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25.10.2007

Spleen en Sarkozie

Cinq mois après l’élection de Sarko à la Présidence de la République, certains déchantent, comme je l’ai déjà rapporté ici. La nouveauté, c’est que la presse n’hésite plus à s’en faire l’écho. Que ce soit Libération ou Le Monde, tout le monde ne parle que de ça : la majorité parlementaire grince des dents.

Au menu des discordes, la loi sur l’immigration –que 40 députés UMP n’ont pas votée- ou encore l’examen du projet de loi sur le Nouveau Centre-ajourné faute de majorité, et renvoyé aux calendes grecques. Les parlementaires ne veulent plus du fait du prince, et entendent bien faire entendre leur voix.

Dans les fédérations, les militants sont bien loin du divorce présidentiel, et se positionnent comme encore plus terre à terre que leurs élus, en réclamant des résultats probants, et rapidement. En effet, la hausse du prix de l’essence et la baisse du pouvoir d’achat pèsent sur le moral des ménages, et la promesse de l’instauration du service minimum a été entachée par son délai de mise en place et son manque de lisibilité.

Du coup, Sarko s’effondre dans les sondages, et s’enferme dans une communication déjà dépassée, en évoquant « quelques grincheux ». Grincheux les français ? Non, réalistes. Ils ont voté pour que les réformes soient faites, de toute urgence, afin de pouvoir boucler leurs fins de mois.

Chacun savait que la tâche ne serait pas facile pour le président sorti des urnes, et Nicolas Sarkozy lui-même semblait en avoir bien conscience. La France lui rappelle désormais qu’elle a voté pour lui à 53%, mais sans lui donner pour autant un chèque en blanc.

20.10.2007

Otage(s)

Ce vendredi 19 octobre, comme des centaines de milliers de franciliens, j’ai été prise en otage par une minorité de nos concitoyens : les grévistes des transports publics.

Selon les médias, peu de syndicats reconduisaient la grève d’hier, et il ne fallait s’attendre qu’à quelques perturbations, le temps que le trafic reprenne, essentiellement parce que la grève s’arrêtant à 8h ce matin, il fallait du temps aux équipes de maintenance pour reprendre le service… et mettre les trains à quai. Soit.

Je vous passe la complexité de savoir si j’avais un train ou non ce matin. Le site de la SNCF était saturé, et la ligne téléphonique… était certes mise à jour en temps réel, mais il a fallu attendre 23h30 pour savoir que j’avais un train à 9h15. Super.

Aucun train n’était annoncé pour rentrer le soir, mais j’ai bêtement pensé que les infos arriveraient plus tard dans la journée. Grave erreur ! Curieusement pourtant, c’est en effet ce soir que j’ai vécu une vraie galère.

Après avoir checké le site de la SNCF une dernière fois, j’ai vu que j’avais un train Mantes la Jolie Paris à 18h12. Raisonnable… Je suis partie en avance, échaudée par la dernière grève où les trains partaient en avance (si, si !) et je suis arrivée à la gare à 17h30. Surprise : aucun train n’était annoncé pour Paris…

Je me suis rabattue sur le car Express A14, qui va de Mantes la Jolie à La Défense. Deuxième erreur : ce car emprunte l’A13 puis l’A14, une autoroute payante donc généralement moins fréquentée. Ce fut le cas, jusqu’à l’arrivée sur Paris : le car a mis 1h15 pour emprunter les 3 kms de tunnel reliant Nanterre à La Défense… Le chauffeur s’est même arrêté sur la bande d’arrêt d’urgence pour satisfaire un besoin naturel, ne parvenant plus à se retenir !

Et à La Défense ? Il n’y avait aucun RER A. Comme tout le monde, je me suis dirigée vers la ligne 1 du métro, bondée comme jamais. Et j’ai fini à pieds…

Bilan : 3h de transports, au lieu de 1h habituellement. A part ça, il n’y avait pas de grève : c’était sûrement une vue de mon esprit…

18.10.2007

Pauvre France

Par ce titre de note, je n’évoque pas la pièce de théâtre dans laquelle s’illustra Jean Lefèbvre. Non, je parle de notre pays, la France. Ce matin, j’ai vu le moteur se gripper, et la vie économique s’arrêter.

8h00, Caramel me réveille pour sa sortie du matin. L’occasion de faire un premier tour dehors. Personne dans la rue. Le boulevard, d’ordinaire déjà bouchée à cette heure, est complètement vide. La vois de bus, d’ordinaire prise d’assaut par les cars RATP, mais aussi les deux roues et autres vélib, est vide également. Ni bus, ni voitures, ni taxis, ni deux roues : la vie se serait-elle arrêtée ?

Je me dirige vers le métro. Surprise, les grilles sont carrément abaissées… ce qui signifie que la ligne 3 est fermée. Au pied de l’escalier, incroyable, il reste encore des exemplaires de 20 minutes ! J’en attrape un, et devinez ce qui fait la Une ? La galère dans les transports ? Nan, la Rupture façon Cécilia. Une bonne manière de détourner le sujet… Bravo pour le plan com, même si il était un peu téléphoné.

Je me retourne pour voir au loin la station des vélibs : plus aucun vélo disponible à l’exception des quelques vélos hors service. La rue Montorgueil semble fantomatique. D’ordinaire, elle grouille de monde. Ce matin, seuls les enfants se rendant à l’école l’animent. Je me rends chez le boulanger, qui fait grise mine : l’absence de clientèle nuit bien évidemment à son activité économique.

8h30, je branche I-Télévision. Un syndicaliste représentant les cheminots explique que c’est terrible, mais la plupart des cheminots retraités ont moins de 1500 euros bruts de pension…

Mon dieu, quand je pense à tous ces retraités mantais qui ont à peine 700 euros de pension et qui ne se plaignent pas. Et à tous ces gens qui gagnent en travaillant moins de 1500 euros bruts. Comment peuvent ils tenir ce discours et appeler à les comprendre, à la solidarité ? Il serait temps que les cheminots et autres réalisent à quel point ils sont en dehors des réalités…

02.10.2007

A gauche toute !

Pris dans l’élan de la gauchisation de son équipe, Sarkozy envisage-t-il réellement de faire entrer Manuel Valls, Jack Lang ou Julien Dray dans son équipe, comme le suggère 20 minutes dans son édition de ce soir ?

Que ce soit de l’info ou de l’intox –et je n’ai pas la réponse- cela confirme en tout cas que le Président de la République met la barre à babord. Le chantre de la communication qu’il est, doublé de ses petites habitudes de contrôler ce qui se dit dans les médias à son sujet, ne laisserait pas filtrer des rumeurs sans qu’il n’y ait un fond de vérité. Le fameux « off », information divulguée sans être divulguée, manière de donner un nonos à ronger aux journalistes fiévreux, qui ne peuvent de toutes façons rien vérifier en la matière, et ce qui laisse la possibilité de dire « mais c’était une rumeur » en cas de réaction hostile des Français.

Sarko, de ce point de vue, est un maître du buzz. La question est : que cela lui rapporte-t-il ? Si certains militants de droite croient encore que ça lui permet d’atomiser le PS, qu’ils se réveillent : Sarkozy ne s’ouvre pas à la gauche, il EST de gauche. Tendance nationaliste, mais de gauche. Et profondément étatiste : jetez un œil au budget, ça fait mal à la France…

Reste à savoir jusqu’où il poussera le curseur : n’oublions pas que Julien Dray vient de la LCR. Alors , Sarko, trotsko ? Difficile à imaginer : ce serait prendre le risque d’un vrai débordement sur la droite.

Si Le Pen paraît vieilli, usé, fatigué, laminé par son score à la présidentielle, et que Sarko parie sur l’essoufflement du FN, il faudrait peut être ne pas trop tenter l’UMP, fortement marrie de cette gauchisation constante…

Pour l’heure, ce simple buzz reste destiné à occuper les médias, en permettant qu’on parle encore et toujours de Sarko. Cependant, la rumeur est dangereuse : de plus en plus de voix s’élèvent à droite pour s’opposer à ces choix critiquables du Président.

Après avoir avalé le chapeau de la réforme des statuts de l’UMP, qui affaiblit le parti tant il a perdu en crédibilité populaire en perdant le vote des adhérents, celui-ci pourrait bien finir par s’auto-dissoudre, lorsque les militants en auront marre de ce simulacre de démocratie.

D’ailleurs, outre l’opposition interne, même les parlementaires, si prudes pendant le CPE, commencent à donner de la voix… premier signe tangible d’un réel ras-le-bol de la droite. A suivre !

01.10.2007

A droite ou à gauche ?

Samedi et dimanche, se sont tenues les journées parlementaires de l’UMP. Ce qui s’y est dit, vous pouvez le dire dans la presse. Mais quel est vraiment l’état de la majorité ?

Eh bien ça coince. François Fillon, longtemps gaulliste social, passe pour la population pour un vilain libéral réformiste. Bon, ça, c’est la démagogie de gauche appliquée dans les médias. Mais comment la majorité voit elle son gouvernement et son président ?

C’est bien là que le bât blesse. A l’UMP, la fronde grogne. La composition du gouvernement, et notamment l’ouverture aux socialistes, a fortement déplu. Nombreux sont ceux à faire la comparaison avec un casting : ce n’est pas PopStars mais UMPStars…

Mais au fait qui fait le président du jury rappeur qui parle comme « ass » ? Le président évidemment, c’est bien lui qui mène la danse, et nous gratifie de petites phrases parfois assimilables à celles du manager de Joey Starr… sauf qu’avant qu’il mette les pieds en banlieue, on peut attendre…

Résultat UMPStars, c’est un casting, avec des gens qui ressemblent à la France. C ’est le critère car rappelez-vous, on vend un produit (comme d’autres « font un disque »), donc on gère une image. Dehors Juppé, il est certes compétent mais impopulaire, en clair il manque de parts de marchés (moins de 50% sur la ménagère…). C’est comme si vous intégriez dans un boys band un gars chantant hyper bien mais pesant 250 kilos. L’image on vous dit, l’image, et dans tous les types de médias, de la TV à la presse en passant pas Elysée TV sur le web !

Seulement voilà, les plus courtes sont les meilleures, et à l’UMP, beaucoup en ont marre des postures médiatiques. Dans les couloirs, il se murmure que sous son costume d’atlantiste libéral, se cache en réalité un centriste de gauche. Et ne parlez pas du paquet fiscal, c’est justement l’exception qui fait la règle. Car sur le reste… eh bien sur le reste, regardez bien : un étatisme forcené qui tranche complètement avec les thèses libérales.

Mais oui, c’est un hold-up politique. On comprend mieux pourquoi il tenait à trucider Bayrou dans les urnes… Bayrou qui serait finalement plus à droite que Sarko, c’est à y perdre son latin.

 

Reste que comme toujours, nous autres libéraux, on ne sait plus à quel saint se vouer… La France, pays fortement ancré à droite, aura réussi à élire un président de droite sous une étiquette socialiste (Mittérand) puis un président de gauche sous une étiquette de droite (Sarkozy)… le tout en à peine plus de 30 ans.

So Frenchy !

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