03.05.2007

Débat du second tour : ambiance match de foot !

Après la petite finale, entre Ségolène Royal et François Bayrou, qui a explosé l’audimat, se jouait hier la grande finale entre Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal, en direct live sur tout plein de chaines de TV et même de radio, 35 au total ayant demandé la possibilité de diffuser. Le tout devant 20 millions de téléspectateurs. Amazing !

Comme me l’ont conseillé les états-majors de campagne de Ségolène et de Nicolas dans leurs mails, j’ai passé cette soirée de la manière suivante : devant ma télé, avec des amis. Ou plutôt, devant la télé d’un ami, avec trois de ses amis. Oui nous n’étions que cinq, c’est plus pratique pour s’entendre commenter.

Composition des équipes : à ma gauche, K-mel, un homme de gauche, à ma droite, moi de droite, et au centre, Chouchou, l’arbitre ex-droite basculé au centre, et Mick et Elé, un couple encore indécis.

Notre terrain de jeu consiste en un salon composé de deux canapés et un plasma, et une table basse dotée quelques victuailles –petit dîner top bon d’ailleurs- et ce qu’il faut de boissons à 12,5° pas plus, au-delà on est trop rapidement saoul et un soir de match –pardon de débat- ça n’a aucun intérêt.

A partir de 20h30, l’ambiance commence à monter. Chacun jauge les adversaires, devant une coupe de champagne. La joute oratoire qui s'annonce entre nous se jouera essentiellement entre K-mel et moi, pour gagner les indécis, sorte de match retour du verre que nous avions pris après le meeting de Bayrou.

Question cruciale : le choix de la chaîne pour regarder le débat. France 2 fait l’unanimité.  Le signal diffuse l’arrivée des candidats, pour un peu on nous les montrerait en train de se faire maquiller.

Fatalement, les commentaires fusent sur la tenu des uns et des autres. K-mel me convainc sans peine sur la montre de Sarkozy, trop grosse –manquerait plus que la chaine en or- mais je préfère m’attarder longuement sur le col Mao de Ségolène Royal et toute la symbolique communiste incluse dans ce choix de chemisier !

21h. Premier incident. France 2 grésille ! La mauvaise qualité de réception durera 13 minutes. Merci à Jean-Marc Morandini pour l’info –en direct sur son blog- car nous avions zappé depuis longtemps… sur TF1.

Ouverture du débat. Sur le ring, K-mel et moi nous affrontons. Objectif : faire basculer les deux indécis. Etant de droite, je défends les couleurs de ma famille politique. On s’interpelle, on balance nos chiffres, on vit intensément la joute qui les oppose et nous oppose, même si nous, nous sommes plus pragmatiques, et acceptons de reconnaître les qualités de notre adversaire et les défauts du nôtre.

Conclusion. Au terme de ces 2h40 de joute oratoire, reste l’impression d’avoir vécu un moment passionnant. La discussion a été animée entre les cinq protagonistes que nous étions, mais jamais agressive. Chacun a fait preuve d’honnêteté, et a accepté de laisser les dogmes au vestiaire.

Un mot me vient en tête : respect. Merci à eux pour cette excellente soirée : c’est comme ça que j’aime la politique ! Et chez vous, c'était comment ?

Commentaires

Une grande maison loin de Nice, 30 potes, des pizzas, des glaces, des sodas....et tous les invités déjà acquis à la cause... mais une pointe d'ennui quand même, devant le niveau de la candidate et le débat en général.
Je ne suis pas élue (donc pas formée sur tout), je suis juste une citoyenne qui s'informe et qui a hurlé devant certains propos de la candidate socialiste.
Je me suis amusée de la proposition de raccompagner les policiers femmes chez elles... j'ai été désolée de laisser d'autres décider du droit du travail, les lois applicables notamment pour les accords de branche, ce n'est pas ma conception des choses de laisser les inégalités se creuser ainsi au moment où on essaie par exemple avec les retraites d'égaliser les statuts de tous les travailleurs. Concertation, avis, certes mais pas blanc seing!

Je respecte beaucoup les gens qui n'ont pas la même opinion...mais là s'il y avait eu des socialistes je ne sais pas comment ils auraient défendu leur candidate...D'ailleurs tu ne parles pas beaucoup du débat et de son issue dans le salon. Cela me parait intéressant d'avoir d'autres avis posés et construits de l'autre bord...

Ecrit par : Elo | 04.05.2007

Salut Elo,

Merci beaucoup pour tes observations, mais aussi de nous faire partager ton expérience. C'est très intéressant de voir comment on a vécu ce moment, les uns et les autres.

Je comprends ta demande, mais c’est très compliqué car je ne me souviens pas de tout les détails, et surtout, reprendre le débat est très long.

J’ai commencé à préparer mes impressions personnelles, et je suis obligée de tailler à la serpe tant il y a de choses à dire, et malgré cela, de prévoir la publication de plusieurs articles pour que cela reste lisible.

A vrai dire, le débat peut et doit se faire avec vous, via les commentaires, pour les quelques-uns qui osent ! J’essaie de publier tout ça ce soir ou demain.

A très vite !

Ecrit par : Café In | 04.05.2007

Je ne compte pas m'étendre sur qui a dit quoi, qui a raison ou tort, et qui a gagné ou pas à mon avis, mais je voudrais juste reprendre cette idée de femme raccompagnée chez elle.

Mon travail m'oblige à rentrer seule en pleine nuit. Et je suis contente de savoir que mon entreprise a prévu un agent de sécurité qui est là pour s'assurer que les femmes (et les hommes) dans mon cas arrivent jusqu'à la station de métro en vie. La seule chose qui me peine c'est qu'ils ont mis ça en place parce que l'une des employées a été attaquée.
L'idée de Ségolène Royal n'est pas si mauvaise que ça. Sans tomber dans la caricature, je ne trouve pas cela abérrant de penser qu'il est normal qu'une femme, qui pour rentrer chez elle doit traverser un bois, se fasse raccompagner par un de ses collègues en service (dans le cas de policiers, ça ne va pas les tuer de faire une patrouille qui en plus permette de la reconduire) ou par un de ses collègue qui comme elle a fini son travail. Que quelqu'un l'accompagne jusqu'à sa voiture ou jusqu'à la prochaine station de métro n'est pas l'idée la plus ridicule qui ait été avancée.

Après je pense qu'on est tous d'accord pour dire qu'en pratique c'est difficile à mettre en place mais sur le fond l'idée est à étudier.

Ecrit par : Hélène | 04.05.2007

Hélène,

Je vais te répondre d'une manière qui va un peu te surprendre : ça ne te concerne pas.

En effet, Ségolène Royal a parlé des policières. Donc si tu as une autre profession, tu peux rentrer chez toi seule et risquer de te faire violer, tu n'auras pas de garde du corps. Il ne s'agissait que de la protection de ces femmes là.

Ce qui est scandaleux.

C'est une bourde monumentale, tant vis à vis de toutes les femmes (qui aimeraient bien plus de sécurité) que vis à vis des finances publiques (il est impossible de mettre un fonctionnaire derrière chaque fonctionnaire, cela revient à doubler le nombre de postes tenus par des femmes)

Enfin pour terminer, la policière a éé violée un dimanche après midi. Ca s'appelle donc de la démagogie... A moins que les policiers puissent avoir des gardes du corps 24/24.

La solution, moins bête, aurait été de prévoir dans la formation des policières des cours de close combat à l'école de police, ce qui en plus se justifie.

Tu vois, on peut etre une femme, avoir de la compassion pour ces deux policières violées, et en même temps avoir de idées réalistes...

Ecrit par : Café In | 05.05.2007

Quand bien même ça reste juste pour les policières, tant mieux pour elles. je ne me sens pas oubliée, ni vexée et surtout pas scandalisée.
Si effectivement il aurait mieux valu que Segolène Royal parle de toutes les femmes, ça ne m'a même pas choqué. Quant au côté économique, je ne crois pas qu'il s'agisse de mettre un fonctionnaire derrière chaque femme; c'est d'ailleurs un petit peu caricatural de dire ça. Il s'agit de protéger par divers moyens (dont certains existent déjà mais ne sont pas ou mal mis en place) les quelques fonctionnaires qui se retrouvent à travailler la nuit. De la même façon qu'après l'attaque dans la clinique psychiatrique de je ne sais plus où, on a cherché le moyen d'éviter que ça se reproduise. "bourde monumentale" est tout de même, selon moi, un peu excessif.

La policière a été violée à 8h du matin et non pas l'après midi et mine de rien ça fait tout de même une différence. Ca reste quand même de la démagogie, je te l'accorde, mais en politique, qui n'en fait pas?

Je ne pense pas être utopique parce que je pense qu'on doit étudier toutes les propositions faites, même si elles peuvent sembler saugrenues, pour éviter qu'une attaque de ce genre se reproduise. C'est tout ce que j'ai dit: l'idée a le mérite d'exister et vaut la peine d'être étudiée.

Ecrit par : Hélène | 05.05.2007

J'ai bien compris ton propos, et je te remercie de partager ici ton point de vue, car c'est uniquement par le dialogue que nous pourrons arriver à un point d'équilibre.

Je trouve cette proposition démagogique, et très révélatrice de l'idéologie de gauche : "il y a un problème ? Nous payons en proposant une solution inapplicable et créatrice d'inégalités, et que ce soit incohérent n'est pas notre problème, nous avons le mérite de proposer."

Etudier, justement, c'est mettre en perspective les propositions, et voir si c'est réalisable ou non, et le message que cela fait passer. Moi en tant que femme, je suis choquée que les fonctionnaires de police puissent être privilégiées dans leur sécurité, alors que justement, dans leur travail, elles sont censées nous protéger. Je préfèrerais que l'on renforce leur formation et que celle ci puisse leur servir... et nous servir.

Aussi que penses tu de ma proposition de cours de close combat ? Cela ne te parait il pas moins onéreux et mieux adaptés aux policières ?

Ecrit par : Café In | 05.05.2007

Je n'ai pas répondu sur le close combat tout simplement parce que je ne connais pas le programme de formation des policiers. Néanmoins je serai surprise qu'il n'y ai pas du tout de formation au close combat. Ca me semble essentiel, effectivement.

Ecrit par : Hélène | 06.05.2007

Manifestement il n'y en a pas assez, sinon elle aurait pu se défendre... CQFD !

Ecrit par : Lulu | 06.05.2007

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