02.10.2007
A gauche toute !
Pris dans l’élan de la gauchisation de son équipe, Sarkozy envisage-t-il réellement de faire entrer Manuel Valls, Jack Lang ou Julien Dray dans son équipe, comme le suggère 20 minutes dans son édition de ce soir ?
Que ce soit de l’info ou de l’intox –et je n’ai pas la réponse- cela confirme en tout cas que le Président de la République met la barre à babord. Le chantre de la communication qu’il est, doublé de ses petites habitudes de contrôler ce qui se dit dans les médias à son sujet, ne laisserait pas filtrer des rumeurs sans qu’il n’y ait un fond de vérité. Le fameux « off », information divulguée sans être divulguée, manière de donner un nonos à ronger aux journalistes fiévreux, qui ne peuvent de toutes façons rien vérifier en la matière, et ce qui laisse la possibilité de dire « mais c’était une rumeur » en cas de réaction hostile des Français.
Sarko, de ce point de vue, est un maître du buzz. La question est : que cela lui rapporte-t-il ? Si certains militants de droite croient encore que ça lui permet d’atomiser le PS, qu’ils se réveillent : Sarkozy ne s’ouvre pas à la gauche, il EST de gauche. Tendance nationaliste, mais de gauche. Et profondément étatiste : jetez un œil au budget, ça fait mal à la France…
Reste à savoir jusqu’où il poussera le curseur : n’oublions pas que Julien Dray vient de la LCR. Alors , Sarko, trotsko ? Difficile à imaginer : ce serait prendre le risque d’un vrai débordement sur la droite.
Si Le Pen paraît vieilli, usé, fatigué, laminé par son score à la présidentielle, et que Sarko parie sur l’essoufflement du FN, il faudrait peut être ne pas trop tenter l’UMP, fortement marrie de cette gauchisation constante…
Pour l’heure, ce simple buzz reste destiné à occuper les médias, en permettant qu’on parle encore et toujours de Sarko. Cependant, la rumeur est dangereuse : de plus en plus de voix s’élèvent à droite pour s’opposer à ces choix critiquables du Président.
Après avoir avalé le chapeau de la réforme des statuts de l’UMP, qui affaiblit le parti tant il a perdu en crédibilité populaire en perdant le vote des adhérents, celui-ci pourrait bien finir par s’auto-dissoudre, lorsque les militants en auront marre de ce simulacre de démocratie.
D’ailleurs, outre l’opposition interne, même les parlementaires, si prudes pendant le CPE, commencent à donner de la voix… premier signe tangible d’un réel ras-le-bol de la droite. A suivre !
17:30 Publié dans Sarkozy | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Sarkozy, UMP, PS, Gouvernement, Droite, Gauche
20.04.2007
C'est VOUS qui décidez !
Après Jean-Marie Colombani dans Le Monde d’hier, c’est Laurent Joffrin qui, par son édito "Voter = décider", dans Libération, s’est adressé aux électeurs indécis, pour les inciter à ne pas voter pour François Bayrou : « Bayrou ? C'est fou ». Cette charge s'explique par la volonté de Laurent Joffrin d'assurer un second tour Sarko-Ségo :
« Si l'on vote Bayrou, c'est qu'on décide, vraiment, de faire disparaître la gauche dès le premier tour pour la deuxième fois de suite, autrement dit de la rayer de la carte. S'il y a un message, il est clair : adieu gauche, socialisme, réforme sociale incertaine mais généreuse, lutte contre le libéralisme débridé, humanisation historique du capitalisme. Place aux gestionnaires, qui parlent avec raison de la dette et des déficits mais qui ne prévoient pas grand-chose pour les oubliés du redressement économique, si redressement il y a. Tout un pan d'histoire, défilés Bastille-République, drapeaux écarlates et chants fraternels renvoyés au musée. Mais l'avenir a parfois besoin du passé, serait-il couleur sépia. D'autant que le mandat de Royal, au second tour, ne consistera pas à rétablir le vieux socialisme. Mais à le dynamiter. »
La presse, normalement, est censé informer les lecteurs, analyser les faits, émettre des opinions. Depuis hier, elle s’estime en droit de choisir les candidats à la présidentielle, et joue sur la peur d’un 21 avril bis pour diaboliser François Bayrou, et favoriser Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy.
Attention, je ne suis pas pour la suppression des éditos et des papiers d’opinion. Simplement, quand on dit expressément aux lecteurs de ne pas voter pour un candidat, on n’exprime déjà plus son choix personnel, mais on participe à une vaste opération de manipulation, en usant de la culpabilité.
Et si c’est ce que veulent les électeurs ? Et si les électeurs ne veulent pas du socialisme ? Et si ils sont de droite ? Ou du centre ? Pourquoi les diaboliser ? Il est impératif, dans une démocratie, de les laisser s'exprimer.
La presse doit respecter les institutions, qui ont donné, dans la Vème République, un choix aux électeurs autre que le bipartisme. Si François Bayrou est élu, il disposera d’une dynamique propre à lui accorder une majorité en juin prochain, et sera tout à fait apte à gouverner, contrairement à ce que répandent les médias, voix officielles des candidats du PS et de l’UMP.
La presse ferait mieux de s’interroger sur les véritables raisons pour lesquels les candidats de droite et de gauche ne font pas le plein de voix dans leur camp, car ce sont bien les deux grands partis qui, en choisissant ces candidats qui ne rassemblent pas, ont fait émerger François Bayrou.
Qu’a fait la presse au moment des primaires au PS et à l’UMP ? Elle a surmédiatisé Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal, qui ont ensuite été désignés, justement parce qu’ils apparaissaient, dans la presse, comme les seuls capables de faire gagner leur camp.
La presse est co-responsable, avec les deux grands partis, de la situation qu’elle dénonce aujourd’hui. Alors ne vous laissez pas manipuler une fois de plus. Dimanche 22 avril, exprimez votre voix : c’est VOUS qui décidez !
15:45 Publié dans Présidentielles 2007 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Présidentielles 2007, gauche, droite, médias, Bayrou, Sarkozy, Royal
17.04.2007
A droite ou ... à droite ?
François Fillon serait dans la short-list, dit-on, pour être Premier Ministre. Ca n’est pas une info car depuis qu’il n’a pas été pris dans le Gouvernement Villepin, il ne vit plus que pour ça. Lui qui avait tourné sa veste de balladurien au profit de Chirac, il n’a pas supporté d’être éjecté du Ministère de l’Emploi… et le naturel est revenu au galop : il est redevenu sarkozyste.
Tout content de viser le poste de Premier Ministre –Monsieur a une haute opinion de lui-même mais oublie qu’il n’y a pas de place pour deux égos au pouvoir, ce qui pourrait lui coûter la place et favoriser Claude Guéant- Fillon balance des skuds à tout va.
Le problème, c’est qu’il oublie de viser, et ça donne souvent un vaste n’importe quoi. La preuve par l’exemple, avec cette déclaration hier à Bordeaux :
"Je ne crois pas que l'on puisse dire que Nicolas Sarkozy mène une campagne droitière. Sa force est de s'appuyer sur un langage de vérité. Il a décomplexé la droite par rapport à des valeurs et des convictions qu'elle ne mettait plus suffisamment en avant".
Si je comprends bien, Sarko ne mène pas une campagne « droitière » donc de droite, il est décomplexé à droite, ce qui n’est pas la droite ?
Dis donc François, va falloir s’assumer un peu… Peut être même se décomplexer…
16:15 Publié dans Présidentielles 2007 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Présidentielles 2007, droite, Sarkozy, Fillon
10.04.2007
Sondages ou statistiques ?
Pour pimenter le jeu, on peut toujours regarder les résultats des élections précédentes et là, le tableau n’est plus du tout le même. Rappelez-vous…
En 1995, Nicolas Sarkozy est porte parole d’Edouard Balladur… qui n’est pas qualifié pour le second tour : Jacques Chirac est élu président de la République.
En 1999, Nicolas Sarkozy est tête de liste pour les élections européennes avec Alain Madelin : héritant du plus mauvais score jamais enregistré par le RPR (malgré la fusion avec DL mais sans le RPF de Pasqua), il gardera longtemps le sobriquet de « Monsieur 12% ».
En 2004, Nicolas Sarkozy, pourtant sollicité, refuse de prendre la tête de liste de l’Ile de France pour les élections régionales, qu’il laisse à Copé. Peur de perdre ? Malgré les bandeaux « avec Nicolas Sarkozy », collés sur tous les panneaux officiels, pas d’effet Sarko lors du vote : la région reste à gauche…
Et en 2007 ?
Qui des sondages ou des statistiques feront l’Histoire ?
Si personne ne peut l’anticiper, vous pouvez tous participer : à la Politic Academy, c’est vous qui décidez !
14:00 Publié dans Présidentielles 2007 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Présidentielles 2007, gauche, droite, Bayrou, Sarkozy, Royal
19.10.2006
Pourquoi la Droite a toutes les chances de l'emporter en 2007
Historiquement, la France est foncièrement un pays de Droite.
Chaque vague rose a d’abord été déterminée par une volonté d’alternance, puis la conséquence d’un vote sanction.
En 1981, les électeurs ont ainsi mis un terme à 33 ans de pouvoir ininterrompu de la Droite, depuis le début de la Vème République... et avec l'aide non négligeable d'une partie de la Droite !
Mais l’accession de la gauche au pouvoir a eu des effets dévastateurs sur l’économie, en creusant le déficit budgétaire de manière dangereuse. Ce qui n'a pas plus aux français… et a permis le retour de la Droite en 1986, pour deux ans. Disposant de peu de temps pour agir, et d’une actualité peu favorable (Ouvéa notamment), la Droite n’a pu confirmer aux présidentielles de 1988.
De retour au pouvoir en 1993, elle a par contre confirmé en 1995, avant de se voir une nouvelle fois envoyée au tapis en 1997, pour deux raisons : la dissolution, illisible aux yeux des français qui n’y ont vu qu’une magouille, et le maintien d’un Premier ministre mal aimé, a généré leur défiance.
Mais les français, s’ils usent du vote protestataires, n’en restent pas moins majoritairement de droite. C’est ainsi qu’en 2002, ils n’ont pas hésité à renouveler leur soutien au président sortant… et aux autres franges de la droite, parlementaire ou non.
PS : Les candidats à la candidature sont trop différents pour espérer incarner le projet du PS
Quel point commun y-a-t-il entre Ségolène Royal, Laurent Fabius et Dominique Strauss-Kahn ?
Ces trois candidats marquent le grand écart entre la ligne très à gauche du PS, incarnée par Laurent Fabius, et le socialisme à la limite du centre gauche de Dominique Strauss-Kahn, Ségolène Royal incarnant quant à elle le néant.
C’est d’ailleurs cette dernière qui sort des sondages, comme si elle était l’incarnation parfaite du vide intersidéral du projet du PS, fait de bric et de broc, mais sans réelle ligne directrice en ce qui concerne la conduite de l’Etat.
Comment, alors, séduire les français ?
L’UDF a pris un virage à gauche
Le parti de François Bayrou a fait le choix, a plusieurs reprises, de ne pas soutenir la majorité gouvernementale, notamment en appelant à voter, pour la deuxième année consécutive, contre le Budget. Ce qui est l’acte déterminant le positionnement des partis entre majorité et opposition.
Politiquement, l’UDF s’est donc placée dans l’opposition, du moins au niveau national. Ce choix est tellement symbolique que le CSA a même décidé de décompter son temps de parole sur celui de l’opposition, et non plus sur celui de la majorité comme c’était jusqu’alors le cas.
Au niveau local, la situation est différente, l’UDF continuant de s’allier à la Droite. Ceci dit cela reste un jeu stratégique, car il vaut mieux, pour ce petit parti, disposer d’une alliance permettant de sauver quelques sièges, que d’être identifié dans l’opposition au risque de se faire avaler par les deux grands partis de droite et de gauche, et de ne plus exister.
2007 permettra d’évaluer comment les français réagissent à cette dualité antinomique… Si la France décide de classifier l’UDF à gauche, alors ce sera un petit candidat de plus sur cette partie de l’échiquier politique… ce qui fera les affaires de la droite.
Quoi qu’il en soit, le parti de François Bayrou, de par cette illisibilité, ne peut espérer gagner des voix : au mieux, il gagnera d’un côté ce qu’il aura perdu de l’autre. Au pire, il sera décrédibilisé et perdra tout simplement des suffrages.
Et la droite dans tout ça ?
Dans cette configuration, où les autres partis sont affaiblis de par leurs choix stratégiques, la Droite a toutes ses chances d’être bien placée au premier tour, et de pouvoir l’emporter au deuxième.
Et y compris avec deux candidats. En effet, avoir deux candidats pourrait permettre un recul du FN, qui bénéficierait à Sarkozy, alors que les voix du centre et du centre-gauche pourraient se rallier à un candidat chiraco-villepiniste qui ne croirait ni en Bayrou ni en Royal, comme en 2002.
Selon moi, deux candidatures de la droite parlementaire ne sont toutefois pas souhaitables, car rien ne sert de tenter le diable, l’opinion étant volatile et exprimant ses positions de manière souvent inattendue.
Cependant, le risque n’est pas aussi grand que le disent certains candidats, et la diabolisation vise surtout à asseoir la légitimité d’un candidat qui n’a rien d’évidente.
Aussi il faut être très prudent à ne pas jouer sur les peurs pour imposer une pensée unique qui impose un homme et non un projet : si la droite veut s’unir, le candidat parti depuis déjà deux ans devra obligatoirement faire d’importantes concessions, notamment en terme de projet, car la situation actuelle ne rend pas inenvisageable une seconde candidature plus politique que médiatique, y compris du « tenant du titre ».
18:20 Publié dans Présidentielles 2007 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Présidentielles 2007, gauche, droite, Bayrou, Sarkozy, Royal


