

Composition des équipes : à ma gauche, K-mel, un homme de gauche, à ma droite, moi de droite, et au centre, Chouchou, l’arbitre ex-droite basculé au centre, et Mick et Elé, un couple encore indécis.

Notre terrain de jeu consiste en un salon composé de deux canapés et un plasma, et une table basse dotée quelques victuailles –petit dîner top bon d’ailleurs- et ce qu’il faut de boissons à 12,5° pas plus, au-delà on est trop rapidement saoul et un soir de match –pardon de débat- ça n’a aucun intérêt.

A partir de 20h30, l’ambiance commence à monter. Chacun jauge les adversaires, devant une coupe de champagne. La joute oratoire qui s'annonce entre nous se jouera essentiellement entre K-mel et moi, pour gagner les indécis, sorte de match retour du verre que nous avions pris après le meeting de Bayrou.

Question cruciale : le choix de la chaîne pour regarder le débat. France 2 fait l’unanimité.  Le signal diffuse l’arrivée des candidats, pour un peu on nous les montrerait en train de se faire maquiller.

Fatalement, les commentaires fusent sur la tenu des uns et des autres. K-mel me convainc sans peine sur la montre de Sarkozy, trop grosse –manquerait plus que la chaine en or- mais je préfère m’attarder longuement sur le col Mao de Ségolène Royal et toute la symbolique communiste incluse dans ce choix de chemisier !

21h. Premier incident. France 2 grésille ! La mauvaise qualité de réception durera 13 minutes. Merci à Jean-Marc Morandini pour l’info –en direct sur son blog- car nous avions zappé depuis longtemps… sur TF1.

Ouverture du débat. Sur le ring, K-mel et moi nous affrontons. Objectif : faire basculer les deux indécis. Etant de droite, je défends les couleurs de ma famille politique. On s’interpelle, on balance nos chiffres, on vit intensément la joute qui les oppose et nous oppose, même si nous, nous sommes plus pragmatiques, et acceptons de reconnaître les qualités de notre adversaire et les défauts du nôtre.

Conclusion. Au terme de ces 2h40 de joute oratoire, reste l’impression d’avoir vécu un moment passionnant. La discussion a été animée entre les cinq protagonistes que nous étions, mais jamais agressive. Chacun a fait preuve d’honnêteté, et a accepté de laisser les dogmes au vestiaire.

Un mot me vient en tête : respect. Merci à eux pour cette excellente soirée : c’est comme ça que j’aime la politique ! Et chez vous, c'était comment ?

La France au rythme du Débat

Hier, 19h45. Je sors du supermarché les bras chargés de bouteilles, en prévision du débat. La soirée va être animée : pas question de tomber en panne !

Je monte dans un taxi qui me parle aussitôt de politique. Il est question de la perquisition avortée à l’Elysée. Je lui explique alors que selon moi, il est important de conserver une immunité au Chef de l’Etat sur certaines affaires, qu’aussi il est important de ne pas jeter le bébé avec l’eau du bain.

En effet, il y a quelques mois, un président a été assassiné, pendu, au terme d’un procès qu’il n’a eu cesse de dénoncer, dans la démocratie naissante de son Etat. J’aurais, à ce moment, préféré un tribunal international.

De même, dans notre histoire plus lointaine, il y a un peu plus de 200 ans, nous avons tué nos dirigeants. Ils s’appelaient Louis Capet – XVIème du nom, et Marie Antoinette d’Autriche. En plus, nous avons jeté en prison leurs enfants. Toute révolution se fait dans le sang et pour que la France devienne le pays des Droits de l’Homme, nous avons connu la Terreur, et de nombreux morts. Sans procès équitable.

Il est bon de se rappeler tout ça, et de conserver un peu de mesure : l’immunité a été instaurée sur ces bases… Le statut pénal du Chef de l’Etat a fait l’objet en février dernier d’une réforme constitutionnelle. Pour autant, il convient de conserver certains « domaines réservés ». Comme souvent, tout est question d'équilibre...

Hier toujours, 1h30. Je sors de chez Chouchou, et prends un taxi. Là encore, il me parle de politique, et évidemment du débat. La suite de cet intéressant débat n’est pas racontable publiquement, je peux juste vous dire que je me suis vraiment bien marrée… Il faut parfois être créatif pour convaincre !

Ce matin, 9h00. Je prends mon café et m’installe dans mon bureau, pour comater. Et là, une personne, puis deux, puis trois arrivent. Elles veulent débriefer le débat. Je rassemble les quelques neurones qui me restent, et m’engage dans une discussion qui durera 1h30. Si, si !

Voilà, les français se sont passionnés pour ce moment de la présidentielle. Ils étaient 20 millions devant le petit écran -3 millions de moins que pour la finale de la coupe du monde, 3 millions de plus que pour le précédent débat en 1995-, ils ont été nombreux à s’appeler au terme du débat, et encore plus nombreux à échanger leurs impressions ce matin devant les machines à café.

Qui a dit que les français se désintéressaient de la politique ?

02.05.2007

60 000 personnes pour la Madonne

Mardi 1er mai, Ségolène Royal a fait le plein au stade Charlety à Paris : selon les organisateurs, le stade, qui contient 40 000 personnes, en contenait pour l’occasion 60 000. Bon, mathématiquement, il faudra m’expliquer, car c’est évidemment impossible même pelouse et piste incluses.

Ceci dit deux jours avant le Bercy de Nicolas Sarkozy, en configuration 17 000 personnes, en contenait bien 40 000 en comptant les gens à l’extérieur. Comme si on pouvait gober qu’il y avait 23000 personnes dehors sous une pluie battante. Oui, oui, et la marmotte elle met le chocolat dans le papier d’alu…

Revenons à Ségo, qui nous prend encore plus pour des truffes. Car les personnes présentes sont-elles vraiment venues pour elle ? Pas sûr au vu de la programmation. Car au lieu d’un meeting, c’est bel et bien d’un concert qu’il s’agissait. Pendant plusieurs heures, on a vu se succéder sur la scène de nombreux artistes estampillés « nouvelle chanson française » (Bénabar, Cali, …) et "artistes engagés à gauche" confirmés (Renaud, Philippe Torreton).

Enfin au-delà de cette astuce –faire un concert pour être sûr de remplir et de faire plus que Sarko, toujours ce jeu débile et immature de « c’est moi qui ait la plus grosse »- Ségo a osé. Oui, en conclusion de son discours, elle a osé clamer, toute vêtue de blanc qu’elle était : « aimez vous les uns les autres ». Était-ce une prière, en dernier ressort ?

30.04.2007

Les pigistes américains ne manquent pas d’humour… France 2 un peu !

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Lorsque le journal de France 2 est diffusé sur le territoire américain, il est sous-titré par des pigistes locaux. Ceux-ci ont l’habitude de s'offrir quelques bonnes poilades, en rédigeant dans leurs sous titres de petites blagues censées rester entre eux.

Oui mais voilà, à la suite d’un bug, une de ces plaisanteries de potache est restée à l’antenne. Bilan : un viré ! Il paraît que ça ne se fait pas de dire que Nicolas Sarkozy a un égo surdimensionné…

Sûrement rien à voir avec le fait que ce la victime de la blague soit le futur président, ni que cet incident se soit produit sur une chaîne publique ni une quelconque connivence.

Comme il est toujours bon de se rappeler qu'on est en démocratie et qu'on peut parfois oser dire que Nicolas Sarkozy a vraiment un égo surdimensionné - ce qui d'une part est une info vérifiée, et d'autre part est un défaut commun à la plupart des prétendants à la magistrature suprême - je reprends mon Marianne !

Karcher ou pas ?

Hier, lors de son méga show à Bercy, Nicolas Sarkzy est revenu sur sa célèbre formule utilisant le mot Karcher. Pour persister et signer :

«Je ne regrette rien. Je ne regrette pas d'avoir stigmatisé celui qui est capable de tuer un petit garçon le jour de la fête des pères».

Le problème, justement, c’est que la formule employée a stigmatisé tous les habitants de la cité des 4000, et par extension, des cités. Il faut bien comprendre que ces banlieues ont mauvaise presse, et que plus on les stigmatise, plus il est difficile pour leurs habitants de trouver du travail, plus ils risquent de s’enfoncer dans la délinquance pour survivre.

Une de mes amies, autrefois parisienne, habite désormais à Mantes la Jolie, depuis la mutation de son mari à l’hôpital local. Brillante, titulaire de bons diplômes, et expérimentée, elle a toutefois deux handicaps : un nom à consonance maghrébine, et une adresse à Mantes la Jolie. Malgré ses qualités, elle n’a trouvé de travail que dans l’administration. Le Karcher et la racaille, elle les a bien senti passer.

Vouloir être franc et dire clairement les choses est un objectif que l’on ne peut pas reprocher à un homme politique. Ne pas savoir reconnaître ses erreurs lorsqu’il en fait est en revanche hautement critiquable…

Et l’extrême gauche alors ?

Ségolène Royal déclare ce matin sur France 2 que Nicolas Sarkozy "cherche surtout à capter les voix du Front national" en proposant d'introduire "un peu de proportionnelle au Sénat ou à l'Assemblée nationale". Oh le vilain Sarkozy qui serait un gros facho, voilà le sous-entendu.

Et l’extrême gauche alors ? Arlette Laguiller, José Bové, Olivier Besancenot n’ont-ils pas appelé à voter pour Ségolène Royal ? Pire, François Hollande n’avait-il pas déclaré sur France 2 le 8 juin 2006, "qu'il n'hésiterait pas à voter pour Olivier Besancenot si celui-ci se retrouvait au 2e tour face à la droite" ?

L’extrême gauche n’est pas plus fréquentable que l’extrême droite. Pour mémoire, rappelons ce qu’est la LCR, la ligue communiste et révolutionnaire, dont le leader est Olivier Besancenot.

« Communiste" et "Révolutionnaire", deux mots qui ont de quoi faire peur, après un siècle de démonstration incontestable des crimes qu'ils ont provoqué. Car la LCR ne renie rien, si ce n'est Staline, de son héritage révolutionnaire et marxiste.

Son père spirituel, Trotsky, lui a inspiré des statuts forts sympathiques, qui rappellent leur objectif : "instaurer le pouvoir des travailleurs par la révolution socialiste et abolir le capitalisme". Soit un retour au monde merveilleux de l’URSS…

Rappelons que si Hollande a joué la solidarité avec Besancenot, Sarkozy n'a jamais fait de même avec Le Pen. Aussi au jeu du plus extrême, le vainqueur n'est pas forcément celui qu'on croit... 

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