15.11.2007

Stop la grève : je me déplace à Vélib et ça fait suer !

Marre des grèves. Comme beaucoup de mes concitoyens, j’en ai assez d’être prise en otage. Voici un énième témoignage, le mien, sur les galères des travailleurs souhaitant se rendre au boulot.

Mercredi 14 novembre.

08h00. Je quitte la maison. Dehors , tout est calme. A cette heure, la rue Réaumur est traditionnellement déjà bouchée. Pour le moment… pas grand monde. Rollers aux pieds, je fais 50 mètres… avant de me raviser. Je suis certes excellente en quad mais vraiment nulle en rollers en ligne, et je n’ai pas prévu de me casser la jambe ce matin.

Direction la station Vélib la plus proche. Surprise : il reste des vélos. Enfin il reste UN vélo. Avec la selle de travers, et mes petits doigts n’arrivent pas à desserrer la manette, ça fera donc l’affaire. Je ne tergiverse pas et prends rapidement l’engin, sous les yeux de mon voisin, arrivé quelques minutes trop tard… Je lui souhaite bon courage, et c’est parti pour la grande aventure !

Première embuche 100 mètres plus loin. Comme il n’y a personne dans les rues, les camions se croient tout permis. Là, ils sont deux à boucher la route : impossible de passer… je choisis donc de rouler sur le trottoir. Première infraction !

Rue de Turbigo, rue Etienne Marcel, rue du Louvre… Pas un bus pour me coller à la roue. Ce périple devient vraiment sympa. Toute joyeuse, je m’enfile dans la cour du Louvre, et je traverse le musée, désert à cette heure. Paris est vraiment une belle ville !

Le passage du pont et l’arrivée sur la rive gauche me ramène à la dure réalité vélibienne : pas si simple de gérer les changements de voies ! Ceci dit, j’arrive détendue à Sèvres Bab : je gare mon Vélib, et je file au café rejoindre mon chauffeur pour l’étape 2 : le covoiturage.

Après un bon café et les quelques clopes qui vont avec, nous nous armons de courage pour affronter la circulation. Bonne nouvelle, c’est relativement fluide, seule la traversée de Paris est légèrement encombrée.

10h30. J’arrive enfin devant mon bureau. 2h30 de transport au lieu d’une heure, c’est toujours très agréable.

18h45. Voyage retour dans une circulation fluide jusqu’au Louvre. Par contre, la rue Réaumur est complètement bouchée.

20h15. Je suis enfin chez moi. Au total, j’aurai donc fait 4h de transport aujourd’hui. Merci qui ?

Jeudi 15 novembre.

07h30. Ce matin, j’ai décidé de partir plus tôt. Première galère : pas de Vélib dispo à la station. Fine connaisseuse du quartier, je me dis qu’il en restera bien un rue d’Aboukir.

07h45. Oui, il en reste… UN. Le pneu arrière est bien dégonflé, mais il faudra que ça suffise. Je prends tout de même le temps de coller une affichette STOP LA GREVE à l’avant de mon panier.

Arrivée au bout de la rue, je n'ai d'autre choix que de prendre la rue Saint Denis à contre-sens... J'use de la plus grande prudence et j'ajuste ma vitesse. Une personne âgée me rudoie : "eh, c'est interdit de circuler sur les trottoirs". Je lui réponds sur le même ton : "Remerciez-moi plutôt de me bouger les fesses et d'avoir les mains bleues pour aller au bureau à vélo au lieu de rester tranquillement au chaud dans mon lit, c'est ce qui permet de payer votre retraite !".

Certains ne comprennent pas que nous autres, usagers des transports en commun, nous n'avons pas forcément l'habitude de pratiquer Paris à vélo ou en voiture, et donc, nous n'avons pas tous en tête les sens interdits... Les jours de grève, peut être vaudrait-il mieux être un peu souples, surtout que nous autres, trentenaires, nous savons bien que jamais nous ne toucherons ces pensions. Alors qu'on ne nous saoule pas !

C’est devant le Forum des Halles que je trouve enfin une autre station. Je rends le vélo-dont-le-pneu-est-encore-plus-à-plat, et je me paie le luxe de choisir le suivant. Un autre Vélibeur en descend gentiment la selle. Merci les mecs, c’est sympa d’aider les Vélibettes !

Je savoure mon bonheur de pédaler en repassant à l’intérieur du Louvre. Pour un peu, je m’arrêterais au Café Marly. Je poursuis mon chemin en chantonnant. Toujours pas de bus aux fesses, ambiance détendue…

08h15. Après ma petite demi-heure de sport, me voilà pile poil à l’heure au rendez-vous avec mon chauffeur. On se prend un petit café, et c’est parti ! Clairement, la circulation est beaucoup moins fluide qu’hier. Ca bouchonne beaucoup dans Paris, un peu moins sur le périph, et carrément pas sur l’autoroute.

10h00. Me voilà au bureau. Comme hier, j’ai mis 2h30 pour venir. C’est décidé : ce soir, je reste à Mantes la Jolie !

20.10.2007

Otage(s)

Ce vendredi 19 octobre, comme des centaines de milliers de franciliens, j’ai été prise en otage par une minorité de nos concitoyens : les grévistes des transports publics.

Selon les médias, peu de syndicats reconduisaient la grève d’hier, et il ne fallait s’attendre qu’à quelques perturbations, le temps que le trafic reprenne, essentiellement parce que la grève s’arrêtant à 8h ce matin, il fallait du temps aux équipes de maintenance pour reprendre le service… et mettre les trains à quai. Soit.

Je vous passe la complexité de savoir si j’avais un train ou non ce matin. Le site de la SNCF était saturé, et la ligne téléphonique… était certes mise à jour en temps réel, mais il a fallu attendre 23h30 pour savoir que j’avais un train à 9h15. Super.

Aucun train n’était annoncé pour rentrer le soir, mais j’ai bêtement pensé que les infos arriveraient plus tard dans la journée. Grave erreur ! Curieusement pourtant, c’est en effet ce soir que j’ai vécu une vraie galère.

Après avoir checké le site de la SNCF une dernière fois, j’ai vu que j’avais un train Mantes la Jolie Paris à 18h12. Raisonnable… Je suis partie en avance, échaudée par la dernière grève où les trains partaient en avance (si, si !) et je suis arrivée à la gare à 17h30. Surprise : aucun train n’était annoncé pour Paris…

Je me suis rabattue sur le car Express A14, qui va de Mantes la Jolie à La Défense. Deuxième erreur : ce car emprunte l’A13 puis l’A14, une autoroute payante donc généralement moins fréquentée. Ce fut le cas, jusqu’à l’arrivée sur Paris : le car a mis 1h15 pour emprunter les 3 kms de tunnel reliant Nanterre à La Défense… Le chauffeur s’est même arrêté sur la bande d’arrêt d’urgence pour satisfaire un besoin naturel, ne parvenant plus à se retenir !

Et à La Défense ? Il n’y avait aucun RER A. Comme tout le monde, je me suis dirigée vers la ligne 1 du métro, bondée comme jamais. Et j’ai fini à pieds…

Bilan : 3h de transports, au lieu de 1h habituellement. A part ça, il n’y avait pas de grève : c’était sûrement une vue de mon esprit…