14.07.2007

Coup de projecteur sur les intermittents du spectacle

Après un coup de chaud lors du débat sur la réforme des retraites, la météo politique avait prédit une petite accalmie pour l’été. Las, c’était sans compter sur les intermittents  du spectacle, qui ont à leur tour repris le flambeau de la grève, pour tenter de se faire entendre. Mais pour faire entendre quelles revendications, et à qui ?

Le régime des intermittents a été mis en place, à l’origine, pour les seuls artistes. L’objet était de prendre en compte la spécificité de leur profession et de leur allouer un régime dérogatoire, afin de permettre aux artistes d’exercer leur profession, et donc de faire vivre la création. Au fil des ans, la multiplication des entreprises de spectacle, liée à l’institutionnalisation et à la professionnalisation du spectacle depuis les années 80, ont contribué à l’extension des métiers éligibles au régime de l’intermittence, et à l’explosion du nombre de bénéficiaires de ce régime.

Les partenaires sociaux, représentant le patronat et les syndicats, ont donc négocié un accord permettant de résorber en partie les problèmes de cette branche. Cet accord, signé le 26 juin, a été agréé par le gouvernement. Si les représentants syndicaux ont accepté cet accord, ils sont dépassé par leur base, qui n’entend pas voir l’ancien régime remis en cause. Désormais, qui dit réforme dit contestation, et, fidèles à cette tradition franco-française, les intermittents se sont retranchés dans leur petit village du « contre », tel des Astérix défiant leur César, pour sauvegarder des acquis qu’il faudra forcément toiletter pour maintenir le système vers ceux qui en ont vraiment besoin, à savoir les créateurs.

Désemparés, les intermittents se sont naturellement tournés vers le gouvernement, responsable désigné de tous leurs malheurs. Or ils se sont trompés d’interlocuteurs : si l'Etat doit agréer l’accord de l’Unedic, il n'a pas à intervenir dans la négociation, et encore moins à souffler aux partenaires sociaux son contenu… Les intermittents, à l’image de la comédienne Agnès Jaoui, ne semblent guère au courant de ce "détail". Comment peuvent-ils manifester sur un sujet qu’ils ne connaissent même pas ? Quelles crédibilités ont-ils à ne pas vouloir ouvrir les yeux pour se rendre compte que ce sont leurs propres représentants qui ont signés l’accord, et que si ils l’ont fait, c’est parce que la situation l’exigeait ?

En effet, face à ce problème structurel, l’immobilisme n’est pas la solution : en 10 ans, cette politique n’a permis que de creuser toujours plus le déficit, pour atteindre le niveau abyssal que plus de 800 millions d’euros. Soit près d’un quart du déficit du déficit global de l’Unedic… pour environ 100 000 intermittents, quand le nombre total de chômeurs avoisine les 3 millions. Un tel constat financier imposait une réforme, afin d’éviter la fin pure et simple du système.

A partir du moment où le déficit de cette branche atteint de telles proportions, rendant la réforme mathématiquement nécessaire, et face au manque de proposition des intéressés eux-mêmes, qui ne jurent que par l’immobilisme, on peut douter, de la pertinence de l’action des intermittents, et par conséquent de leur responsabilité citoyenne.

Dans le milieu du spectacle, tout le monde reconnaît que les abus existent. D’un côté les entreprises culturelles emploient encore trop souvent une partie de leur personnel sous le régime de l’intermittence, les déclarant pour la moitié du mois, l’autre étant payée par le chômage. Naturellement ces intermittents sont victimes du système : le milieu du spectacle étant très fermé, il est impossible de dénoncer ces pratiques, la concurrence étant rude, il est difficile de renoncer à un emploi. Et le jour où l’entreprise se sépare de cet intermittent, sa base de référence pour les indemnités n’est que de la moitié de ce qu’il a réellement travaillé.

Dans le même temps, les abus existent aussi du côté des « intermittents d’en haut », ceux qui gagnent bien leur vie. Ce sont souvent des techniciens, plus rarement des artistes. Les salaires tenant largement compte du caractère précaire de l’activité, ceux qui travaillent régulièrement peuvent et surtout ont intérêt financièrement à s’arrêter tout aussi régulièrement, et ainsi alterner période de travail et de vacances, aux frais de l’Unedic.

Dans un tel système, où chacun peut magouiller aux dépends de l’Unedic, il était évident qu’un accord interprofessionnel ne poserait pas les questions de fond, et ne pourrait trouver une solution aux vrais problèmes de ce secteur. C’est pourquoi cet accord est un début, mais ne saurait suffire.

Pour aller plus loin, il serait bon de redéfinir les intermittents du spectacle, et de limiter cette catégorisation aux seuls artistes. Les emplois connexes – techniciens, administratifs et autres fonctions qui se sont retrouvées intégrées dans le champs culturel - pourraient tout à fait dépendre du régime des  intérimaires. En effet, pour la très grande majorité d’entre eux, leur travail ne nécessite pas des mois de répétition durant lesquels ils ne sont pas rémunérés.

Couplée à l’accord existant, cette mesure pourrait réduire considérablement le déficit. Mais surtout, elle contribuerait à résorber les abus existants dans le secteur, en obligeant les entreprises à déclarer toutes les heures de leur personnel, et en incitant ces catégories à travailler plus régulièrement.

Ce sont autant de pistes de réflexions sur lesquelles devront un jour se pencher sérieusement les partenaires sociaux, s’ils veulent pérenniser ce système, et ainsi préserver ce régime, une vraie spécificité française de soutien à l’emploi des artistes, et donc à la création.

08.06.2007

Lettre à quelqu’un que j’aime

Dans les épreuves que je traverse actuellement, je me suis rendue compte que les gens réagissent très différemment. Certains amis ont pris rapidement des nouvelles, certains sont même venus très vite, m’apportant même parfois des objets qui me manquaient.

Toi, tu as réagi autrement. Tu t’es renfermé sur ta douleur. Enfin je n’en sais rien, je ne suis pas dans ta tête. Ca me fait mal et tu le sais, mais tu n’y peux rien, c’est ta réaction. Je suis passée par la peine, puis la colère contre toi.

Maintenant, je ne ressens  que le vide de ton absence. Je ne porte pas de jugement. Je te respecte, parce que c’est aussi ça, l’amitié.

L'homophobie a encore de beaux jours devant elle

Comme le révèle le quotidien 20 minutes, les Etats Unis n’ont pas hésité à nommer le docteur James W. Holsinger Jr, bien connu pour son homophobie… ministre de la Santé ! Les gays n’ont qu’à bien se tenir, ils seront bientôt accusés de tous les maux de la terre. Sodome et Gomorrhe, on peut difficilement faire plus rétro et plus con.

Mais attention, ne croyez pas que l’Europe soit préservée du phénomène anti-homos. Il y a quelques jours, le gouvernement polonais se demandaient si les Télétubbies n’étaient pas gay… Moi j’aurais bien vu Albator, tant qu’on y est… Ou le prince dans Candy.

Et la France n’est pas en reste. Nicolas Sarkozy, président de la République, était il y a encore quelques temps président de l’UMP. Il se la joue amis des homos –encore qu’il les a bien en**** sur le mariage gay-, mais le parti de droite qu’il dirigeait alors n’a pas hésité une seconde à investir aux législatives Christian Vanneste, pourtant condamné pour propos homophobes.

Et l’UMP, qui prêtant représenter la droite décomplexé, a le culot de prétendre qu’il est investi par le CNI… Faux : Le CNI est un parti associé à l’UMP, et il était tout à fait possible d’exclure le député des investitures ! Même pas capable d’assumer, c’est beau la droite décomplexée !

30.05.2007

Pourquoi j’aime Têtu

Têtu, c’est LE magazine homo. Un mensuel qui montre des garçons en couverture, et qui parlent du quotidien des hommes qui s’aiment. A priori je ne suis pas concernée. Et pourtant, j’adore ce mag. Pourquoi ?

J’aime le regard gêné du libraire lorsque je tends mon Têtu. Particulièrement à l’été, lorsque la couverture montre de jolies fesses. J’aime balancer au vendeur une petite phrase qui le fait encore plus rougir, du type « vous ne trouvez pas que ses fesses sont magnifiques ? ». J’aime placer ces gens gênés face à leur homophobie latente, et m’en amuser.

Ouvrir Têtu, c’est pour moi une vraie bouffée d’air frais. Lire le quotidien des homos, c’est se rappeler que même au XXIème siècle, la vie n’est pas simple pour eux, eux qui sont pourtant comme tout le monde. C’est aussi lire des articles de société vraiment intelligents, même si le mag tombe parfois dans les clichés gauchistes un peu trop simplistes pour une publication de ce niveau.

C’est enfin et surtout avoir accès aux meilleures critiques ciné de France. Ce magazine ne cède à aucun formatage en la matière, contrairement aux journaux spécialisés, et réalise les meilleurs écrits sur des films souvent oubliés et pourtant à découvrir. Rien que pour cela, n’importe quel cinéphile devrait s’abonner d’urgence à Têtu !

Au sommaire de ce mois-ci, un dossier très intéressant : "Sommes nous génétiquement homos ?". De quoi poursuivre le débat de la campagne présidentielle... en gardant toutefois à l'esprit que inné ou acquis, on s'en fout : depuis quand l'amour entre deux êtres consentants doit il se justifier ?

L’affaire Quitterie crucifie le Modem

Le Modem, nouveau parti de François Bayrou, avait promis de faire de la politique autrement, de faire de la place aux jeunes, d’être un exemple de liberté, blablabla…

Eh oui, c’était un gros gloubiboulga plein de n’importe quoi, de la poudre aux yeux jetés à ceux qui rêvaient d’un autre monde. Et il n’aura pas fallu longtemps pour en trouver l’illustration.

C’est arrivé ces jours ci, lorsque la jeune blogueuse Quitterie Delmas, figure emblématique de la campagne jeune de l’UDF, a été écartée des investitures… Il se murmure que d’autres nanas –Marielle de Sarnez en tête- n’avaient pas envie que la nouvelle icône leur fasse de l’ombre. Et pour cause...

Exit  donc la pourtant légitime Quitterie, mais exit avec la crédibilité du Modem. Quand je vous disais que c’était du bluff…