15.05.2007
Z’avez signé votre papier ?
Si vous êtes député et centriste, vous avez intérêt quasiment tous pris le « contrat Sarkozy », une assurance-vie spéciale pour députés centristes, qui vous assurera l'entrée au Palais Bourbon pour les cinq années à venir.
Ce contrat vous promet
- d’être élu : vous n’aurez pas de député UMP en face de vous, et ce même si Sarkozy avait promis de tuer l’UDF et de mettre systématiquement un candidat UMP face à un candidat UDF ; c’était il y a longtemps, et tant pis si c’est parce que Juppé ne l’a pas fait en son temps que Sarkozy l’a autant méprisé, maintenant qu’il est confronté aux réalités tout change…
- d’avoir un groupe à l’assemblée nationale : enfin si vous êtes au moins 20, ce qui est le cas, et ce même si l’objectif premier de Sarkozy quand il a pris l’UMP était de justement ne jamais avoir de groupe centriste face au groupe UMP
Bon, comme toutes les assurances, il faut lire les petites lignes tout en bas du contrat. Je les ai étudiée précisément pour vous
- contrôle de vos votes personnels : le papier que vous signez vous oblige à voter comme le groupe « majorité présidentielle » sur toutes les lois et bien évidemment le budget
- groupe verrouillé et donc inutile : puisque vous devez voter comme le groupe majoritaire, vous ne faites qu’accorder du temps de parole supplémentaire au groupe UMP
Juste une question : pourquoi ne pas prendre votre carte directement à l’UMP ? Ces engagements ne sont pas demandés à leurs membres, qui conserveront une plus grande autonomie que vous. Pour 25 euros par an et une quote part d'élu, vous gagnerez en autonomie.
En d’autres termes, l’identité de centriste vaut-elle mieux que votre mandat personnel et impératif, et donc que votre vote en conscience ? Ou en voulez vous à ce point à François Bayrou pour ainsi jouer le vrai-faux centriste godillot à qui l’on dit ce qu’il doit voter ?
Est-ce vraiment à cela que vous pensiez quand vous avez entendu Nicolas Sarkozy promettre qu’il ferait de la politique « autrement » ? Etes vous fier d’être un (futur) élu de la Nation ou assouvissez-vous simplement votre fantasme de potiche ? Puis-je vous demander, tant qu'à faire, de me verser 10% de votre indemnité de parlementaire puisque manifestement vous êtes prêts à tout ?
Avez vous réfléchi une seconde au fait que vous pouviez refuser ce pacte démentiel, ne serait-ce que pour respecter votre mandat et vos électeurs, au lieu de baisser votre culotte de la manière la plus honteuse qui soit ? Vous me faites mal à la France !
16:35 Publié dans Législatives 2007 | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Politique, Législatives 2007, UMP, UDF, Sarkozy, Bayrou
09.05.2007
Quel avenir pour le MD ?
François Bayrou lancera le Mouvement Démocrate demain, jeudi 10 mai, à l’issue du conseil national de l’UDF. Et tentera de transformer l’essai de son score à la présidentielle. Alors , y aller ou pas ?
A titre personnel, je n’y crois pas. Les députés UDF sont déjà plus d’une vingtaine à avoir rejoint la majorité parlementaire : si tous sont réélus, ils pourront donc former un groupe à l’Assemblée nationale. Gilles de Robien, soutien historique de la majorité présidentielle, aurait toute légitimité à devenir leader de ce courant.
Ou de ce parti. En effet, on entend de plus en plus de voix s’exprimer pour la création d’un parti regroupant ces députés, voire reprendre l’UDF actuelle. Or, si cette hypothèse était avérée, ce serait alors la scission du centre entre UDF et MD.
Resterait-il un espace à François Bayrou ? Pas sûr… Les centristes de gauche qui n’ont pas cru en Ségolène ont tout intérêt à aller donner de la voix dans la énième tentative de reconstruction du PS, après sa troisième présidentielle perdue. Et les centristes de droite ont tout intérêt à travailler avec l’UMP pour espérer peser sur le programme du gouvernement.
Or François Bayrou est en mal de députés, et aura donc du mal à convertir le soutien obtenu à la présidentielle en un poids politique tangible. Aussi, si l’idée de rassemblement et de refondation de la vie politique prônée par François Bayrou était belle, elle n’en reste pas moins utopique, et risque d'être éphémère.
11:10 Publié dans Législatives 2007 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Politique, Présidentielles 2007, Législatives 2007, Bayrou, MD, UDF
30.04.2007
Pour un véritable statut de l'élu
Dans le débat qui a opposé François Bayrou à Ségolène Royal ce samedi 28 avril, une question importante a été abordée, sur laquelle je suis en désaccord avec les deux protagonistes de cette discussion : Bayrou et Royal se sont exprimés contre l’indemnité chômage de 5 ans pour les députés battus, au motif que la durée d’indemnisation est bien plus longue que celle des français.
Tout d’abord, cette indemnité n’est perçue que tant que les députés battus n’ont pas retrouvé d’emploi. Ensuite, elle est bien évidemment dégressive, comme toutes les autres indemnités chômage. Enfin, elle n’est pas accordée systématiquement : si elle avait existé en 2002, elle n’aurait concerné qu’une trentaine de députés sur 577 députés.
En effet, cette indemnité n’est accordée qu’aux élus qui n’ont pas d’autres revenus, et qui subissent une perte conséquente. N’oublions pas que certains cas sont dramatiques : sur la précédente législature, certains battus se sont retrouvés du jour au lendemain au RMI. Et ont ainsi divisé leur revenu mensuel par 10. L’accepterait-on pour n’importe quel autre catégorie de travailleur ? Non.
Il faut rester honnête : un député qui travaillait dans une entreprise ne retrouve pas forcément facilement du travail, justement parce qu’il a été élu. Il subit alors un préjudice pour avoir accepter de s’investir dans la vie politique, contrairement aux élus issus de la Fonction publique qui eux, retournent automatiquement dans leur précédent emploi lorsqu’ils sont battus.
Si l’on veut moderniser la vie politique, il est indispensable de s’intéresser à cette question : en supprimant cette indemnité, il sera à nouveau difficile de trouver des candidats venant de toutes les origines professionnelles.
Supprimer cette indemnité, c’est prendre le risque de se retrouver à nouveau avec une assemblée dotée d’une surreprésentation de fonctionnaires et de professions libérales, c’est à dire en total décalage avec les préoccupations des français.
09:50 Publié dans Présidentielles 2007 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Politique, Statut de l'élu, Présidentielles 2007, UMP, Sarkozy, UDF, Bayrou
27.04.2007
Sarkozy brouille son image
Dans la partie de poker menteur qui se joue ces jours ci sur l’éventuel débat entre Ségolène Royal et François Bayrou, Nicolas Sarkozy est en train de perdre la main, à force de victimiser en criant au scandale.
Débattre avec François Bayrou n’est pas interdit. Techniquement, et au regard des règles du CSA, l’exercice reste périlleux car cela implique de laisser à Nicolas Sarkozy un temps d’antenne équivalent. Mais cela n’est pas impossible.
De même, rien n’interdit à un candidat qui ne s’est pas qualifié pour le second tour de prendre la parole dans la campagne du second tour. A l’extrême limite, François Bayrou n’y peut rien si les états-majors des deux candidats s’arrachent ses voix.
Il est même d’ailleurs plutôt sain que la démocratie soit plénière, et que les autres candidats veuillent débattre avec d’autres personnalités. C’est bien la preuve, au vu de son score, que ses électeurs ont été entendus, et il n’y a rien d’anormal à vouloir s’adresser à eux. Et il semble normal que leur leader les représente. mieux encore, tout cela respire enfin la transparence, loin des négociations habituelles cachées de l’entre-deux tours.
Ensuite, que cela ne conviennent pas à un candidat, c’est possible. Mais cela reste légal. Et d’ailleurs, peut être vaudrait-il mieux, pour être entendu de ces électeurs, éviter de crier au respect de la démocratie. Surtout quand le doute existe sur sa propre personne.
Les électeurs peuvent comprendre que le candidat de l’UMP souhaite occuper un maximum d’espace médiatique, afin de remporter la mise. Pour autant, il est totalement inaudible d’évoquer une éventuelle restriction des possibilités de débat aux seuls qualifiés pour le second tour. C’est évidemment faux, d’ailleurs les qualifiés aiment à entendre les perdants du premier tour s’exprimer en leur faveur, preuve si il en est qu’ils ont le droit de s’exprimer !
Caricaturer ainsi la démocratie sonne terriblement faux. Pire, ces mots peuvent être interprétés comme un rejet des électeurs ayant voté pour l’un des douze autres candidats… ceux là précisément qu’il faut convaincre.
Nicolas Sarkozy a donc tout faux dans cette démarche. Déjà handicapé par son refus de participer au débat sur internet proposé en amont du premier tour, et au lieu de poursuivre sa stratégie première, qui consistait à envoyer au feu les vétérans de l’UMP, réputés « sages », tel qu’Alain Juppé, il retombe à nouveau dans la caricature du candidat psychorigide, en laissant parler les Copé, Bertrand et autres Fillon, tous plus agressifs les uns que les autres.
Résultat, les socialistes n’ont plus qu’à jouer la partition du « Tout Sauf Sarkozy », un message très porteur au sein de l’électorat de François Bayrou. L’ex-candidat centriste rejoint d’ailleurs le concert, en enfonçant lui-même le clou sur la dangerosité de Sarkozy à chacun de ses passages médias.
Bilan, Nicolas Sarkozy, en deux jours, a perdu l’image d’un homme apaisé et changé qu’il avait tenté de se constituer. Et apparaît à nouveau comme un petit dictateur, nerveux, omnipotent, et sans la moindre envie de débattre avec qui que ce soit. Un tableau peu réjouissant… et donc qui le dessert.
16:05 Publié dans Présidentielles 2007 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Politique, Présidentielles 2007, Sarkozy, Bayrou, UMP, UDF
26.04.2007
Bayrou superstar
Depuis dimanche, les médias et les politiques s’arrachent François Bayrou. Fort de ses 18,57%, le candidat centriste, en réussissant à fédérer les électeurs non convaincus par les deux grands partis, a multiplié son score de 2002 par 2,5.
Longtemps boudé par les médias, il en est devenu la star, en mettant savamment en scène sa stratégie de second tour. Si chacun savait qu’il annoncerait la création d’un grand parti démocrate, et se doutait qu’il ne donnerait aucune consigne à ses électeurs -ceux-ci étant trop disparates- toute la presse était aux aguets pour guetter les éventuels signes de ralliement à l’un ou à l’autre.
En bon client, Bayrou a consciencieusement tâclé Nicolas Sarkozy, et mis une petite pichenette à Ségolène Royal. Mais personne ne connaitra son choix personnel pour le second tour… qu’il pourrait toutefois éventuellement révéler. Restez branchés, François a un espace médiatique, autant faire durer le plaisir !
Enfin plaisir, pas pour tout le monde. Si Ségolène y croit –a-t-elle vraiment le choix ?- Nicolas, lui, s’agace de la situation. Le candidat de l’UMP, friand de médias, bout de devoir partager son espace médiatique avec un candidat non qualifié. Et n’a pas manqué de le rappeler hier sur TF1.
Il est vrai que la situation n’est pas rose pour Sarkozy. Son score du premier tour le place comme favori pour le second tour. Néanmoins, le pire ennemi de Sarkozy reste lui-même, et il continue de se jouer des tours.
Ses relations passées avec François Bayrou explique que celui-ci ne perde pas une occasion de le tâcler, de la tentative de tuer l’UDF dès son accession à la présidence de l’UMP, ou encore, comme le révèle le quotidien Sud-Ouest, au deal qu’il a proposé à Bayrou pour faire de l’anti-Chirac.
Heureusement pour lui, Sarkozy conserve une crédibilité supérieure à celle de Ségolène Royal pour être Chef de l’Etat. La candidate socialiste ne convainc pas sur son programme… et d’ailleurs plus personne n’évoque le projet socialiste.
Sa campagne de second tour se résume à proposer un catalogue des personnes qui pourraient figurer à ses côtés pour faire oublier qu’elle serait présidente. Après la proposition de ministres UDF -du jamais vu sous la Vème République- il se murmure dans les couloirs qu’elle prendrait pour Premier ministre… DSK !
A ce stade, Sarkozy n’a pas perdu le leadership sur cette élection, et reste en passe de gagner le 6 mai. Son état-major n'affiche aucun triomphalisme et préfère miser sur la prudence. Quoi qu'il en soit, le calcul du report des voix est de toutes façons extrêmement complexe, eu égard à l’exceptionnelle participation à ce scrutin.
Si d’ordinaire la participation augmente au second tour, il devrait y avoir cette année une mobilisation plus importante de la gauche y compris extrême, qui joue son va-tout, que de la droite et du centre, qui n’ont plus de candidat et, pour une partie d’entre eux, ont exprimé un vote protestataire : ceux là s’abstiendront. Dans cette perspective, la parution de sondages trop favorables à Nicolas Sarkozy pourrait affaiblir la mobilisation de ceux qui votent pour lui de raison.
C'est pourquoi, quoi qu'en dise la presse, ce n’est pas Bayrou qui arbitrera le scrutin, mais bel et bien l’abstention.
10:25 Publié dans Présidentielles 2007 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Politique, Présidentielles 2007, UMP, Sarkozy, UDF, Bayrou, PS
25.04.2007
Quel avenir pour le centre ?
On le sait, depuis dimanche, François Bayrou envisage de capitaliser son score à l’élection présidentielle par la création d’un grand parti. C’est ce qu’il devrait annoncer cet après-midi lors de sa conférence de presse.
Dans le même temps, pris par sa stratégie anti-Bayrou depuis qu’il est à la tête du parti, Nicolas Sarkozy ne peut conclure un accord de personnes, et doit se contenter de draguer ses électeurs tout en envoyant discuter les Bayrou-compatibles.
Sa dernière idée en date : créer lui aussi, par sous-marin centriste rallié à l’UMP, un pôle centriste, qui regrouperait alors les UDF ralliés à Nicolas Sarkozy.
Sur la forme, l’idée reste très vague, mais sera de toutes façons suivie de très près par les adhérents de l’UMP, dans toutes leurs composantes. En effet, faute d’avoir instauré les courants pourtant statutairement prévus, le parti majoritaire apparaît très verrouillé, et les différentes sensibilités se plaignent de manière récurrente de ne pas pouvoir s’exprimer. Si l’UMP valide la création sous marine d’un parti centriste pour rallier les électeurs de l’UDF, il est à peu près certains que cela donnera des idées à d’autres tendances, et notamment aux libéraux.
Il est fort intéressant de voir aujourd’hui ces deux projets à destination des électeurs centristes co-exister dans cet entre-deux tours. Car qui sont les 18,57% de Bayrou ? A coup sûr, pas uniquement des centristes. Ne serait-ce que parce que côté droite, on retrouve une partie du corps électoral des libéraux et des écologistes de droite, qui avaient appelés à voter Bayrou.
L’UMP, lors de sa création, avait toute les cartes en main pour faire disparaître cette force politique. En choisissant de ne pas présenter de candidat UMP dans les circonscriptions gagnables par l’UDF, l’UMP avait permis au parti de François Bayrou de survivre, et même suffisamment pour constituer un groupe à l’Assemblée nationale. Cette attitude noble d’Alain Juppé avait été largement décriée au sein de l’UMP naissante, essentiellement par ceux qui avaient une vision hégémonique de la droite.
Sur la législature 2002-2007, François Bayrou, revigoré par le fait d’avoir un groupe parlementaire, s’était alors démarqué de la majorité, en marquant son opposition constante à la politique menée par les gouvernements Raffarin et Villepin, notamment en ne votant pas le budget et certains textes de loi. Cette attitude avait été interprété comme le franchissement ligne le séparant de la majorité. Nicolas Sarkozy , devenu président de l’UMP, avait adopté une attitude plus radicale vis-à-vis du leader centriste.
Aujourd’hui, fort de ses 31%, et bien positionné pour le second tour, Nicolas Sarkozy entend bien faire payer à François Bayrou ses cinq années passées dans l’opposition. Suffisamment sûr de lui, le président de l’UMP sait que la plupart des électeurs historiques de François Bayrou lui apporteront naturellement leur suffrage.
De son côté, François Bayrou sait qu’il ne peut conclure d’accord avec le candidat de l’UMP, et qu’il doit impérativement aller vite pour capitaliser son score. En effet, Nicolas Sarkozy ne lui fera aucun cadeau et surtout pas dans la législative qui s’annonce.
Si François Bayrou peut espérer jouer de la menace des triangulaires, ayant fait un score supérieur à 12,5% dans plus de 400 circonscriptions, il sait également que cette partie recèle beaucoup de bluff : les électeurs centristes sont plus enclins à voter utile au second tour, ne serait-ce que par habitude, que les électeurs du FN. Aussi il est peu probable que François Bayrou parvienne à refaire le coup de 1997, où le FN avait fait perdre au RPR environ 70 circonscriptions.
En effet, le score du centre UDF lors des législatives sera très certainement inférieur à celui réalisé par François Bayrou lors de la présidentielle. Sur cette élection locale, les électeurs reviendront naturellement à leur électorat. D’autant plus qu’ils savent qu’avoir quelques députés ne permet pas d’infléchir sur la politique gouvernementale, sauf en cas de majorité plurielle.
Si François Bayrou n’a pas d’autre choix que de tenter la pérennisation du mouvement engagé en sa faveur par la création d’une structure qui rassemblerait plus largement que l’UDF actuelle, Nicolas Sarkozy, lui, joue une autre partition. Disposant déjà d’un large parti, son intérêt est essentiellement de diviser, pour affaiblir le « centre Bayrou », et récupérer un maximum de voix au compte de l’UMP.
Finalement, ce sont les centristes politiques qui ont le plus de pression : Bayrou pour transformer l’essai, et les députés UDF élu en 2002 pour espérer conserver son siège. Nicolas Sarkozy, en position de force, a bien mis les choses au point : il soutiendra les députés UDF qui se seront ralliés à lui. Autrement dit, les récalcitrants auront un candidat UMP face à eux.
Dans cette partie de poker, qui de François ou de Nicolas aura le dernier mot ? Le combat ne fait que commencer…
10:35 Publié dans Centre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Politique, Présidentielles 2007, Législatives 2007, UMP, Sarkozy, UDF, Bayrou
24.04.2007
Pour ou contre Sarkozy ?
Le Figaro nous explique gentiment ce matin que 2/3 des électeurs de Nicolas Sarkozy ont voté pour lui par adhésion, contre une courte majorité des électeurs de François Bayrou, et un tiers seulement des électeurs de Ségolène Royal.
A priori on pourrait se dire, à la lecture de ce commentaire, « tiens, Nicolas Sarkozy convainc ». Sauf que justement, c'est une lecture hasardeuse, car ça ne fait jamais que 20% des votants. Il reste donc à réunir un minimum de 30% d'électeurs non convaincus. Pas si simple !
Si Ségolène Royal, en dépit de son piètre programme, parvient à réunir 2/3 d'électeurs contre Sarkozy, il y a fort à parier que dimanche, ceux-ci feront de même. Quand à Bayrou, la moitié de ses électeurs, selon ces mêmes sondages, proviendrait également d'un vote « Tout sauf Sarkozy ». Si tel est la réalité, cela donnerait une réserve de voix supplémentaire à Ségolène Royal, qui disposerai ainsi des 36% de voix de gauche, ainsi que des 9% de Bayrou, soit 45%.
En théorie –et c'est bien le calcul du Figaro- Nicolas Sarkozy devrait l'emporter, avec 53 à 55% des voix. Si le combat paraît, sur le papier, bien engagé pour Sarkozy, n'oublions pas que la gauche et Bayrou ont parfaitement su mobiliser les anti-Sarko –et le vote des banlieues en faveur de Royal le démontre- ce que logiquement la gauche devrait reproduire au second tour.
Inversement, à droite, les électeurs qui n'ont pas voté « utile » dès le premier tour devraient, pour une partie, s'abstenir. En effet, il y a fort à parier qu'une partie des électeurs du FN, déçus du score de Le Pen, qui lui-même s'est estimé spolié de ses voix, ainsi que des électeurs de De Villiers, ne se déplacent même pas aux urnes… ce qui ferait alors artificiellement monter la gauche.
La gauche, y compris chez les extrêmes, ayant appelé à voter Royal pour faire barrage à Sarkozy, la clef du scrutin réside désormais chez les centristes et électeurs des autres candidats de droite. Sarko y dispose d'une bonne réserve de voix. Le seul risque, pour lui, réside finalement dans l'abstention, qui pourrait artificiellement faire monter la gauche.
23:10 Publié dans Présidentielles 2007 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Politique, Présidentielles 2007, UMP, Sarkozy, UDF, Bayrou, PS
A la pêche aux voix centristes
Et c'est reparti pour un tour ! Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy se sont lancés à fond dans la campagne pour le deuxième tour : Ségo était hier soir à Valence, Sarko à Dijon.
Au rayon « politique politicienne » de notre grand magasin France, Sarko emporte la palme haut la main grâce à ce magnifique doublé : d’une part, il s’attache le soutien d’Eric Besson le soir même où Ségolène se rend dans le département de ce dernier, d’autre part, il ajoute à son pupitre un bandeau de couleur… orange centriste !
Dans le même temps, le même match se joue sur TF1. Là encore, Sarko a sortie l’artillerie lourde. Fis des Hortefeux (grillé sur la proportionnelle), Morano (tombée en disgrâce), Dati (pas assez mûre), du trio Copé, Jego, Bertrand (trop agressifs), Fillon (trop girouette), l’UMP sort des valeurs sûres et réputées calmes : et c’est Alain Juppé qui s’y colle…
Et pour cause : Alain Juppé est précisément celui qui, lorsqu’il était président de l’UMP, n’a pas tué l’UDF en ne positionnant pas, lors des législatives de 2002, des candidats UMP face au centristes susceptibles de l’emporter. Une attitude longtemps décriée par Nicolas Sarkozy, qui n’hésitait pas à se montrer extrêmement dur avec son prédécesseur, quand ce n’était pas, dans des circonstances plus off, carrément insultant.
C’est d’ailleurs le même Nicolas Sarkozy qui jurait ses grands dieux qu’il serait celui qui tuerait l’UDF en présentant systématiquement un candidat face à eux dans toutes les élections, et qu’il ne prononcerait jamais le nom de François Bayrou –« je ne parle pas de ce qui n’existe pas ».
explique tout de suite mieux pourquoi le candidat centriste ne devrait pas prendre parti en faveur de l’UMP. Et pour les accords pré-électoraux éventuels sur les législatives, aucun sarkozyste n’est apte à discuter : seuls les vieux de la vieille, les rebus d’hier, sont à même de se faire entendre des centristes qu’ils n’ont jamais négligé. En la matière, Alain Juppé est l’homme de la situation.
Au vu du score des centristes, il est désormais complètement évident pour tout le monde que la Sarkozie ne gagnera pas la présidentielle seule. Contrairement à ce que le score de 30% laisserait à penser, de prime abord, Nicolas Sarkozy n’est pas tout puissant dans son camp. Au sein de l’UMP, il a eu besoin de l’union de la droite pour réaliser un tel score, et pour gagner, il a besoin de la diplomatie des chiraquiens pour récupérer les voix des brebis égarées.
Si Sarkozy est élu le 6 mai, voilà qui présumera un scrutin intéressant pour les élections à venir à la présidence de l’Assemblée Nationale, mais aussi et surtout à la présidence de l’UMP, en novembre prochain.
11:40 Publié dans Présidentielles 2007 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Présidentielles 2007, Sarkozy, UMP, Bayrou, UDF, Juppé
23.04.2007
Où iront les voix des sexy centristes ?
Celui qui a réussi la meilleur campagne est incontestablement François Bayrou.
Grâce à ses jeunes, dynamiques et menant une campagne moderne, le candidat centriste a réussi à cristalliser sur son nom une bonne partie des indécis, de ceux qui ne parvenaient pas à mettre le bulletin Sarko ou Ségo dans l’urne.
Après cette campagne très « troisième voie », vers qui vont se tourner les électeurs ? Ils sont déjà l’objet de toutes les convoitises. Si Sarkozy tente un rapprochement via Jean-Louis Borloo et Simone Veil, les déclarations anti-Bayrou de ces derniers jours, à droite comme à gauche, risquent de laisser des traces.
François Bayrou, fort de son score, n’a aucun intérêt à donner une quelconque consigne de vote, d’autant qu’il s’agit d’un électorat réunie par les circonstances, mais composé de plusieurs groupes bien distincts :
- Le centre gauche, composé d’électeurs qui auraient voulu Strauss Kahn et qui n’ont pas cru en Royal : ceux là devrait se reporter sur la candidate socialiste
- Le centre droit, composé de l’UDF et des non convaincus par Sarkozy, un camp qui votera de raison pour le candidat UMP.
- Enfin les TSSS, tout sauf Sarko et Ségo : sans candidat au second tour, ils devraient massivement s’abstenir.
Reste à savoir quel est le poids de chacune de ses tendances parmi les 18,57% réalisés par François Bayrou…
15:20 Publié dans Présidentielles 2007 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Politique, Présidentielles 2007, UMP, Sarkozy, Bayrou, UDF
La France d’après... le premier tour
Ce matin, chacun a la mine réjouie ou triste, selon que son candidat a gagné, perdu, fait un meilleur score que prévu ou s’est enfoncé dans les limbes de la vie politique française.
En regardant la soirée électorale, j'ai décerné mes "présidentielles d'Or" pour cette édition 2007.
Le truc le plus vomitif de la soirée ? Les UMP qui scandaient « Bayrou avec nous ». Bande d’opportunistes !
Le truc qui faisait le plus pitié ? Le vote Royal dans les banlieues, clairement anti-Sarko. Même pas pro-Ségo…
Le moment le plus émouvant ? La mort du PC, laminé à 2%, encore moins qu’en 2002 où il avait fait le très mauvais score de 3,5%. Décidément Marchais manque à la vie politique française…
L’image de la soirée ? Le Pen encore plus bouledogue que jamais, qui déclare qu’il y a eu un hold-up sur les voix du FN.
La pire prestation ? Ségolène Royal : mi-madonne, mi-marianne, elle a une fois de plus annôné son discours. Tout simplement insupportable.
Le politique à claquer ? Xavier Bertrand, qui croit malin de pavoiser sur le score de Sarkozy et sa supériorité par rapport au score de Chirac en 2002. Sauf que s’il n’y avait pas eu le séisme du 21 avril 2002, Sarko n’aurait jamais fait un tel score au premier tour en 2007. Et si il avait été le candidat de la droite en 2002, il y a fort à parier que les voix de droite qui se sont retrouvées chez Bayrou lui auraient été fatales…
Le plus beau grand écart ? Eric Besson, démissionnaire du PS, qui soutient Nicolas Sarkozy. Le TSS version Ségo
Le meilleur copier/coller ? Nicolas Sarkozy interviewé par France 2 depuis sa Vel Satis...
Le meilleur titre de presse ? Balle au centre, par 20 minutes
Pronostic pour dimanche ? Les électeurs du TSSS –Tout sauf Sarko et Ségo- devraient logiquement s’abstenir. La participation devrait donc être en baisse…
14:35 Publié dans Présidentielles 2007 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Politique, Présidentielles 2007, UMP, PS, UDF, PC, Bayrou


