27.05.2007
What else ?
Toute la journée, j’ai regardé l’Equipe TV. A tel point que j’ai une overdose de sport. Logique. Par contre, moins logique, je n’ai pas du tout d’overdose de la pub Nespresso qui passe en boucle sur cette chaîne. Car j'aime Georges Clooney.
Il y a 7 ans, en 2000, il était à Cannes pour présenter O Brother des frères Coen. Ce qui m’avait valu une rencontre mythique avec le beau Geooooorges lors de la soirée donnée en l’honneur du film. Bah oui, je devais l’interviewer, l’attachée de presse m’a fait passer après tout le monde, résultat : le beau Georges s’est déclaré trop alcoolisé pour poursuivre les entretiens…
Là, direct, j’ai pété un câble. Logique, n’importe quelle nana normalement constituée n’accepterait pas de voir le beau Clooney lui filer ainsi entre les doigts. Très logiquement, j’ai copieusement insulté l’attachée de presse. Fort. Très fort. Suffisamment fort pour que le beau Georges se rende compte de l’incident.
Là, je suis allée noyer mon énervement au bar. A l’open bar, car à Cannes, dans les fêtes, on ne paye rien, les distributeurs rasent gratis. Je sors mes dents au barman pour commander, et là, le beau Georges surgit, s’approche de moi, ouvre la bouche... C’est à moi qu’il parle !!!
- Georges : What do you drink ?
- Moi (complètement héberluée) : Gin fizz
- Georges (au barman) : Gin Fizz for the lovely girl
- Moi : …. Euh... thank you so much !
- Moi (je me reprends) : And you, what do you drink ?
- Georges : Vodka
- Moi (grand seigneur, au barman) : Vodka on the rocks, for mister Clooney
- Georges : Thanks a lot for this and now I would like you to know that...
S’en est suivi une petite discussion so cute au cours de laquelle Georges m’a expliqué pourquoi il arrêtait les interviews, qu’il était désolé, tout ça, tout ça… La classe totale. Le truc qui n'arrive qu'à Cannes. Le charme absolu. Georges Clooney 5 minutes pour moi toute seule… What else ?
Un petit souvenir en images de cette méga fiesta au Palais Oriental
Le résumé People de la soirée
Un peu plus tôt au Casino du Carlton, le press junket...
20:50 Publié dans Ciné-mind | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Clooney
09.03.2002
Interview : Pierre-Emmanuel Barthe, Directeur Marketing de Bac Films
Directeur marketing de Bac Films depuis 1990, Pierre-Emmanuel Barthe est de ces hommes qui occupent rarement le terrain médiatique, laissant leurs succès parler pour eux. Formé au métier d’avocat, il laisse le barreau à d’autres pour créer, animer et gérer une chaîne de vidéo-clubs… et faire ainsi ses armes dans le marketing cinéphile. Dès son entrée chez Bac, les palmes d’or s’enchaînent -5 à la suite- qu’il parvient à vendre au public jusqu’au triomphe de Pulp Fiction et ses 2,3 millions d’entrées en 1994. En douze ans, il participe très activement à la croissance de Bac Films et du groupe Majestic. Conforté par de nombreux succès -La vie est belle, Himalaya l’enfance d’un chef, les séries Scream et Scary Movie, …-, il vole vers de nouveaux marchés à travers Séance Privée, une agence de communication destinée faire du cinéma un outil de communication pour l’entreprise. Toujours original, Pierre-Emmanuel Barthe est aussi pionnier dans l'utilisation d'internet comme vecteur de promotion des films. Loin d’être avare d’innovations technologique, il s'associe sur avec Cryo Interactive pour ouvrir le premier site internet en 3D, pour le film Scary Movie.
A l’heure où les budgets alloués à la sortie des films augmentent considérablement, pour mieux attirer le public dans un environnement de plus en plus concurrentiel, mais aussi à cause de l’inflation des frais de tirage et du nombre de copies, il était intéressant de découvrir, à travers sa propre expérience, le métier de «marketeur» du cinéma.
En quoi consiste votre rôle au sein de Bac Distribution ?
Je suis en charge du marketing et de la promotion des films. Outres les fonctions classiques d'un directeur du marketing, cette fonction regroupe également l'animation d'un site internet www.bacfilms.com, et de commercialisation par internet et VPC d'objets de collection autour de l'univers du cinéma www.cineshopping.com
Comment évaluez-vous le potentiel d'un film d'un point de vue marketing ?
Au nez. Le film détermine la cible. La date détermine le confort de disponibilité des copies. Nous évaluons alors le public potentiel d'un film et développons les moyens pour le séduire et l'amener à fréquenter les salles sur notre film.
Comment décidez-vous du budget promo que vous allez lui accorder ?
En fonction du potentiel du film et de la notoriété naturelle qu'il peut déjà véhiculer, parfois dès son tournage. N’oublions pas que le prix d’achat du film, additionné aux frais de sortie (copies, sous-titrage, projections, affichage, merchandising, PLV, presse, etc) représente le coût à amortir, en partie sur les remontées de recette en salle, les ventes de droits en vidéo, les ventes de droits TV (Canal+ et diffusion hertzienne).
La date de sortie a elle aussi son importance...
La date de sortie et l'environnement concurrentiel sont importants. Bien sûr il y a des saisons traditionnellement plus "favorables" à certains types de films: la rentrée pour les films d'auteur, les films familiaux à Noël, les vacances scolaires pour les films à fort potentiel, juin pour les comédies populaires ou les films de teenagers. Mais les nombreux contre-exemples montrent qu'il n'y a pas de règle. Autre éléments importants, les événements cinématographiques: la Fête du Cinéma et les différentes "animations" propres aux salles déterminent aussi le potentiel de public du film ou le potentiel de visibilité de vos film-annonces.
Quels sont les films les plus difficiles à vendre et pourquoi ?
Les premiers films sans casting, les films étrangers lorsque l'équipe est indisponible pour se déplacer en France, les films d'auteur parce que les circuits, d'une façon générale, ne laissent guère de chance à ces films. Le rapport entre le budget de sortie et la remontée des recettes est très déséquilibré.
A l’inverse, quels sont les petits plus qui facilitent la promotion d'un film ?
La notoriété du cast, du réalisateur. Une bonne couverture du tournage. Une presse tonitruante et unanime. un superbe film-annonce efficace....
Obtenir un prix peut-il aider la carrière d'un film ?
Tout dépend du film. Hormis le contre exemple de La Vie est belle de Roberto Begnini, dont le Grand prix du jury est apparu aux yeux du public comme la palme du cœur, les prix majeurs sont seuls indicatifs Une avalanche de nominations peut aider aussi, mais cela reste un petit coup de pouce, sans plus...
Peut-on chiffrer ses répercutions, comme aux Etats-Unis où l’on évalue les retombées à 30 millions de dollars pour le film qui remporte l’Oscar du meilleur film ?
Non, mais sortir un film fortement pressenti pour les Oscars dans la période ou la presse parle beaucoup de cette Cérémonie ne peut pas nuire. Si le film a de la chance il en profite. En revanche, les César ayant lieu un an après la sortie d'un film, cela ne représente aucun intérêt.
Est-il vrai que les prix sont importants pour Bac Distribution ? Existe-t-il une relation entre le fait que vous ayez certains films oscarisables (Ali) ou palmables (The Yards, Lynch, Jarmusch,...), que vous ne preniez pas certains films qui n'auront aucun prix (Terre Neuve de Lasse Hallstrom), ou encore que vous remettiez sur le marché des films qui n'ont pas satisfait en festivals (The Pledge) ?
Nous achetons les films au prix du marché. Certains confrères font des offres plus importantes sur des films que nous souhaitions distribuer car nous aimons leurs auteurs et étions tentés par l'aventure. Nous ne lâchons jamais un film en cours de route. Le producteur peut décider de l'attribuer à un autre distributeur (Terre Neuve) qui aura plus de place que nous. Nous suivons les auteurs que nous aimons (Jarmush, Lynch,Tavernier...)
Quelle est votre meilleure campagne de promotion à ce jour ?
A ce jour, Pulp Fiction: pour l’affiche, la promotion en province, les animations, le merchandising... pour tout.
Parmi celles de vos concurrents, laquelle auriez vous voulu réaliser ?
Monster & Cie
Dans quel but avez-vous créé Séance Privée ?
Pour proposer aux entreprises d'utiliser le cinéma (et les avant-première privées en particulier) pour créer des opérations de relations publiques, de stimulation, de d'animation etc. L'activité est en pleine croissance.
Y-a-t-il d'autres services que vous aimeriez proposer, que ce soit en B to B ou en B to C ?
Un site intranet des activités de Bac destiné aux distributeurs étrangers qui leur présente l'ensemble de nos outils: affiche, film-annonce, objets de merchandising, sites internet...
Vous avez été pionnier en ce qui concerne la promotion des films sur le web. Quel est votre politique en ce qui concerne ce support ?
Nous suivons le support en étant conscient de ses limites. La règle d'or à mon avis : animations régulières, jeux, mises à jour quotidiennes, sites plus ou moins importants sur tous les films. Le site professionnel doit devenir une référence pour tous ceux qui cherchent des informations sur les films que nous distribuons que ce soient des particuliers, des journalistes ou des exploitants.
Depuis que vous faites ce métier, qu'est ce qui a changé dans la manière de communiquer autour des films ?
J'ai cru en des support comme la radio, aujourd'hui la radio promeut la musique, plus le cinéma. On s'oriente alors plus vers la télévision et l'internet. Il faut être toujours plus original pour frapper les esprits.
Avec l’inflation actuelle du nombre de copies, ne risque-t-on pas à terme de mettre les exploitants en danger, comme c'est le cas aux Etats-Unis ?
Ce sont les exploitants qui se mettent eux-mêmes en danger avec des politiques protectionnistes telles que les cartes illimitées, l’accès gratuit aux espaces de promotion par des PLV, affiches, ou autre dans les salles sachant qu’à terme, ce support va devenir payant à terme pour les distributeurs. D'ici à ce que les film-annonces soient payants, il n'y a qu'un pas. Le cinéma n'est plus ce lieu convivial de partage d'émotions cinématographiques et d'information objective de l'actualité cinéma, c'est devenu un business avec des règles terribles, dans lequel le ratio vente d'alimentaire / prix de la place de cinéma ne cesse de se déséquilibrer.
10:45 Publié dans Ciné-mind | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Pierre Emmanuel Barthe, Bac Films, Marketing
26.12.2001
La Communauté de l’anneau : j'en suis !
Cannes, mai 2001. Sur la Croisette, je reconnais mes semblables : tous portent autour du coup un bout de plastique de couleur, maintenu par une épaisse chaîne clairement distinctive des cordons de tissus qui enserrent les autres accréditations. Certains arborent outrageusement leur « pass », d’autres le cachent sous leurs T-shirts, rempart infaillible pour ne pas se le faire arracher. Ce mystérieux morceau de plastique fait de ces heureux VIP les premiers membres de la Communauté de l’anneau. LE ticket pour assister à ce promo-reel, l’une des trois séances lors desquelles seront projetées 26 minutes du film que tout le monde attend : Le Seigneur des Anneaux.
A l’intérieur même de cette Communauté il y a différentes tribus, aisément identifiable à la couleur du sésame qui pend autour de ces cous chanceux. Le pass rouge indique « Press Screening ». En d’autres termes, il ouvre l’accès à la projection. Dès l’entrée dans la salle, un cerbère arrache les pass : il convient d’éviter que les petits malins ne profitent de leur avantage pour revenir à la séance suivante, et se gaver insatiablement de ces premières images. Parano marketing, quand tu tiens les studios… Dans la même salle, se trouvent les gens de la tribu jaune. Le pass de cette couleur porte la mention « Junket ». Ceux qui le possèdent auront la chance d’interviewer l’équipe du film. Et si nous n’en faisons pas partie, ce n’est pas en raison d’un quelconque manque de notoriété de notre média, mais bel et bien de la politique marketing : le studio tient fermement la presse internet à l’écart du film. En coulisses, Peter Jackson lui-même explique qu’il se serait volontiers prêté à l’exercice, mais que contractuellement, le studio l’en empêche : tout doit passer par le site officiel. Tiens, ça rappelle l’attitude de la Warner concernant Harry Potter… à l’exception près que New Line fait les choses plus en douceur.
Au menu, trois séries d’images : d'abord une scène de 6 minutes, présentant les personnages et le sujet du film. On apprendra par la suite qu’elle a été légèrement modifiée et c’est tant mieux. Bien que visuellement exceptionnelle, elle était un peu longue, et souffrait d’un manque de rythme évident. Le programme se poursuit par une séquence de 14 minutes, au cours de laquelle les héros, menés par Frodon Baggins (Elijah Wood), n'ont d'autres choix que de passer à travers la montagne pour poursuivre leur progression pour parvenir à détruire l'anneau magique. Evidemment, le chemin est semé d'embûches... Montée très serrée, cette séquence recèle de plans parfois tournés à l’épaule. Accentuée par le travail des costumes et des décors, l’impression de merveilleux mêlées à l’action constante donne une impression de vertige dans lequel le spectateur s’oublie avec ravissement. D’autant que tout, jusqu'au moindre choix de lumière, de tons et de couleurs, vient renforcer la traditionnelle opposition de la lutte entre le bien et le mal, le thème central du film. Détail amusant : la séquence est introduite par la musique de Gladiator. Un présage de succès ? Enfin la présentation s’achève par une bande-annonce extrêmement alléchante de 3 minutes, destiné à montrer le plus d'images possibles du film. Naturellement, c’est un tonnerre d’applaudissements qui clos ce promo-reel : le public est conquis.
Décembre 2001. New Line a décidé de sortir le film en quasi-simultané dans le monde entier à la veille de Noël. La fièvre monte autour du film, à tel point qu’aucune nouvelle image ne sera montrée à la presse avant l’avant-première officielle, qui aura lieu aux Etats-Unis le 10 décembre. Résultat, la projection presse française est extrêmement tardive, le 11 décembre. Mais Le Seigneur des Anneaux a-t-il vraiment besoin de la presse ? Et la presse a-t-elle vraiment besoin de voir le film pour en parler ? N’est-ce pas ça finalement, l’efficacité d’une campagne marketing ? Depuis la diffusion des premières images à Cannes, le film n’a cessé d’être encensé. Certes 26 minutes ne sont pas représentatives d’un film, mais tout de même, on voit mal comment ce long-métrage pourrait être d’une qualité médiocre, quand on a vu le travail technique et précis de Peter Jackson. A en juger par la qualité des extraits du film, nul doute que le public suivra… Et permettra de rentabiliser les quelques 270 millions de dollars investis dans le film.
Reste donc à évaluer l’histoire ou plutôt la qualité d’adaptation de la trilogie de John Ronald Reuel Tolkien, puisque le roman, vendu à plus de 100 millions d’exemplaires à travers le monde, a largement fait ces preuves, grâce à une mythologie extrêmement efficace, basée sur l’idée que le Mal est au plus profond de chacun de nous. Un thème qui inspira entre autres George Lucas lors de la création de Star Wars. Et c’est bien là que se situe le véritable enjeu du Seigneur des Anneaux. Si les trilogies ne sont pas en concurrence dans les salles, elles le seront bel et bien en ce qui concerne leur impact sur les foules. Et dans ce domaine, deux données feront la différence : le scénario - La Menace fantôme a beaucoup déçu - mais surtout, la technique. Et si jusque là ILM, la société d’effets spéciaux de Lucas, était LA référence en la matière, il se pourrait bien que Weta, la compagnie néo-zélandaise qui s’est occupé du Seigneur des anneaux, lui pique quelques marchés… Car à voir les premières images, les courses de pods de La Menace fantôme font pâle figure… Sans non plus signer la fin de l’empire Lucas, il est certain qu’il va falloir compter avec un sérieux concurrent, tant sur le plan technique, que cinématographique : il y a désormais une autre Trilogie dans l’histoire du cinéma…
19 décembre 2001. Sur les Champs-Elysées, je reconnais mes semblables : tous portent à la main un morceau de papier, aux couleurs du Seigneur des Anneaux. Ce mystérieux bandeau de papier glacé fait de ces spectateurs les premiers membres de la Communauté de l’anneau. LE ticket Premier Jour, diplôme officiel attestant que vous avez vu dès sa sortie le film que tout le monde attend : Le Seigneur des Anneaux. Dans la salle, au milieu des gobelets et autres packs de pop-corn géants, l’ambiance est bon enfant. La lumière s’éteint, et un silence religieux laisse enfin la place au film.
3 heures plus tard, un seul constat s’impose : l’audience est conquise par une adaptation fidèle, quasi didactique, mais surtout dynamique de l’œuvre de Tolkien. Comme annoncé, les effets spéciaux sont au delà de toute attente. Le film est complet : bon scénario, effets spéciaux au delà de toute attente, casting surprenant (mention spéciale à Liv Tyler), le tout mixé avec l’incontournable pointe d’humour qui sied à tout film de masse qui se respecte. Seul bémol : la dernière séquence laisse la porte grande ouverte pour le second volet de cette trilogie… Allant au delà du concept de trilogie, Peter Jackson vient donc d’inventer celui de série cinématographique. Comme toute série, il se heurte a un inconvénient de taille : le film ne vivre par lui-même. Cependant cet écueil est largement minimisé par l’impact qu’a le film sur les foules, les spectateurs étant prêt à payer le prix fort de l’attente. Rendez-vous donc à Noël prochain pour le second épisode !
22:30 Publié dans Ciné-mind | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : le seigneur des anneaux
23.01.2001
Le phénomène Harry Potter
Qu’on se le dise : nul n’échappera à la sorcellerie en cette fin d’année 2001. Nouveau siècle, nouveau millénaire, mais toujours la même attirance pour les forces obscures. En ce Noël 2001, petits et grands auront leur ration de mystère, les uns avec Harry Potter, les autres avec Le Seigneur des Anneaux. Warner et New Line se sont donné le mot : décembre verra le choc des Titans, et pour gagner ce duel sur grand écran, rien ne vaut une bonne campagne marketing.
Harry Potter est né dans l’imagination de Joanne Kathleen Rowling dans le milieu des années 90. Le premier tome des aventures de l’apprenti sorcier est sorti en 1997. La saga compte aujourd’hui 4 tomes, et 100 millions d’exemplaires vendus à travers le monde. L’auteur a promis d’en écrire sept en tout, soit autant de films à réaliser pour la Warner, qui, après Harry Potter à l’école des sorciers, a déjà mis en chantier l’adaptation des tomes 2 et 3, et compte bien aller jusqu’à 7.
Inutile de dire qu’avec un tel succès de librairie, l’adaptation cinématographique est des plus attendus. Pour réussir le pari, il fallait donc une puissante campagne marketing. Dès l’année 2000, la Warner a mis la pression sur les fans : pas question de squatter le web, Harry Potter est une marque maison. Le studio a donc fait fermer nombre de sites aux couleurs du petit sorcier. Ces intimidations n’ont pas impressionné tout le monde, et la jeune Claire Field, tel David contre Goliath, a fini par conserver son site ouvert. Si la Warner a longtemps argué auprès de la presse vouloir préserver ses droits sur les bandes-annonces et autres photos, la véritable raison de son acharnement était tout autre : le studio voulait surtout un contrôle absolu sur le film, sans aucune mauvaise publicité.
Sous la pression, le studio a consenti à lâcher quelques photos du jeune Daniel Radcliffe, interprète du petit magicien, au début de l’année 2001. Le premier teaser est sorti en mars. L’affiche en mai. Et ainsi de suite, les bandes-annonces et nouvelles affiches se sont succédées au compte-gouttes, mais suffisamment régulièrement pour que l’attention ne retombe pas. Savamment entretenue, l’attente a porté ses fruits. En Angleterre, ce sont plus de 500 000 spectateurs qui ont réservé à l’avance leur ticket sur le web. Idem aux Etats-Unis, où lors de sa sortie, Harry Potter à l’école des sorciers a enregistré un chiffre record de 90,3 millions de dollars de recettes en 3 jours, soit 18 millions de plus que Le Monde perdu, qui détenait jusque-là le meilleur score. D’après les observateurs, le film devrait dépasser les 250 millions de dollars de recettes sur l’Amérique du Nord, auxquels il faudra bien sûr ajouter les recettes réalisées à l’étranger. Voilà qui devrait assurer la rentabilité du film, qui affiche un budget de 126 millions de dollars, auxquels s’ajoutent les dépenses de marketing.
Comme on ne se prive pas d’une source de profits assurés, Harry Potter est un ami qui en veut à votre portefeuille. En ce temps de l’avent, pas un magasin qui ne propose parmi ses promotions de Noël le gel douche, le pyjama, les livres, le CD, les jeux et poupées,… Harry se décline à toutes les sauces et se savoure évidemment avec un coca : la marque a versé plus de 150 millions de dollars pour être partenaire du film. Ce sont ainsi quelques 850 millions de bouteilles et canettes qui seront redesignées aux couleurs du petit sorcier. Un brin de moralité dans ce monde de fric : J.K.Rowling a refusé certains contrats jugés incompatibles avec le héros, notamment ceux avec les fast-foods. Un belle intention philosophico-éducative, qui ne doit pas toutefois pas masquer les ambitions pécuniaires autour du petit sorcier sur le marché des produits dérivés, estimé à quelques 500 millions de dollars.
22:00 Publié dans Ciné-mind | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Harry Potter, marketing
13.04.1999
Kosovox Populi
Xème jour de la guerre au Kosovo. Les bombes grondent au dessus de la Serbie, du Kosovo et du Monténégro. 3 entités de l’ex-Yougoslavie. Retour sur le déchirement des Balkans : cinéma, et histoire.
1995. Alors que le conflit fait rage en Bosnie, qui subit l’épuration ethnique décidé par le serbe Slobodan Milosevic, Emir Kusturica remporte la Palme d’or à Cannes avec Underground. Cette fable typiquement balkanique se présentait comme véritable hommage de Kusturica à son pays, mettant en avant le peuple balkanique, le mythe de la Yougoslavie unifiée, et la chute de cette utopie avec la mort de Tito.
1997. La Serbie subit sa cinquième année d’embargo, décidé par l’ONU contre le régime nationaliste serbe dictatorial de Slobodan Milosevic. Le peuple gronde, et réclame le départ de Milosevic lors de manifestations dans les rues de Belgrade. Premiers troubles au Kosovo : les kosovars, en majorité albanais, donc non slaves, souhaiteraient ne faire qu’un territoire avec l’Albanie, mais la Serbie, qui contrôle la province autonome du Kosovo, entend garder ce territoire sur lequel se trouve la ville de Kosovo Polje, qui fut le théâtre de la bataille du même nom qui opposa les serbes au turcs. Malgré une défaite, cette bataille est le symbole de la nation serbe.
1999. Les Balkans sont devenus une vraie poudrière, et la moindre étincelle pourrait embraser la région. C’est le message que délivre Goran Paskaljevic dans Baril de Poudre. Ce film présente la vie quotidienne des gens de Belgrade, la capitale serbe, et de tout un peuple, qui survit malgré l’embargo et le climat de guerre, tout en sachant qu’il a été trompé, et en se trompant aussi lui même.
Mars 1999. L’OTAN déclare la guerre à la Serbie, sous l’impulsion des Etats-Unis. Les bombardements entraîne des exactions serbes, de la teneur de celles vues en Bosnie quelques années plus tôt, et jettent sur les routes de l’exode le peuple kosovar … et finalement laissent à la Serbie ce qu’elle voulait : le territoire du Kosovo, vidé de ses occupants.
“ Une guerre n’est pas une guerre, tant qu’un frère ne tue pas son frère ” - Underground
20:00 Publié dans Ciné-mind | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Kosovo, Baril de poudre, Goran Paskaljevic


